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[Volume III.]
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92 DISSERTATIONS SUR LE

rai pas davantage la-dessus, 8c il suffit de dire que si les censeurs de nos étudesvouloient eux mêmes ne s’atacher qu’au nécessaire on verroit bientôt changer laface du Christianisme , 8c au lieu qu’il est défiguré par les dissensions & lesfausses subtilités &c. a quoi contribue le peu de loin qu’on a de distinguer leschoies essentielles de celles qui ne le íònt point , il reprendoit certainement sepremiere dignité. Mais nos censeurs ne se trouvent pas dans cette disposition,{a) ils aiment bien mieux blâmer le travail d’autrui. Demandons leur à plusjuste titre quelle est futilité de leurs conversations frivoles & des riens à quoi ilspassent leur vie. Demandons leur encore sais croyent, que le íòin de l’Etat, latranquilité de la vie , celle de la íòcieté civile , les mouvemens qu on se don-ne pour obtenir quelque emploi dans l’Eglise ou à l’Académie íòient les seuleschoses nécessaires : principalement ces dernieres qu’on pourroit bien mettre au rangdes inutiles à en juger uniquement par les vues qui les font íôuvent rechercher. Sicela paroit trop fort, disons du moins qu’on n’en fait pas un u sege légitimé,quand on n’y cherche qu’un vain nom & le désir de paroître. C’est ainsi quenous n’avons que trop de gens qui ne se bornent qu’a ce néceíseire. A de tellesgens il est bien permis de ne point s’embarasser de Mahometisme , 8c de répeterlans cesse qu’on peut bien se seuver sens cela. Je finis fur cet article en les priantpour l’amour d’eux mêmes de se conformer à leur principe, de réemployer leurtems qu’aux choses nécessaires à leur selut, 8c de negliger également les inuti-les 8c celles qui sont opposées a ce selut.

Pour moi, bien loin de croire l’examen 8c la connoissmce du Mahometismedes choses inutiles, je crois au contraire que cela doit servir à exciter dans noscœurs la reconnoissance envers Dieu a la vue des erreurs qui envelopent cetteReligion professée par des gens qui possedent d’excellentes vertus morales, & sipeu communes parmi les Chrétiens. Nous devons, dis-je, remercier Dieu dese grâce ; car qu’y a-t-il en nous qui nous rende préférables a tant de milliers degens qui ne valent pas moins que nous ?

§. IX.

S’il es bien vrai qu il ne soit pas permis aux Mahométans de discuter de Religion.

Mais , diuon encore , les Mahométans ne veulent pas disputer de Religion.J’avoue qu’ils n’ont aucun penchant á la dispute 8c qu’ils íe tiennent inviola-blement attachés a ÌAlcoran , sens répondre autre chose à un Chrétien, qui lesattaque, sinon qu’ils croyent 8c pratiquent constamment ce que Dieu a com-mandé dans 1 ’Alcoran qu’ils regardent comme le Livre de Dieu même. Orcomme ils sont extrêmement persuadés de ce principe, il est inutile de disputeravec eux sor la validité de tel ou tel dogme, de tel ou tel rit , pareeque pourle justifier ils renvoyent à 1 ’Alcoran. Il ne sent donc les attaquer que sur l’au-torité de 1 ’Alcoran, 8c ensoite leur montrer par des passeges de l’Alcoran même,que ce livré n’est pas un livre divin, (h) ce qui est probable, par exemple, pardes passages évidemment injurieux á la souveraine vertu de Dieu. Tel est celui (c) oùMahomet ose dire que Dieu, dans une révélation, lui accorda le privilège de setis-

fai-

(a) J’ai pris la liberté d’abréger ici le texte, & je me fuis contenté de conserver simplement le sens del'original-

(b) J’ai ajouté cette liaison.

(c) Voy. Chap. z;, de l'Jlcoran.