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té-, mais ' ces opinions & ces systèmes ne sont jamais parvenus á la ruiner, &ì’existence d’uri Dieu, quelle qu elle soit, leur a toujours paru nécessaire. On arâché d’anéantir l’Autorité de ce qu’on appelle Révélation , mais on n’a pû entie-rement éviter de reconnoître une Substance capable de se révéler, sous quelquenom & de quelque maniéré qu on la considère. J’avoue qu on a attaqué cetteSubstance par des objections juíqu a présent insolubles a l’eíprit humain j que lesuns l'ont comme défiée sor la soiblesse de íà providence j que d’autres l’ont . sou-mise a une maniéré de destin, pour la diseulper, disoient-ils, de certains dé-fauts qu ils trouvoient-dans la disposition des évenemens de cet Univers ; quequelques uns de ces Esprits forts ont comme exigé d’elle une eípéce d'éclaircis-sement sor l’origine du mai, sous prétexte qu’il est. contraire à la bonté d’un Etresuprême; que quelques autres, avec un respect aparent pour cette Substance,ont soumis le mal a un Etre austì essentiellement mauvais que l’Etre soprême estessentiellement bon. Mais de quelque façon que tous ces Philosophes Libertins ,Lestes , Esprits forts &c. ayent raisonné, ils ont tous été réduits à reconnoître une au-torité soprême. Préexistente ou non avant la Matière ; Matière elle même ouseulement ame de cette Matière; coexifente & coëternelle, Espace qui contientles corps, Substance infinie & universelle, dont nous sommes simplement lesmodes ; enfin de quelque façon qu ils se soient figurés cette Sustance &c. ilsn ont pû éviter de la regarder, malgré les raisonnemens les plus hardis, commeinfiniment nécessaire dans la Nature, Sc en particulier au genre humain. Com-me telle ils ont été réduits à reconnoître fa puissance-, ôc s’il est permis de s’ex-primer-de la sorte, ces Créatures si audacieuses, si téméraires dans leurs recher-ches, & qui ne sont soivant leurs raisonnemens que des modes & des différentesmaniérés d’être de la Substance universelle, ont été forcées de plier sous le poidsde son autorité.
On doit mettre tout au plus au rang des Déistes ceux qui croyent que tou-tes les Religions font egalement agréables à l’Etre soprême, pourvû qu’on ne s’yécarte pas des Loix naturelles. Ils s’imaginent que Dieu aime la diversité dansle culte Religieux, & quelle lui est aussi agréable que le sont à un grand Prin-ce les différentes maniérés de le louer, & de lui demander des grâces. On peutmettre encore au rang des Déistes ceux qui ont attaqué la Religion, sous pré-texte d’attaquer la Superstition. De ce nombre est Toland , ce fameux & hardilibertin, qui fàisoit profession detre l’ennemi juré, non pas de l’Eglise, disoit-il,mais de ceux qui la gouvernent , à qui ìa superstition sera éternellement nécessaire. II5'estérigé en Apologiste de Tite-Live , ôc l'a déclaré ennemi des Superstitions Ro-maines, pour mieux faire le procès à toutes les Religions, qui selon lui sontremplies de (a) vieilles fraudes , &c de mensonges , qui à la longue font devenus vrai-semblables : maïs pourquoi, dit-il, par la bouche de Tite-Live , {b) se mettre en peinesi les choses anciennes íont vrayes ou fausses, pourvû qu’on les adopte commevrayes ? Les (c) Crans de la République Romaine les ont estimées utiles ôc néceílâires,ôc le peuple s’étoit si bi en accoutumé à les croire telles, qu’il ne pouvoit plus s’enpasser. Plut a Dieu s eciie-t-il eníuite, que la même contagion n’eut jamais gagnéles Chrétiens ! Et moi ji’ajouterois volontiers, plut á Dieu que le faux zélé, qui dans
les
(a) Anticjui errores , antiqm fraudes , antiqm mendacia. Adeisidaemon p. 21.
^ (e>) In rébus tam antiquis Jìijm Jtmilia vertsmt , pro verts habeantttr fatis hab&am. Ce passage est de Tits-
(c) Maximi certe talia fecerat Romamm vftlgus, utinam & Chrijliamm dicere non pojfem! Ibid. p. 54.
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