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[Volume II.]
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DISSERTATION SUR LA

„ fur les ruines de celle du Paganisme, arrêter le cours des difficultés que les„ Payens ennemis du Christianisme ne ceííoient de faire contre nos mystères,, avec insulte & avec mépris ; quelquefois même par des argumens, que la„ simple sagesse humaine ne pouvois réfuter toute feule; ce qui peu à peu la„ contraignit d’appeller l'ohfeurité a son secours , & d’employer des expressions„ équivoques & sujettes à des disputes &c.) Si, ajoute pour conclusion M. le„ Clerc, Ion ne veut pas qu’on nomme les anciens Tritheites , il ne faut nom-„ mer les Chrétiens d’aujourd’hui ni Sahelliens ., ni Socìniens : mais il vaut mieux„ fe taire”. Et je me tairai donc aussi après ce savant, infiniment supérieur à unpauvre petit Laïque, qui, conséquemment a fa condition, ne fera jamais qu’unêtre fort méprisable aux yeux des Théologiens, ôc un très mauvais raisonneur yquelque justes que puissent être fes réflexions.

Tout ceci doit me conduire assez naturellement au dangereux système d’un au-tre Anglois, qui a prétendu (a) que le Chrijìianisme n es pas mystérieux ; que l’Evangilen a rien àe contraire à la Raison , ni au desus d’elle 5 qu aucune Do&rine du Chrisianijmene peut être appellée proprement mysére. Je demande la permission aux lecteurs Chré-tiens de donner en aussi peu de mots qu il fe pourra le précis de cet odieux senti-ment. Cet Auteur devenu insensiblement Athée, ( b) s’il faut s en tenir a s\ gradationraportée par l’Auteur de la Bibliothèque Angloise , commence par soulever tout lemonde Chrétien contre lui, en déclarant hautement dans £ Préfacé, (c) qu il ne re-connaît pour article de sa Religion que ce que t évidence la plus autentique & la plusmarquée le force de regarder comme tel. Il ne fe contente pas de cela; il attribuetoute l’obfeurité de la Religion {d) aux chimères Métaphysiques des Ecclésiastiques,& à leur jargon Scholajììque , par lequel ils mettent la Sainte Ecriture à la torture .On leur doit les additions faites au Christianisme : par additions il faut entendreici la partie mystérieuse de la Religion. Avec de tels principes il n’a pas manquéd être regarde comme (e) t ennemi capital des Eecléfiastiques , oír conséquemment 4e

toutes les Religions $ deux choses que l’on fait marcher ordinairement ensemble,comme s’il n’étoit pas possible de blâmer les excès des uns,sens attaquer l’essencede l’autre. J’avoue que, si dans les plaintes que l’on porte contre les défauts duClergé, on travailloit â ruiner la nécessité dc l’ordredans l’Eglise, ây fuprimer leMinistère Ecclésiastique, les censures, la discipline, le culte extérieur, la prédica-tion de i’Evangile â tous les Chrétiens, ôc principalement aux pauvres iesprit ,aux simples de cœur , â enlever le dépôt de la parole d’entre les mains du Clergé ;j’avoue , dis je que l’on feroit alors justement taxé de libertinage : mais encore uncoup en condamnant les soutes d’un corps, en lui trouvant de grandes infirmités,on ne prétend ni le détruire, ni persuader â tous les Etats, qu’il est inutile dans lemonde. Tout fe réduit à découvrir en lui des sources de corruption , qui passent desBergers aux troupeaux . C’est du moins ainsi que parlent ceux qui n’ont aucune vuecriminelle. Je ne prétens pas justifier celles que Toland a eues. Revenons â lui.

Il pose pour principe, que la (f) Raison es l'unique fondement de la certitude ; & quela révélation , soit pour la maniéré (dont elle s’est faite) soit dans son Essence , (c'est-

à-dire

(a) Chriflianity not mjfierions Scc. Ouvrage Anglois de Toland imprime en 1696.

(f) Voy. Bibl. Angl. Tom. XIV. prem. p. l’extrait de la vie de Toland. On y voir avec quelle im-perceptibilité, pour ainsi dire, on peut passer du doute à l’incrédulité, de l’incrédulité dans l’Athéisme:& c’est-lì, dit le Journaliste, ce qui est arrive a Toland.

(c) f hold nothing as an article ofmy Religion , bat what the highest évidence fore'd me to embrace 8 cc.

(d) Préfacé ubi sup. p. n.

( e ) Préfacé ubi fup. p. 28. & fuiv.

(/) Chriflianity &c. p. Z.