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[Volume III.]
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7 o DISSERTATIONS SUR I.E

gard de ces derniers, dont cependant la conduite auroit pû autoriíèr l’intolérancede Mahomet , puiíqu’ils íè persécutoient les uns les autres pour de simples mots :au lieu que le faux Prophète pouvoit íè justifier par la promeste qu’il faisoit dereformer des erreurs bien plus capitales que des mots équivoques ou inexplica-bles. Selon {a) Ricaut , ce fut un trait de politique inévitable que d’ostrir lapaix aux Chrétiens ; ôc il ajoute „ que pour mieux faire paroître qu’il n’avoit„ pas dessein de les persécuter, il fit un Traité avec eux, dont l’original a été„ trouvé (b) dans le Monastère des Religieux du Mont Carmel près du Mont„ Liban L’Auteur que je cite a inféré ce curieux Traité dans son livre. Il estdaté du dernier jour de la Lune du quatrième mois , dans la quatrième annéede l’Hegire á Medme. Mais Ricaut ajoute avec raison, que la date du Traité dóntil s’agit prouve que c’étoit le tems dejlensonce de 1 ’ljlamisme. „ Mahomet faisoit„ alors la guerre aux Arabes, ôc il çraignoit que les Chrétiens ne íè déclarassent„ contre lui’’. Le Traducteur Anglois de l’Alcoran a remarqué (c) judicieuse-ment , que la patience ôc l’humilité de Mahomet diminuèrent á mesure que íésforces s’accrurent, Ôc qu’il étoit trop habile pour ignorer que des projets com-me le sien ne font du chemin qu’avec l'épée; sons quoi leur progrès est si lentôc fi incertain , qu’ils risquent à tous momens d’être renversés. Après cela ilcite l’autorité de ce fameux (d) politique du i G. siécle pour prouver que tousles Prophètes armés , comme Thejée , Cyrus , Romuïus ôcc. ont bien réussi dans leursde sein s , tandis que ceux qui ont ejfaié de prophétiser sans armes ont (<?) (générale-ment) échoué.

Mahomet j après so féconde fuite a Medine , bâtit un Temple, ou une Mos-quée dans cette ville pour l’exercice de so nouvelle Religion. Il y a beaucoupd’aparence que ce fut moins un acte de pieté, que de politique íèmblable peutêtre â celui que nous lisons de Jéroboam dans les SS. Ecritures : non que Maho-met prétendit soire oublier la Caaba aiix Arabes qu’il convertiísoit. Mais com-me l’état de íés affaires le forçoit de céder encore au rems , il falloir les fixerdans un changement si subit d’idées, les distraire de tout autre culte, 6c pourainsi dire , avoir la dévotion de íés nouveaux convertis sous íés yeux. Maho-met n’ayant cessé de prêcher qu’il étoit envoyé de Dieu pour reformer l’Isa-mijme , c’est-à-dire , félon lui , la Religion des anciens Patriarches, il n’avoitgarde de vouloir negliger la conquête de la Caaba , qui étoit le plus ancienmonument de cette Religion. Vraiíèmblablement si Jéroboam avoit eu ou laforce, ou les moyens, ou l’habileté de Mahomet,il n’auroit nullement méprisé leTemple de Jerusolem , qui n’étoit pas moins respecté des Juifs, que la Caaba l’é-toit des anciens Arabes, ôc lest aujourd’hui (f) de tous les Mahométans.

Je ne renverrai pas plus loin la description de ce fameux Temple de la Mec-que

(a) Voy. le raisonnement de cet Auteur dans son Etat de l’Emp. Ottoman. L. II. p. 30 6. Edit. deRouan 1677.

(J?) Ricaut ajoute que les Turcs nient que ce Traité soit de Mahomet. Il .est certain qu’il a des mar-ques visibles de supoíìtion. Telle est par exemple , le íbin extrême que Mahomet y prend des Monastè-res , des Chapelles , des lieux de Pèlerinage &c. la tendresse qu’il témoigne pour les intérêts du ClergéChrétien &c.

(c) Sale ubi sup. p. 49.

(d.) Machiavel.

(e) Je mets ce petit correctif , parce que la remarque de l’Anglois & de Machiavel n’est pas absolu-ment juste.

(f) Voy. A'Herhelot Bibl. Orient, art. Caaba au sujet de deux autres Temples que les Arabes à’Temen,& de Chorafatt voulurent sonder pour détourner les dévots d’aller à la Caaba; ceux d ‘Temen par jalousie,les autres par excès de dévotion.