ai4 ECLAIRCISSEMENS SUR LA
soin. On n’entend pas que le duel , ni les rencontres fassent du ravage parmieux ; & s’il arrive par hazard que quelqu’un deux so défasse de son ennemi, oule blesse dans la colère, ne croyez pas qu’il en acquière pour cela la réputationde Brave. Tout au contraire.
(a) (Chardin dans son Voyage de Perso ne nous dit point que les Peuplesy soient plus mutins ou plus vindicatifs qu’en d’autres endroits. Il nous assuremême, qu’ils font la plupart très pacifiques par un principe de consoience. Ilscraignent le font aigu {b) , & vont proposer d’eux-mêmes a Possenfé la répara-tion de l’offenso. Voici une de leurs paraboles sor le pardon des injures & sorla béneficence envers un ennemi. C’est un jeu d’eíprit , mais il pourroit leurêtre envié par les Chrétiens. Faites comme ces arbres , qui offrent ce semble , lafraîcheur de leur ombre & de leurs fruits aux jus es comme aux injustes , fans excep-ter même de leur béneficence ceux qui leur jettent des pierres , ou qui les dépouillefit àcoups de bât&ns. Faites encore plus ; imités ces coquilles bienfaisantes , qui enrichissentde leurs perles ceux mêmes qui leur ôtent la vie (c).
Au reste quand je dis, que c’est la un jeu d’eíprit, qui pourroit être enviéaux Persans par les Chrétiens mêmes , je m explique, je parle des Chrétiens,qui courent au bel eíprit. Car d’ailleurs la pensée n’est point solide , &; parconséquent elle ne souroit être un motif à une vertu. Car si 1 arbre avoir quel-que connoiísonce & quelque liberté , il so garderoit bien de so laisser dépouillerá d’autres qu a son maître ; certainement il ne so prêteroit point aux voleurs niaux impudiques, ni aux brigands ; il les assommeroit plutôt de sos branches:&: la coquille, qui renferme une pierre précieuso , n’auroit garde de prodiguerson trésor a celui qui veut lui ôter la vie , si elle pouvoir la conserver. Ainsice n’est là qu’une fleur de Rhétorique, qui pourra embellir le Sermon d’un Moi-ne novice ou d’un étudiant frais émoulu du collège ; mais qui n’aura jamais en-trée dans un Disoours de Morale d’un lìllotfon , d’un Barrovj , ou d’un Bourda -loue même, où les images ôe les agrémens les plus modestes doivent renfermerquelque sol & quelque raison. Mais quand j’entends un homme grave &csenfé , qui renferme íà preuve dans íâ comparaison même, de maniéré que jene íâurois leluder sons extravagance, je me rends à la justice du précepte, dansle tems même que j’en admire l’art & le soblime. Telles sont universellementles comparaisons de N. S. J. C. & de ses Apôtres. Celle-ci , par exemple,aimés (d) vos ennemis , béniffés ceux qui vous maudissent , faites du bien à ceux quivous hdiffent , (jy priés pour ceux qui vous calomnient çjy qui vous persécutent , asmque vous foyiez Enfans de votrè Pere qui efi dans le ciel ; car il fait lever son soleilfur les méchans çjy fur les bons , cjy il fait pleuvoir fur les jufies çjy fur les injufies ....Soyez donc parfaits , comme votre Pere , qui efi dans le ciel , efi parfait. On netrouve rien là qui sente le bel eíprit y mais la pensée est juste , elle est vraye,elle est grande même , & elle va au cœur , par les idées intéressantes qu’ellecontient sor la paternité , la filiation Lc l’insttation ,'• & que S .Paul a toutes
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( a ) Autre addition. Elle apartient toute à M. U** excepté le précepte , ( 8 c non pas la parabole) desPerlant. II faut convenir que la pensée que cette maxime renferme n’a que du brillant. IVlais en récom-pense nous lui devons le jugement de M. D** fur les bons Sermons, un éloge des comparaisons que J.C.employé & enfin celui de la version du N. T. par M eíf. de Beatifobre 8 c Lenfant.
(b) Voyez ci-deflus Ch. V. : .
(c) Chardin T. VIII. p. 204. Edit. de 1711. ■
(d) Matth. Ch. V. 44. _M . D ¥ * parle ici : Je me fers de la version de Mrs, de Beausobrc 8 c Lenfanc ,qui est la plus Françoise qui ait encore paru ; & si j’en puis juger , l’une des plus fi déliés.