DISSERTATION
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SU1 LES COMMENCEMENS DU
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Et sur les causes de son établissement.
N a pû remarquer par I’abregé que je viens de donner de la Viede Mahomet , plusieurs circonstances qui favorisèrent íònnouveau íystême de Religion, Divers Auteurs insistent beaucoupsor usle de ces circonstances ; c’est la corruption du Christianiseme, qui depuis qu’il avoir gagné la supériorité sor Je Paganisme,non seulement s etoit revêtu des superstitions dont il avoit travaillé auparavantà dépouiller les Payens , fans craindre même de (a) les conduire à d’autres ex-cès, parce qu’on avoit pour prétexte de les attirer au Christianisme en rendantles deux Religions un peu plus semblables au moyen de certaines pratiques:mais outre cela n’avoit cessé de se charger de controverses inutiles & de faussessubtilités fur des choses inintelligibles à 1 esprit humain : eni quoi ils avoient eulart de surpasser ces mêmes Payensqui leur avoientMru si méprisables Lcpar leurs disputes sophistiques & par leur culte absurde &c superstitieux. Leshabiles gens du Paganisme ne manquèrent pas de récriminer contre les Chré-tiens , {b) loríqu’iTs les virent se jetter dàns tous ces excès, & chercher a lessoutenir par I’autorité des Princes du siécle , qui leur permettoient de se donner(c) tous les mouvemens convenables a l’ambition.
Un Auteur moderne moins distingué par íà naissance que par son esprit s’estbeaucoup plû (d) à représenter les excès de cette corruption , & il la fait trop
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(a) En voici un exemple assez remarquable. S. Grégoire le Grand, pour gagner les Anglois au Chris,nanisme, leur accorda fort prudemment , selon lui, pour les fetes du Christianisme les bœufs qu’ils em-ployoient aux fêtes de leur Paganisme. V. Ep. 71. L. 9. in Operib. S. Greg. le passage qui commence,quia boves in Jacrificiis D&mormm mttltos occidere soient 8 cc. Il ne leur étoit donc plus permis de sacrifierdes bœufs au Démon, mais feulement de fe gorger de leur chair pour fopléer à ces sacrifices : & cela s’estpratiqué fort heureusement jusqu’à notre tems.
(b) Voy. l’Epigramme de Claudien qui commence; Ter cineres Pauli , per cani limìna Pétri &c. & dansjlmmien Marcelin à la fin du L. zi. le caractère qu’il donne de l’Empereur Constance, si propre â autoriserles superstitions & les subtilités. Christianam Religionem absolutam & fimplìcem anilisuperflitione conftt» -densi in qua Jcrutanda .... excitavit distìdia plurima , qua progrejsa fustus aluit concertatione verborum.
(c) Catervœ antistitum .... discurrentes per Synodos. . . omnem ritum ad sumt trahere conabantur ar-bìtrium. Id. Ib.
^gstoulainvillicrs ubi fup. p. 2 24.* p. 237, Là z 8. p. 243. & 244. &c.