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[Volume III.]
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98 DISSERTATIONS SUR LE

de livres en Latin &c. qui réfutent les principes du Mahometisme , je prouveraiévidemment que la plupart de ces prétendus résutateurs ont moins combattula Religion Mahométane , que l'ombre ou le phantôme de cette Religion. Parexemple entre ces Auteurs l'un s’éforce de prouver contre les Musulmans , queDieu n’est pas un corps mais un esprit ; l’autre , que les Démons ne sont pasles amis de Dieu, mais íès ennemis ; un autre encore, que les purifications ducorps ne contribuent en rien a la pureté de lame -, & autres choses semblables.Quand ils ont disputé à perte de vue fur tous ces articles , ils s’imaginent d’a-voir réfuté avec beaucoup de force les Mahométans ôc leurs dogmes. Cepen-dant ni Mahomet , ni ses disciples n ont jamais avancé aucun de ces dogmes : ôcç’est ainsi que ces Auteurs tombent dans le Sophisme qu on appelle (a) igno-rance de la question, ôc qu’au lieu de ruiner de véritables erreurs ils combattent(b) les fictions de leur cerveau.

§. XI.

Que la connoistance de l'Arabe est plus utile qu'on ne pense .

On nous dit enfin que. lutilité (des langues Orientales ôc particulièrement)de l’Arabe n est pas assez considérable , pour y employer ion tems & fà peine ;a moins cependant qu’on n’ait résolu daller vivre parmi les Arabes , ou end’autres pays Mahométans . On avoue qu en ce cas là il est nécessaire de savoirces langues , parceque pour avoir mal prononcé des mots Arabes on a été quel-quefois en danger de mort : mais ce qu’on dit là n’est qu’un subterfuge ordi-naire aux ignorons. Est-ce à de telles gens à juger de futilité de f Arabe ? ôcdoit il leur être permis de prononcer avec assurance, & comme en dernier res-sort , que la connoissanee de ces langues est inutile aux Théologiens ? Celas’appelle, si (c) je ne me trompe flater la paresse des jeunes gens.

Mais combien de grands hommes n’avons nous pas qui prouvent par leursdécouvertes futilité des langues Orientales ? par exemple, un Pokock , un Bo-chart , un Erpenius, un Golius , un Castellus , un Hottinger ôc quantité d’autres.C’est pourtant aux lumières de ces íàvans que l’on doit f explication de quanti-té de passages ôc de mots difficiles, inintelligibles même aux Docteurs Juifs Le quine se trouvent qu’une soûle fois dans f Ecriture- entre autres dans le livre de J oh ,dans les Prophètes ôc ailleurs. Nous consulterons, disent-ils, les Dictionaires;on n’en manque pas. Mais je répliquerai que ces Dictionaires différent sou-vent les uns des autres, &: selon les divers partis dans lesquels ils ont été compo-ses j que par cette raison , l’on y favorise les opinions reçues dans la Secte qui

les

O) Ignorantìa elenchi , c’est-à-dire prouver ce qu’il ne faut pas prouver , ou disputer sur ce qui n’estpas mis en question.

( 5 ) je suprime ici beaucoup d'érudition déplacée où l’on trouve l’extravagance de Caligula , qui ré-duisit les grands préparatifs qu’il avoit fait pour conquérir l'Angleterre , à ordonner à ses soldats d’amaf-ser des coquilles fur les bords de l’Océan & d’en remplir leurs casques & leurs poches ; celle des Athé-niens qui prirent autrefois les armes contre des fourmis qui gardoient un trésor ; celle des anciens Ger-mains qui se lancèrent, avec leurs épées nues, dans la mer pour la combattre ; celle des PJyllts qui vou-lurent se battre contre le vent de midi. De même je suprime toute la fin de l'article, qui n’est proprementque du verbiage qui n’aprend rien an lecteur, non plus que la pitoyable addition que AI. D** y avoit faite

fur la campagne de 17x2.,

(c) Je suprime encore ici une page du Latin de M. Relmd, parce qu’elle ne contient que des traitspro

pres à une harangue d’Académie.