RELIGION MAHOMETANE. i 97
£iic les armées les plus nombreuíès & les plus aguerries ; que nous avons flétrila gloire des (a) Philippes & des Louis , quoique la plus grande partie de cesfaits, dont nous parlons se soient passez avant que nous fuflïons au monde, ilsuffit qu’alors on parle pour la Nation , en la considérant dans toute letenduede ícs Annales ; a peu près comme le Jurisconsulte Paulus , qui vivoit si long-tems après Tullus Hostilius , s’explique en ces termes dans un Traité de Juris-prudence (h) , mus avons vu îes trois Horaces Sénateurs à Rome : (c) (ou commeCicéron lui-même dans l’exorde de íès Tuículanes , où il fait une eípéce de pa-rallèle entre se mérite des Grecs & des Romains; il íè met à la tête des derniersLe parle pour eux tous. Pour nous. , dit-il (d), nous entendons mieux la sciencedes mœurs , & la conduite de la vie & nos affaires domestiques , & i a défense deno s amis , A- l'on peut dire en général que toutes les loix de la société sont mieux con-nues parmi nous , & beaucoup mieux soutenues. Car il n y a personne qui ne voye ,que par ce nous , il entend les Romains, par opposition aux Grecs.)
§. XX VIII.
S’il est vrai que Mahomet ait été assez mauvais Géographe pour avoir placéla Mecque dans le Pays des Hammonìtes ?
(e) (/^TEst au moins ce que prétend l’Annotateur dans sédition de 1 ’Alcoranqui parut au xvi. siécle > sous le nom de Robert de Retz. . Car danscette Edition on trouve des notes marginales, qui ne sont pas toujours fort ju-dicieuses. Celle-ci en est du nombre. Premierement la traduction du passageest vicieuse, & ensuite la note l’est encore davantage : c’est au Chap. XIV. oùAbraham, à propos de la Mecque, demande à Dieu pour cette ville une terreassurée ; au lieu de quoi on a traduit œdistcatam in terra Amon> (f) bâtie dans la ter-re d’Ammon. Voyez le beau Géographe! dit en marge l’Annotateur, il placela Mecque dans le Pays des Hammonites! C’est-â-dire que Mahomet étoitd’une igno-rance si crasse , qu’il ne íàvoit pas feulement dans quel pays étoit située cettemême ville où il étoit né, où il avoit passé la plus grande partie de íà vie, d’oùil avoit fait de fréquentes excursions dans les pays voisins , qu’il avoit reprisesor ses compatriotes par la force des armes , & où il a composé la plus grandepartie de son Livre & nommément le Chapitre qui est en question! En vérité,c’est pousser bien loin l’idée qu’on s’est faite de ía malhabileté J A quoi persua-dera-!-on de pareilles choses ? C’est comme si on venoit me dire, que je place
‘ Lon-
c'est Salamine ma Patrie qui m'a nourri. Comment M. D** a-t-il pû laisser passer ce vers Grec fans le ri-mer en François ? n’en avoit il pas la traduction devant les yeux pour lui aider à le rimei ?
(a) Philipe, dont il est ici question , est fans doute celui contre qui la République de Hollande a cour-batu pour fa liberté. M. H** pour dire quelque chose de nouveau capable de plaire à ses nouveaux maî-tres, met Louis, (c'est-à-dire Louis XIV.) aures de Philippe, & comme il a le don d’écrire rapidement;en quoi il auroit été digne Auteur à gages, il ne fe souvient plus qu’il falloit distinguer les tems , fautede quoi Louis est fort mal associé a Philipe.
0) Lib. m. ss. De petitione b&red.
(c) Ceci jusqu’à la fin renferme une citation de Cicéron , qui fait honneur au grand savoir de M. I)**.
(d) Cicero, Tusc. Lib. I. Cap. I. Nam mores & inftituta vit a , refque domefiicas ac famìliares, nospro-feElò dr melius tuemur & lautius.
(e) Je dis de ce Chapitre , comme de tous les précedens, que M. D** l’a rhabillé à fa maniéré.
(f) Bâtir une terre est un phénomène dans notre langue: mais comme M. D** nous avertit qu’il écrità Londres, il est croyable que PAnglois lui a fait oublier son François.
Tome V. D d d