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[Volume III.]
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RELIGION MAHOMETANE. 215

réunies dans ce beau précepte, l’abregé de celui de íbn grand maître : Soyez lesimitateurs de Dieu comme ses chers Enfans (a).)

ESL. êV'èê.Dà MS

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Z. XXXIX.

S'il ejl vrai ce qu on dit, que Mahomet avoit élevé m Pigeon , qui venoit mur -murer à son oreille dans ses accès éclectiques ?

C ’Est un conte dont tout le monde est abreuvé. On dit que l’imposteurfe trouvant affligé du mal caduc, avoit aprivoisé une colombe avec tantd’artifice, quelle venoit becquetter a son oreille dans sos accès ; & cela, s'il v.ousplaît / pour faire accroire à íà femme & a tous íès parens, qu’il avoit des extas-ies prophétiques, & que le S. Esprit sous cette ferme , venoit lui dire tout basce qu’il avoit à faire & á reveler à son Peuple.

Mais pour convaincre tout homme raisonnable que c’est là une pure imagi-nation de la part des Chrétiens, je me contenterai de raporter (h) un fait assezsingulier que je trouvé dans ì’Introdu&ion aux Langues Orientales , du lavant Mr.Ockley Professeur à Cambrige dans ces mêmes Langues & l’un des plus íâvanshommes du Monde dans cette efpéce de Littérature. Il dit qu’on ne íâuroitcroire combien de fables ridicules on à débité en Europe sor le compte de Ma-homet , dont on ne voit aucune trace dans les Livres Orientaux ; qu’il y a sorce sujet mille traditions aussi fausses les unes que les autres , qui le perpétuentnéanmoins entre nous comme véritables , & qui. attrapent même les plus sen-sés. Pàr èxemple, dit-ss, l’incomparable Grotìus \ qui a si bïçn mérité dq laRépublique des Lettrés, y a été trompé. Dans rie Livre immortel iqu il nous àfur'ìa^vérité Je lq Religion Chrétienne , il avance dans le^ VI.^Livre , qui: entier contre les Mahométans , que Mahomet avoit cireà une, colombe

est tout

a voler à ion oreillé", pour Etire accroire au Peuple qii’d étoip'divinement in-spiré. Et cependáiit il ‘ n’y a rien de plus faux queíínstojrè; tle. .çe.tfe préten-due colombe , que .les Arabes nauroient pas lans. doutée oubliee^ .ou commetradition , oii comme' vérité , s’ils èn avoient trouve qtjèlques t .yeítfgefdçsir|Auteurs - èux sor tout qui ne font point ícrupulejsdê rapprtçr Ifcs, plusfictions, loríqu’elles peuvent favoriser la réputation de leur Prophètes Et celaest si vrai, ajoute-t-ií, que le Savant Pocock , qui a traduit le Livre de Grotiusen Arabe, n’a point mis ce conte dans íâ version.,, jBien pî.us^ .il i>ou$ apresicllui-mêmp, dans son Essai fur THisoin des Arabes qu’ayant; vu Grotius (c) (ap-paremment à Paris) il lui avoit demandé , s’il ' dfdns: dfceU

que Ecrit des Orientauxou dans quelque Ouvrage des,Chrétiens ì Á Ç^cpiGrotm a-'Voit répondu ingénument , qu il n’avoit rien lu de 'pareil dans leè Uvres des Ara^hes 3 ma'ts qu il s’en étoit r avorté là- dessus à la bonne foi des" Chrétiens, (d) (Laissons

donc

(a) Ephesi Ch. V.

(b) II ne s’agit point dans la citation de M. Ockley de fait singulier. On 1 y chercheroît en vain ce faksingulier. Voici comme parle M. Reland, adfcribam qu* . ... de hac re notavit vir .... peritus SimonOckley & c. mais ce qu’il y a d’essentiel de la part de M. O** est qu’il nous aprend que M. Ockley estProfesseur à Cambrige.

(c) Voilà un apparemment bien placé.

. ( d ) Cette petite conversation romanesque est un jeu agréable de M. D** qui l'a tiré du creux de sonimagination. II a droit de dire comme Sosie; Ou prend mon esprit toutes ces gentillejfes t

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