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[Volume III.]
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i86 ECLAIRCISSEMENS SUR LA

de Moïse 6c d’Aaron : ce qui fuposeroit non feulement une ignorance crasse dansImposteur , mais même une ignorance contradictoire ôc incompatible avecd’autres passages de 1 ’ Alcoran, où il est manifeste que Moïse a précédé J. C. deplusieurs siécles, 6c que J. C. est venu longtems après lui pour perfectionnerla loi, 6c après J. C. Mahomet lui-même , qui doit encore avoir enchéri pardessus ; mais après lequel il n’en faut plus attendre. Voila en gros le systèmede cet imposteur fur les différentes œconomies. Or ajustés a cela fi vous pou-vés, l’anachroniíme qu’on lui fait faire. Il me íèmble qu’il en est dune accu-sation de cette nature, comme d une efpéce de Sophisme. Elle prouve trop 6cpar conséquent elle ne prouve rien du tout.

Cependant voici les accusateurs qui déposent contre l’ignorance de Mahomet.

Un Anonyme dans les Saracenica de Sylburge (a ), où l'on trouve ce Formu-laire de rétractation proíèlytique. Je détejìe ïimpojlure de Mahomet , qui fait des-cendre J. C. notre Seigneur & notre Dieu de Marie Sœur de Moïse & d'Aaron.Autant en disent Euthymius Zigahene ( h), 6c Jean André Maure (c ), 6c après euxle Cardinal de Cufa (d ), Hoorneheek (e) 6c une infinité d’autres.

(f) C’est dommage que l’accufàtion n est pas bien fondée : car s’il étoit bienvrai , que Mahomet eut confondu les deux Maries, & qu’on put le démontrerévidemment, adieu toute l’autorité de ce Livre, même dans l’efprit des Maho-métans les plus grossiers. Car où est l'homme assez insensé pour regarder com-me une production divine un Livre, où l’on confond non feulement deux per-sonnes très différentes, mais même séparées l’une de l’autre par un intervalle dedeux mille ans ? C’est ce qui a fait que dans tous les assauts qu’on a livrés àcette Secte , on leur a toujours présenté cet anachronisme, comme une vrayetête de Médusé pour les confondre.

Cependant M. Reland ne croit point que l’accuíàtion soit bien prouvée. Au-tre chofé, dit-il, est un soupçon 6c autre chose une démonstration. On peutsoupçonner, par exemple, que Mahomet a été astéz ignorant dans l’Histoire 6cdans la Chronologie, pour confondre le tems de Moïse avec celui de J. C. Onpeut croire qu’il a forgé de certaines fables de diverses circonstances de l’Histoi-re, qu’il avoir mal retenues , 6c qu’il en a fait des pièces de raport ou de bi-garrure dans son Alcoran , où crient également le sens commun & la connoiselance des tems. Ajoutés a cela qu’il s’apelle lui-même , le Prophète non-Lettré.Quand on a une fois puisé tous ces soupçons dans les Sommes de Controverse ,ou dans quelque mauvaise Traduction d c ïAlcoran , on peut aussi, je l’avoue,soupçonner la confusion des deux Maries. Mais peut-on la prouver jeu fur ta-ble? c’est de quoi il s’agit.

Le passage est au Chap. XIX. de Y Alcoran: où l’Auteur, après avoir fait enabrégé l’histoire de la naissance de S. Jean Baptiste, passe á celle de J. C. qu’ilraconte à peu de chose près, comme S. Luc, en y joignant quelques additions,entre autres celle-ci ; c’est que les parens de Marie la rencontrèrent avec sonenfant qu’elle portoit, 6c lui en firent une efpéce de réproche. O Marie , luidirent-ils, voilà une chose hien étrange ! 0 Sœur d'Aaron , ton Pere ne fa pas com-man-da) Pag. 6 t. & 8 z.

(J>) Dans fa Panoflie Dogmatique. Voyez la gr. Biùl. des PP.

C c) Confujìo Settœ Mahomet an a , p. 51 .

(d) Crìbratìo Alcorani , p. 44 . .

(f) Summa Controv. p. iz 8 . .

(fy lvl- D ¥ * fait parler M. Reland dans tout ce qui fuit ici comme il parle & comme il prêche lui-mê-me; ‘froidement, languissamment.