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[Volume III.]
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6o DISSERTATIONS SUR LE

feu, ni lieu, ni parens, Sc vivoient ictus la protection de Mahomet , qui leurfourniísoit l’azyle Sc la subsistance. Le nom à’assesseur leur fut donné paree qued ordinaire ils croient astis sur un banc autour de la Mosquée du Prophète, la-quelle leur servoit de retraite. Le Prophète à l’heure de lès repas les; appelloitSc les faisoit manger avec lui : mais si le nombre de ces pauvres étoit tropgrand , le Prophète recommandoit â lès compagnons ceux dont il ne pouvoirprendre soin lui-même.- Après tous ces compagnons de . Mahomet , on trouveles Taheïtes dans les Ecrivains Arabes, c’est-â-dire ceux qui soi voient ria doctrinesons être proprement lès compagnons Sc lès amis. Ils n etoient que lès contem-porains , mais ils n’avòient jamais eu l’honneur de le voir ni de converser aveclui. A la vérité, ajoute-t-on, quelques-uns d entre eux avoient eu commercede lettres avec le Prophète, Sc cela les rendóit sens doute très respectables. C’estcette même idée de vénération Sc de respect que l'on ne manque jamais d atta-cher scrupuleusement à tout ce qui a été sous la dépendance des Prophètes Sc. des Saints, Sc qui persoade qu il íè fait des écoulemens de leur sainteté fur tout ce quile s environney c est dis-je, cette même idée qui a fait palier juíqu’â nous le ca-talogue des domestiques du Prophète des Musulmans , entre lesquels on remarqueson grand muletier , celui qui lui donnoit forestier, les souliers, le cure-dent,Sc c. la liste exacte de lès valets , de lès esclaves , de ses bergers, de ses pal-frëniers, de ses crieurs. Et juíqu’ou ne va pas le dénombrement serupuleux deschoses que le saint attouchement de l’Apôtre a sanctifié ? Puisquon nous a con-servé les noms de ses mules, de' ses chevaux , de ses ânes Sc de ses chameauxavec des particularités sor leur âge Sc sor jeur mort, fans y oublier diverses mer-veilles. Les Arabes parlent aussi avec dignité du coq du Prophète. Ce coqétoit blanc ,il chantoit une hymne tout les matins, Sc c’est cette hymne quetòus les coqs de la terre répetenr en abrégé après le coq Musulman. Les enne-mis de Mahomet trouveront ici dequoi jurer contre ses folies, Sc les dévots de- :quoi soupirer ; mais j’aime mieux croire que tout ce qui concerne ce coq n’estqù’iine fiction allégorique trop forte, ou tant soit peu fanatique , si l’on trouveque : le terme d’allegorie soit encore trop favorable â cet Antéchrist : Sc je crois aussique la vision de ce coq dans le voyage du Prophète au Ciel est une autre allégorie.

. Toutes les armes du Prophète ont mérité aussi un détail exacts Nous la-vons par le témoignage des Arabes qu’il avoir neuf ou dix épées merveilleuses ;deux lances, trois arcs, un carquois qui certainement ne 1 etoient pas moins ;qu’entre ses cuirasses il s’en trouvoit une qui avoit servi au Géant Goliath Sc au RoiDavid son vainqueur. Les Juifs avoient précieusement conservé cette Reliquejufqua ce que Mahomet la leur enleva après leur défaite. Renvoyons â cetteVie de Mahomet très détaillée (a) qui nous est venue d’Oxfòrt les lecteurs quiVoudront savoir des particularités touchant les boucliers , les casques, les pi-ques , les bâtons, lescalotes, les turbans à. de cet Apôtre des Musulmans. Lemerveilleux n est nullement épargné dans ce que les Arabes en disent.

Je resserre ici en peu de mots Sc pour conclusion ce que les Légendaires Ma-hométans ont eu soin de recueillir fort au loftg pour montrer les autres prérogativessurprenantes de l’Apôtre Sc la maniéré admirable avec laquelle Dieu l’a distinguédu reste du genre humain. Outre que le Diable fut précipité du Ciel quandl’Apôtre Mahomet nacquit, que l’Ange fendit la poitrine â l’Apôtre Sc que le

(a) Vie de Mahomet &c. L. VIÌ. Ch. 8.