MAHOMETISME. 99
les a vu naître ; enfin qu’après les avoir conférés entre eux on íè trouvetrès souvent plus incertain qu’auparavant. Ainfi des coníultations de cettenature ne suffisent pas , parce que nous sommes hors d’état de sorte unchoix libre en jugeant par nos propres lumières. Si l’on consulte lesDictionaires des Juifs sor quelque mot difficile , f îe premier que l'on ou-vrira aprendra que le terme en question est exprimé dans le Targumde telle, ou de telle maniéré ; que la signification de telle & telle racine a deYajfjìj'ijíé avec telle autre , & n’en diffère que par la transposition dune lettre&cc. Pour les Chrétiens ils ont beaucoup plus de secours que les Juifs sor l’E-criture lainte , comme par exemple , celui des anciennes versions Grecques,une connoissance étendue des langues , ou plutôt des Dialectes Orientales,comme le Samaritain, le Syriaque' & l’Arabe. Ils peuvent se servir très-utile-ment de ces connoissances -, òc s’ils ne trouvent pas un certain mot dans l’Hc-breu,ils peuvent l’aller chercher dans ces langues, qu plutôt dans ces Dialectes, quiressemblent â l’Hébreu : tout de même que si au bout de quatre ou cinq limes 1 ,il netoit resté qu’un livre Flamand , & que cette langue ne se trouvât t pîus^ue 9dans ce livre , vraisemblablement il soudroit avoir recours aux langues desops*voisins Allemans & autres pour l’expliquer. ^
Mais on objecte qu’il arrive assez souvent que les mêmes mots ont une signifi-cation différente chez deux Peuples tout â soit voisins, & que par conséquent iln’est pas fort certain qu’un mot Arabe signifie la même chose en Hébreu.J’avoue que cela n’est pas certain , mais au moins cela est probable ; d’autantplus que pour un seul mot qui aura changé de sens en pastant d’un pays â unautre , j'en produirai cent , qui auront conservé leur ancienne signification.Dira-1-on que cela est encore incertain; mais quelle certitude soudra-t-il donc?car c’est là tout ce que l’on peut souhaiter quand on ne seuroit atteindre â lacertitude Mathématique.
Enfin l’on ajoute que toutes les remarques de Grammaire ou de Critique, ausojet de la conformité de certains mots Hébreux avec leurs Dialectes, par ou l'onprétend parvenir â éclaircir l’Ecriture, se trouvent toutes rédigées dans les ouvra-ges des sevans où nous pouvons les consolter sens beaucoup de peine. Á celaje répons que par nos études &: par nos recherches nous pouvons faire de nou-velles découvertes; car tout n’est pas épuise, tout n a pas été éclairci. Et bail-leurs , je le répete,ne vaut-il pas mieux voir les choses de ses propres yeux, quedes yeux d’autrui ? ne vaut-il pas mieux user de son propre jugement que d'a-voir une foi aveugle ? mais il est vrai qu’aujourd’hui l’on ne s’en rapporte que tropfacilement au travail des autres : & voilà comment on pourra tomber insensi-blement dans cette foi implicite, dont on accuse les C.R. Je ne sois que tropconvaincu que si nos proposens n’avoient point d’examen à sobir sor la langueHébraïque, il seroit á craindre, (a) qu’on ne la negligeât entierement tout-à-soit. A quoi bon même l’aprendre? nous dit-on, si ce n’est pour cet examen? Les ver-sions de la Bible sont exactes & aprouvées par les sevans , & d’autres sevans;ses ont faites. C’est ainsi que nous retomberons peu à peu dans cette barba-rie , dont nous avons si heureusement secoué le joug , il y a quelques siécles.
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(a) Souvent même on pourroit dire en cette occafion, examinator efi exámìmndus. Par exemple l’exa-minateur choisit un Pseaume bien clair & le moins Poétique du Pfeautier. II le donne à expliquer auProposant : mais l’un & l’autre en ont fait- auparavant la construction à tête reposée dans leur cabinet park moyen de Bytneri Ljm BAvidis.
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