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[Volume III.]
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MAHOMETISME.

IOI

les Savans (a) ont très bien reconnu futilité, puiíqu’il est: comme démontré quecette Science éclaircit en plusieurs endroits l’Histoire du V. & du N. T. Je passe quel-ques autres connoistances qui mériteroient l'attention d’un jeune homme qui seconsacre à la Théologie, mais que l’on regarde assez généralement comme inutiles,ou comme indifférentes. En voilà assez íur cette matière.

§. XIII.

Quel es le lut qu’m s'es proposé dans l'Ouvrage qui traite ( 1) de la Relìg

Mahométane.

'ton

Avant que de finir je dois dire deux mots fur mon compte. D abord jeprie le lecteur d agréer l’Ouvrage que je lui présente concernant la ReligionMahométane. Il est divise en deux livres : dans le premier les Mahométans par-lent eux-mêmes, & je parle dans le second. Mon dessein n’a été ni de pallier,ni de farder une Religion que je déteste ; ainsi je fuis bien éloigné de me dé-clarer son apologiste. Qui me regarderait comme tel me féroit injure; mais j’ai dûprendre le parti de cette Religion , quand il s est agi de la justifier de plusieursfausses accusations, fans quoi j’aurois manqué ace qui íe doit à la vérité. Que simalgré cela il íè trouve quelqu’un qui préfère des faussetés établies de longue main,pour avoir toujours le plaisir de traiter les Mahométans avec toutes fortes d’ou-trages, bien ou mal fondés n’importe ; je ne m’y opposerai pas. L expériencem’aprend tous les jours que le monde veut être trompé , & qu’il aime d’êtregouverné par des préjugés.

Mais quoiqu’il en soit , entre plusieurs systèmes de Théologie .Mahometaneque j’ai eu occasion de lire & d’examiner, composés par des Arabes très íàvanséc célébrés parmi les Mahométans , celui que je donne ici m’a paru plus courtLc plus méthodique qu’aucun autre : & c’est ce qui m’a engagé à le publier enLatin. S’il m’est échapé quelque chose de contraire à l’orthodoxie, ou qui puissecauser du scandale à des âmes foibles ; ou si je me fuis trompé quelquefois, je de-mande encore en grâce qu’on n’interprête point mal ma pensée.

Enfin je dois avertir qu’en apellant Mahomet, Salich, Dulkeh-h e l Lee. Prophètes , je parle selon le sentiment des Mahométans. De mêmelorsque je dis que Mahomet n’a point confondu les deux Maries dans se>n Alco-ran , je veux dire , Marie Sœur de Moïse, & Marie Mere de Jésus : carpour la pensée même de Mahomet , nous ne pouvons l’aprendre que par sesEcrits , & il ne paraît nullement qu’il ait confondu ces deux personnesdans son Alcoran : du moins je ne crois pas qu’on le puisse prouver à aucun Ma-hométan, qui au contraire le niera constamment. Cependant je souhaiterais qu’il futpossible de le prouver, parce que cela seul soffiroit pour décrediter 1 ’Alcoran, commeune invention purement humaine. Je fais qu’un Chrétien n’a aucun doute làdessus : mais il n’en est pas ainsi des Mahométans , qui ne se rendent que plusobstinés ôc plus courageux loríqu’ils s’aperçoivent qu’il nous est impossible deparer fur un article que nous regardons comme extrêmement important.

DIS-

(a) Voyez la Dissertation de M. Vaillant le père fur Tannée de la naissance de J. C. découverte par lesmédailles, dans Y Histoire de l'Académie Royale des Infor if t, gr Bell. ben. Tom. II. pag. 532. Ed. de P*-ris (Tom. IV. p. 181, Ed. à’^dmst. 1719.) cette remarque est de M. D**.

(b) Publié par M. Reland la premiere fois en 1705. & la seconde en 1717.

Tome V

Cc