19a ECLAIRCISSEMENT SUR LA
chien & le pourceau - (a) (ôc la plupart des immondes) leur íònt défendus Jmais ils ne leur est pas même permis de les toucher. Quand ce ne seroit quepar accident , ils en sont fouillés. C’est ce que je pourrois justifier pàr ungrand nombre de témoignages ; je nalléguerai que les plus décisifs. Dans unMS. Arabe (b) , on lit ces paroles : ,, tout ce qui a vie est pur, excepté le„ chien Sc le pourceau , ôc ce qui en provient .... Et s’ií arrive que l’un„ ou l’autre de ces animaux ayent bu. dans un vase quelconque , il faut qu’il„ soit écuré par sept fois avec du fable pur : au lieu qu a l’égard des autres,, souillures qúe le vase aura pu contracter , il íùffira ck le laver une fois".Dans un autre MS. Arabe , qui traite auífi de divers points de la Théo-logie Musulmane , on y lit cette décision : toutes sortes de seaux de bêtes de-viennent sures & à’un légitime usage , lorsqu'elles font tanées , excepté les peauxde chien & de pourceau dr ce qui en peut provenir. Le fameux Busbeq (c),dans la réladon de son Ambassade à la Porte , confirme la même choie ôc nousassure, que le chien ejl un animal obscène & impur , parmi les Mahométans ôc quepar cette raison ils n en souffrent aucun chez eux. Chardin , qui avoit demeuré íîlongtems en Perse, est un autre témoin digne de foi , que l'on peut consultersor ce fii j et dans son voyage [d) , ôc Ion verra fi 1 accusation dìEuthymius est biensondée.
Dans un autre MS. Arabe, qui traite des Rites Sacrés , ôc principalement deceux qu’on doit observer dans les Temples, on raporte ces paroles de Mahomet;qu'un Ange n entre point dans m lieu où il y a m chien, {e) (En effet on voit bience qu’il a voulu dire , un lieu qui est tout consacré a la prière ôc a l’étude dela sainteté , ne doit point souffrir de ces sortes d’objets.) Pour ce qui est deschiens de chasse, s’il y a quelques grands Seigneurs, qui en entretiennent parmieux, ils sont en petit nombre. En récompense ils aiment beaucoup les chats jils ne se ,sont point scrupule de les porter avec eux, dans les rues , ou dans lesplaces publiques de Constantinople, lorsqu ils s’y promènent , ni même de lesintroduire dans leurs Mosquées, loríqu’ils vont a la prière, parce que s’ils ne lefaisoient pas, ces beaux tapis de Turquie, furquoi ils s’agenouillent pendant leursdévotions, seroient bientôt rongés par dautres (f) animaux auífi incommodes,que leurs dévorateurs sont utiles.
Enfin il n’est pas vrai que les Mahométans mangent indifféremment de touteschoses. Ils ne touchent ni au lièvre , ni au chat , ni au loup, ni a tous lesautres animaux défendus par la Loi de Moïse. Ils ne touchent pas non plus áuxanimaux amphibies , ni même a lecrevisse, parce quelle vit également sor laterre Sc dans l’eau ; pour ce qui est des poissons , c’est-à-dire pour tout ce quivit dans les eaux, ils n’en font point de scrupule.
: §. xxv.
(a) ta plus part des immondes est une addition de M. O** qni ne dit rien.’ Il y a dans l’original, lesMahomet ans ont en horreur les chiens & les pourceaux & tiennent ces animaux pour immondes Sec.
(h) Qui est dans la Bibliothèque d’Amsterdam , & que le savant & officieux M. òchaak avoit com-muniqué à M. Reland, de même que celui qu’il cite ensuite.
(c) Gui. Busbeqmus Epist. III. Legatìonis Turcica , p. 178.
(d) Voyez le Tome VII. p. 229. Edit. in 12. de ses Voyages en Perse &c.
(e) Voilà une réflexion bien placée. Ce seroit grand dommage que la postérité ignorât qu’elle appar-tient à M. D**.
(f) Que cela est élégant ! Vautres animaux pour ne pas nommer des rats ; & des dévorateurs de ces ani-maux , pour dire des chats. Au reste il faut divertir ici les yeux des lecteurs, & leur montrer dans unebelle taille-doucë là maniéré charitable dont les Turcs nourrissent les chats.