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[Volume III.]
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M A H O M E T I S M E. . 59

teurs, ni tout à la fois conquérant de corps & dames. Or riest-il pas démon-tré depuis plusieurs siécles qu’on ne seuroit être tout ensemble vertueux & per--íecuteur > C’est un axiome de Religion.

Finissons la description des bonnes qualités de Mahomet -, vrayes ou fausses, af-fectées ou naturelles, qu’importe ? On dit des choses si étonnantes de son ab-stinence ôc de se sobriété, quon pourroit fort bien le mettre de pair avec plu-sieurs Anachorètes d’Egypte ôc des environs de l'Arabie qu’il avoir pour con-temporains : ôc qui .seit, ajoutera-t-on, si, de même que certain dévots aussi peumesurés dans leurs idées que dans leur stile ont appelle Satan le Singe de Dieu ,on ne devroit point appeller le faux Prophète des Turcs le Singe des Saints de sonsiécle ? On ne peut nier que Mahomet n’ait mis à profit tout ce qui pouvóitéblouir'les peuples. Quoiqu’il en soit, on nous aprend qu’il ne vivoit que dedattes & d’eau fraîche pendant quelques mois de Tannée , que pour réprimerse faim il se lioit une pierre sor le ventre; que s’il étoit obligé de s’asseoir pourprendre son repas il’se ceignoit les reins ôc les cuisses d’une forte bande , maisque preíque toujours il mangeoit ôc buvoit debout ôc dans une situation incom-mode ; que par humilité il mangeoit avec son valet ; qu’il n’étoit vêtu que deseine ; qu’il raisoit lui-même ses souliers $c ses habits, balayoit se maison, aprê-toit à manger à ses gens &c.

Au milieu d’une vie si dure, le Prophète qui avoir onze sommes, d’autres di-sent quinze, dix-sept, vingt ôc une (a) ôc même juíqu’à vint ôc cinq, se consoloit dansson petit Serrail tantôt avec Tune, tantôt avec Tautre. On lui seit dire, que lesfemmes réjûuiffoient son œil & excitoìent sa ferveur dans la prière. Il pouvoit êtredans le principe de ceux qui se permettent les plaisirs du mariage pour leur semté. Une trop rude abstinence leur causent certaines obstructions .k. . . ’il s’élevedes vapeúrs. Ces vapeurs attaquent lïmagination, troublent Tattention &c. Maisles Docteurs Mahométans (h) justifient leur Prophète d’une maniéré plus férieuseque cela. r > >

A se mort de Mahomet il se trouvoit à se fuite cent vingt 6c quatre milleMusulmans x lesquels pouvoient être appelles ses compagnons. Ils croient distri-bués en plusieurs classes dont (c) le lecteur se souciera peu desevoir Tordreíerang. Seulement je parlerai de ceux que T Auteur que je cite appelle assesseurs.Ces assesseurs croient, nous dit-il, de pauvres gens étrangers y o qui n a voient mi

■ V sou z

(a) On remarque touchant ces femmes, 'qu’il en mourut cinq avant lui , que six furent répudiées , 8 c

que les dix autres resterent veuves après la mort du Prophète. : Ceux qui .font cette remarque ne luicomptent pourtant que quinze, ou dix sept femmes, mais iís lui comptent des concubines. YoyéVietkMahomet de M. de Boulaìnvilliers. p. 257. & suiv. . ' v. .

(b) Voy. le. même Auteur p. 2 6 t. & suiv.. On y trouve que les Docteurs disent gravement que l’ar-deur de Mahomet étoit, un don tout particulier par lequel Dieu lé consoloit dans lés disgrâces áuxquèlles íls’expofoit pour l’amour & à la gloire de Dieu. Ils oposent l’incontinence de Mahomet à. ce t te double ify.continence des Chrétiens, qui consiste dans l’adultere & la fornication &c. qui ne croiraít , en lisant ce-la, que les Mahométans valent beau coup mieux que les autres fur cet article ? & que dans leurs familles<jn n’y voit jamais de fruit batardinté au préjudice du fruit légitimé. Ils prétendent& é'èst toujours M.

'Boulainvillìm qui parle , que Mahomet a voulu Áomex mx Musulmans y>w Son propre exemple h^°yen de repeupler le monde , auquel les Superstitions Chrétiennes avoient ôté me partie de ses habitons diseHx fixes , poùr faire habiter des defirts & des Monastères, & frustrer la Nature de la postérité qtf'elle ejfde*Vott atte *dre. Enfin ces bons Docteurs nous assurent „ que la force de l’ame est .fi relative à celle ;dfu" W.qw Dieu en donnant la premiere au Prophète,n’a pu lui refuser des qualités qui font des effetsautres u r parfaite constitution dés croyans”. Remarquons ici qu’íl semble qùe lés Ecclésiastiques deSqui viol Ug , ÌOnS / tant ceux st ul peuplent légitimement par un mariage permis dans leurs Sectes, que ceuxorganes co* ^ ^éfence qui leur en est faite, ont obtenu auffi quelque petite portion de cette perfection des' P our accompagner en eux la force de l’ame dont ils ont besoin.

(0 Voy.^& c . ubis up . r L .VII. Ch. 5.

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