Band 
[Volume III.]
Seite
129
JPEG-Download
 

THEOLOGIE DES MAHOMETANS. 129

à ses Prophètes ; envoi qui s’est fait íàns création , òc qui est: éternel sens pro-duction (a).

2. Dans ces Livres sont contenus les commandemens de Dieu & ses défenses 3lès edits , lès promesses ôc lès menaces , la déclaration de ce qui eílkperinjs & de cequi est défendu, de ce qui fait Vobéisance & de ce qui fait la rebeWo]/, &c enfinles indices de la rétribution , íbit à legard de la récompense , soit á 1 égard de lapeine.

Z. Tous ces Livres sont h parole même du Dieu très-haut , laquelle est luepubliquement aux fidelles, rédigée en livres, conservée dans le cœur des hommes.

4. Mais cette parole de Dieu , entant quelle est en Dieu même ,> est très-distincte de ces lettres & de ces mots qui la représentent : & néanmoins ceslettres & ces mots sont appellés parole de Dieu par métaphore , parce qu enester ils indiquent la vraye parole de Dieu. Dans le même sens nous appelionsnotre parole , ce qui indique véritablement notre pensée , & c’est ce qu un denos Poëtes a bien exprimé (b) par ces vers

Dans le fond de nos cœurs la parole a son être ,

Et la langue ne sert qu à la faire connoîtrc.

(Mais tout cela est bon pour les hommes) Dieu n'a pas besoin de ce moyenpour connoître le cœur humain.

Les livres secrés dont nous parlons (c) sont au nombre de cent quatre, en-tre leícpiels Dieu tout puissant en envoya dix a Adam , cinquante à Seth , trenteà (d) ldris ou Enoch , dix à Abraham , un a Moise , qui est la Loi , ou ce quenous appelions le (e) Pentateuque , un a Jésus , qui est Evangile , un a David ,ôc c’est le Livre de$ Pseaumes , & un â Mahomet , qui est 1 ’ Alcoran. ,

5- Qui-

(4) Ch. IV. On 1 disputé longtems entre les Mahométans Jì l’Alcoran étoit créé , ou incréé ? LeursDocteurs se sont partagés entre la négative & l’afïirmative , & d’autres ont opiné qu’il étoit plu? sage delaisser la chose indécise, parce que X Alcoran même ne paroiíloit pas la décider. Ceux qui ont cru 1 ’Al-coran créé étoient accusés d’assoiblir son autorité: mais pour l’Auteur de cet Abrégé, il se déclare nettementpour 1 ’incrcation; & l’on verra dans la fuite, comment il explique fa pensée. * Voyez ci-devant la Disser-tation sur Y yìte or an , & surtout d 'Herbelot Bibl. Orient, art. Alcoran.

(h) Les Mahométans suposent que tout est éternel dans l’idée , ou dans le Décret de Dieu, qui estpar raport à lui , comme notre pensée intérieure par raport à nous. Ainsi XAlcoran étoit en Dieu avantqu’il eut été envoyé du ciel à Mahomet. Tout cela peut recevoir un fort bon sens, en supofant X éternité desDécrets. Pour la comparaison du Poëte Arabe , elle me paroit assez naturelle. Je l’ai traduite d’après leLatin de M. Reland , qui ne nous aprend point quel est ce Poëte Mahométan allégué par le Catéchiste.

(c) * Voy. Dijsertation fur Y Alcoran.

(d) M. Reland a fait voir dans ses notes'que cet sdris est le même qu ’Enoch. „ J’ai, ajoute-t-il, entre les

„ mains une petite Dissertation composée en Langue Turque , ou 1 Auteur montre , que le nom propre„ d ’ldris étoit Ouchnouch , ce qui revient à Chanoch ou Enoch". Son adresse & sa science le firent sur-nommer ldris. On trouve dans un Tarìch (ce mot signifie , Ere & date , annales , histoire & mémoires')qu 'Enoch vécut ans avec quelques autres circonstances telles quelles de la vie de ce Patriarche. Quel-

ques Auteurs Mahométans fixent le jour qu 'Enoch fut enlevé au cieljau xo. de Moharram: ce qui est utxsurcroit de preuves.

(e) Ceci pourroit persuader, que les Mahométans reconnoissent la divinité de ces Livres ; mais on nedoit pas ignorer qu’ils les croyent tous corrompus, les uns par les Juifs, les autres par les Chrétiens, &que les véritables fe font perdus. Cependant les T ures lisent en leur particulier , tant en Arabe qu’enPersan, des Pseaumes de David, qui font une traduction des nôtres ; à quoi l’on a joint quelques priè-res de Moïse & de Jonas. Ils ont encore un Evangile en Arabe & en Italien (M. Reland dit en Espa-gnol, mais il se trompe: voyez \e. Naz.arenus) rempli de bonnes & de mauvaises choses : mais M* Relandne croit pas que tous les Mahométans reconnoissent l’autenticité de ces Livres. (L’Auteur du Naz,are-ms qui vient de paroître , s’imagine pourtant que l’Evangile Italien qui est lu parmi eux , principa-lement parmi les Rénegats qui n’erítendent point l’Arabe , pourroit bien être le vrai Evangile des Ebioni-tes .- & là-dessus il forme le plan d’un Christianisme primitif , ou Nazaréen , qui conservent lés cérémo-

TomeF. K k ni «