RELIGION MAHOMETANE. 183
(a) (Si tout cela est bien vrai, il faut avouer que Mahomet , pour avoir me-né une vie si luxurieuse, a été bien peu galant dans ses principes. De quoi s’avi-fòit-il d’exclurre les femmes du Paradis ? Vouloir il se faire lapider à la premiersoccasion , ou faire déserter ía créance à la moitié du monde ? Et cependantc’est cet Imposteur , qui a si bien pris les hommes par leur foible ôc qui a sibien réussi. Ou peut-être a-t-il prétendu faire íà cour aux maris, en leur fai-sant accroire, que ces femmes qu’ils avoient enduré ici bas avec tant de patien-ce, ils ne les verroient plus. Ou enfin, a-t-il voulu les sacrifier entierement àla volupté des hommes, en les mettant hors de la portée du Paradis ôc des plai-sirs spirituels , pour les concentrer dans les plaisirs de cette vie ., ôc de labrutalité ì)
Mais est-il bien vrai , (h) (dit M. Reland , que Mahomet ait été si peu obli-geant envers un Sexe dont il étoit Idolâtre ? Que lui coutoit-il de leur donneraussi quelque place dans le Paradis ?) Comme je m’en entretenois , continue-t-il, avec mon ami Sike , qu’on avoit souvent consulté lá-dessus en Italie Ôc ail-leurs , ôc qui n’'étoit pas moins étonné que moi qu’on eut attribué aux Maho-métans une opinion (c) (si cruelle ôc) si absurde , il y a long-tems , me répon-dit ce savant homme, que f ai marqué trois passages dans l’Alcoran , qui décidentnettement le fait en faveur des femmes : le premier est au Ch. XL. Quiconque croi-ra & féra de homes œuvres , soit homme , soit femme , il entrera dans le Paradis .(d) (Je trouve dans le même Chapitre un autre passage , que M. Reland n’in-diquc pas ; c’est celui où les Anges prient ainsi le Seigneur: ,, Seigneur, ta„ miséricorde s'étend par tout le monde ... pardonne les péchés â ceux qui„ íè convertissent ôc qui embrassent ta sainte Loi , délivre-les du feu d’Enfer ;„ ouvre leur la porte des jardins d’Eden, que tu leur as préparé , ôc à leurs„ Pérès , &: a leurs Femmes, ôc â leurs Enfàns, &: à leur ligne vertueuse”.)Les deux autres passages de M. Sike sont au Ch. XIII. ôc au Chap. XVI. Ajou-tés-y ces z. autres du Ch. XLVIII. & du Ch. LVII. où il est dit positivementque les hommes & les femmes fidelles entreront dans le Paradis cèles e.
(e) (Mais peut-être que ce n’est pas aujourd’hui la Doctrine courante des Ma-hométans. Vous vous trompés, ils ne íè départent point de la Doctrine de leurmaître, ôc) une preuve infaillible que c’est là un article de leur créance , c’estque Chardin , qui avoit passé tant d’années au milieu deux,nous en assure dansles termes les plus formels. Voici sos propres paroles, (f) ,, On dit commu-„ nement que les Mahométans excluent les femmes du Paradis. Il est vrai qu’iís,, les en excluent ; mais c’est seulement' èn ce sens, quelles ne doivent pas être„ en même lieu avec les hommes , pour qui il y a des femmes célestes bien,, plus belles que ne seront les femmes de ce monde dans la résurrection ; ôc„ qu’à l'égard des femmes ressuscitées, qui seront rendues bienheureuses, elles„ passeront, disent-ils, dans un lieu de délices,& y jouiront, comme les bien?„ heureux en leur lieu, de toutes sortes de voluptés.
(a) Mauvaise & inutile addition du Traducteur. Au reste la maniéré dont il s’exprime à l’égard desfemmes pourroit presque persuader, qu'il a quelque conformité avec Socrate.
(Jb) M. Reland ne parle pas un tel language & dit limplement» „ Mahowet n’a pas fait l’injustice aux>» femmes de les exclurre du Paradis.
(c) Cette parenthèse est de la façon du Traducteur. - :
(.d) Autre addition de M. D**.
(e) Addition de M. D**.
(f) y°y a £. e de Ferse par M. Chardin , Tour. IV. de l’Ed, in 4.
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