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[Volume III.]
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156 ECLAIRCISSEMENS SUR LA

tence, de changement, de mouvement, de transport d’un lieu a l'autre, d'at-reinte, d'absence, de division, de siaâion, de travail ou de fatigue, (a) (Peut-on s’exprimer plus clairement sor la spiritualité de Dieu , Sc) celui qui éloignede íbn idée toutes ces choies , peut-il être taxé de faire un Dieu corporel?

(b) (Si on ne veut pas m’en croire fur ma parole , sous ombre que je ne citeque des Mis- qu on se donne la peine de consulter) un Livre Latin (c) impri-mé à Paris en 1641. par le fameux Abraham Echellenss , Sc qui a pour titre,Synopsis propositionum sapientiœ Arabum Philosophorum ; c’est-à-dire Abrégé des propo-rtions de ïa sapience des Philosophes Arabes , & il verra de quelle maniéré ces O-rientaux ont toujours philosophé íur la nature du corps & de l’eíprit : ,, Tout„ ce qui est, disent-ils {d) existe, ou par soi-même & nécessairement, Sc alorsj, c’est ce que nous apellons Dieu ; où il n’existe ni par soi-même, ni néces-„ sûrement, A l’égard de ce qui ne renferme point une existence néceíïàire,„ on le divise en deux eípéces , la substance Sc l’accident : la substance est,, ce qui n’a point besoin de sujet , pour y exister ; l’accident est ce qui a„ besoin d’un íùjet , où il puisse être. Pour la substance on peut auíïì la„ distinguer en deux eípéces ; l’abstraite, comme sont les intelligences Sc les„ esprits ; Sc la concrète , comme sont la matière Sc la forme Ce seulpassage fait voir , que les idées des Mahométans ne sont pas si confuses qu’onle dit, quand on assure si légèrement qu’ils confondent la Divinité avec la ma-tière.

Les Juifs , (e) (tout grossiers qu’ils sont,) sont bien mieux entrés dans leurpeníée, Sc leur ont rendu à cet égard, infiniment plus de justice (f) (quetousles Chrétiens :) car voici comme ils font parler un Mahométan sor les principauxpoints de fa Religion dans un Livre , qui est fort estimé des Rabbins (g) • ilsmettent dans íà bouche une Confession de Foi, qui mérite d’autant plus d etreconservée, que c’est le témoignage d’un ennemi.

,, Pour nous autres Disciples de Mahomet , nous croyons fermement I’unitc„ Sc l’éternité du Souverain Etre; nous soutenons que le monde a commencé,„ Sc que tous les hommes tirent leur origine d’Adam: nous éloignons de Dieu„ toute espèce de corps ou de mode corporel ; Sc s’il nous échape quelque ex-„ pression qui puisse faire soupçonner le contraire , nous nous expliquons„ aussitôt, nous avertissons que c’est une métaphore, Sc que nous ne parlons„ ainsi, que pour proportionner en quelque sorte la Majesté de l’Etre infini à„ la portée de notre conception humaine Sc bornée. Nous croyons encore que„ le Livre de notre Loi (1 ’Alcoran) renferme les paroles de Dieu Sc est un vrai„ miracle, en lui-même digne, parce qu’il est Sc parce qu’il renferme , d etre„ reçu pour divin; parce qu’il n’y a personne au monde, qui soit capable d’en,, composer un pareil , ni même un seul Chapitre comparable à un des siens :

,, nous

(a) Addition du Traducteur.

(b) Au lieu de cela M. Roland dit, ceux qui ne peuvent pas consulter les Manuscrits Arabes n’ont qu’lconsulter &c.

(c) Qui ne croiroit , en lisant cela , qu 'Abraham Ecbellensis Maronite , car c’est ainsi qu’il y a dans leLatin, étoit un imprimeur de Paris? Le Traducteur devoir bien savoir qu 'édere ne signifie pas imprimer,

mais publier ou mettre au jour. M. D** en même tems qu’il l’a revêtu de la qualité de libraire , lui aôté celle d’être né Maronite ; peut être parce qu’il ne pouvoit comprendre qu'un Maronite fut venu dumont Liban se faire libraire à Paris.

(d) Synopsis proposition, fapìentu sir ab. Philostph. p. 5. M. D** a traduit mot à mot ce titre, pour mon-trer qu’il est quelquefois traducteur fidelle.

(e) Addition du Traducteur.

(f) Autre addition; & d’ailleurs il falloit dire que quelques Chrétiens .

(£) Cofri , p. 12.