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[Volume III.]
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M A H O M E T I S M E.

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refuse pas d’être son second. Il se leva 8c lui promit en présence de cette aísem-blée de l’aífister dans toutes les occasions , menaçant en même tems avec uneeípéce d’entoufiaíme d’exterminer ceux qui s’oposeroient a lui : mais tout cela riem-pêcha pas l’assembléede se moquer du prétendu apostolat de Mahomet 8c même de s’en.divertir ouvertement, juíqua ce que les prédications publiques de l’Apôtre, 8cles Proselytes qu’il faiiòit commencerent de donner de l’ombrage aux Koraïfiites. A-lors on passe du mépris 8c de la raillerie aux persecutions , &c ces perfécutionsne manquèrent pas de hâter encore les progrès de Y islamisme. Comme j’ai de-ja donné l’abregé de ces progrès , je ne les répeterai point ici , 8c je me con-tenterai de faire quelques remarques, qui achèveront de convaincre le lecteur deInhabileté de Mahomet.

Personne n’ignore que de tout tems la Divination 8c l’Astrologie ont eu uncrédit extraordinaire parmi les Orientaux. Mahomet profita de cette fbiblefíè.Il mit dans les intérêts (a) un Astrologue Arabe pour prêcher au peuple de

grands changcmens & rétablissement d’unc nouvelle Religion. Ainfi quandMahomet vint â point nommé accomplir la prédiction , les esprits des peuplescroient dé j a préparés â l’évenement.

borique ce faux Prophète aprit que ìcs Koraïjhites s’étoient ligués contre íà nou-velle Religion, il travailla d’abord à les diviser par le moyen de íes émissaires : 8c peutêtre rien íeroitúl pas venu â bout sens une fraude pieuse qui lui réussit. L’acte de ra-tification de la ligue des Koraïjhites a voie cté depoíèdans la Caaba • sens doute pour lerendre plus respectable 8c plus íòlemnel : mais les vers en rongèrent toute l’écriture ,excepté le nom de Dieu. Cela étoit encore ignoré des Koraïjhites , lorsquehomet , qui fut instruit de cet accident par quelqu’un de ses espions, déclara â íònoncle Ahu-Taleh , que Dieu témoignoit par des figues évidens combien cette li-gue lui étoit desegréable -, 8c en même tems il lui raconta ce qui étoit arrivé. Nepourroit on pas croire que Mahomet avoit trouvé des gens assez dévoués à sesintérêts pour faire eux-mêmes en se faveur ce qri.il attribuoit â des vers ? Ahu-Taleh lui même, fi accrédité chez les Koraïjhites, ne pouvoit-il pas avoir contribuéâ la fraude? Quoiqriil en soit, Ahu-Taìeh ne manqua pas de publier cet accident,comme une marque certaine de la colere de Dieu : 8c parce qu’il paroiíloit im-poííible que íòn neveu en eut connoissance il le fit valoir en cette occasion com-me un homme extraordinaire à qui Dieu reveloi't les choses, les plus cachées.Les Koraïjhites envoyerent examiner l’acte, qui se trouva effectivement dans le-tat que Mahomet 1 avoit dit : 8c ce fut par ce . stratagème apxAbu-Talel fit rom-pre une ligue qui pouvoit être fatale aux projets du nouveau Prophète. Re-gardons cette fraude pieuse comme un véritable coup d’Etat. ;

Mahomet ne propose de la part de Dieu â ses Musulmans le pouvoir d’attaquer& de se défendre qu’après s’être assuré de leur fidélité par des sermens réitérés ;mais cette fidélité ne fut exigée, 8c ces sermens renouvellés, qu’alors qu’il fal-loir mettre nécessairement les Musulmans â l’épreuve , 8c dans des circonstan-ces où le Chef n’ignoroit pas . qu’il étoit impossble de reculer. Alors auííipresque toutes les aparences étoient pour lui , 8c il commençoit de sentir sesforces. En cet état la Révélation vint l’autoriser fort â propos â prendre les ar-mes contre ses compatriotes Idolâtres 8c même contre tous les Infidelles aunombre deíquels étoient les Chrétiens, ainfi qu’il est connu de chacun. A lavérité on prétend qu’il affecta d’éviter le caractère de persécuteur, surtout à l’é-

(a) Bayle dans ses Pensées fur les Comètes §. 81. n’a pas oublié cette circonstance.

Tome V. S