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[Volume III.]
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RELIGIEUX DES MAHOMETANS. 227

Religion , puis cju’on peut fort bien appeller danse religieuse le tournoiement desDevois , ôc que la deseription qu en donnent (a) plusieurs Voyageurs, le doit faire re-garder comme un acte íòlemnel de Religion. Cet exercice de dévotion se seitle mardi ôc le vendredi après un sermon prononcé par le Supérieur de ces Dervisfur un texte de l 'Alcoran. Le sermon est suivi de quelques prières tirées aussi de ì'Alco-ran qu’ils chantent tous ensemble, après quoi ils saluent le supérieur, ôc la dan-se-ou le tournoiement (b) commence & íe continue au íòn de la flûte ôc deplusieurs autres instrumens. Il n est pas nécessaire de décrire davantage une cé-rémonie dont la deseription se trouve dans les moindres Voyageurs. Cette dan-se religieuse fut inventée, nous dit Thevenot , par un certain Mevolana , que lesDervis respectent comme un grand Saint, ôc Ricaut nous dit que ce Saint, qu’ilnomme (c) Mevelava , tourna miraculeusement quatorze jours tout de fuitesens prendre aucune nourriture, pendant que son compagnon Hamze', Dervis com-me lui, jouoït de la flûte. Ensuite il tomba en exstase, ôc dans cette exstase ilreçut des révélations admirables qui contribuèrent a 1’'établissement de l’Ordre Re-ligieux des Dervis. La flûte, difent-ils aussi, est un instrument secré, un instru-ment de musique senctisié par Pusege que Jacob ôc les autres seints bergers del’ancien T estament en ont seit. On nous assure cependant que les T ures rigides n'a-prouvent pas cette dévotion, ôc qu’ils croyent que cette danse des Dervis est con-traire à la Religion, de même que la musique des instrumens

Passons fur cette distinction des (d) viandes dont il a été parlé plus haut. C estici, nous dit-on, que l’on trouve dans Mahomet une imitation parfaite du Ju-das sine. Mais outre que cette distinction étoit généralement fondée fur une es-pèce de nécessité, il faut remarquer que cette même nécessité s’est étendue partout l’Orient, qu’on doit Pattribuer au climat &: appliquer généralement a tousces pays méridionaux ce qui a été remarqué de P Arabie. A l’égard de P Alcoran,il ne défend pas seulement de manger du seng ôc de la chair d’animaux offertsou secrifiés aux Idoles, òu morts de mort naturelle. Cette défense est mêmespécifiée en plusieurs endroits de (e) \’Alcoran , ôc la précaution des bons Mu-sulmans est telle en cette occasion, qu’il faut que le boucher (f) qui égorge l’ani-mal , prononce (g) la bénédiction en Pégorgeant , sens quoi ils ne croiroiencpas qu’il leur fut permis d’en manger.

Sur la défense d’exercer l’ufure , il suffit de renvoyer au Ch. L. (h) de 1 ’Al-coran. On l’y trouvera mise au rang des péchés les plus énormes, ôc Mahometn’y autorise pas même, comme chez les Juifs, la permission de l’exercer contre

l’in-

(a) Thevenot Cha. 40. du Liv. I. Ricaut 1 . 2. Chap. 13. de Y Etat de l'Empire Ottom. Tournefort Let-tre XIV.

{b) Voy. la figure qui se place ici.

(c) Mevelava , dit Bejpier , est corrompu de Mewlana, & ce terme ajoute-t-il, est commun à tousceux qui en matière de Religion ont quelque commandement fur les autres &c. Voyez aussi ce que je di-rai ci-après dans la description des Dervis.

(d) Voyez ci-dessus.

(e) Ch. 2. Ch. 5. & Ch. 6 . & i6. Dans ces deux derniers chapitres Mahomet fait exception en fa-veur de ceux que la force ou la nécessité contraignent de manger de ce qui est défendu par son Alcoran.

(f) Sale notes fur le Ch. 2. de Y Alcoran.

C g) Bijmill'ah au nom de Dieu.

(h) Et au Ch. 3. où Mahomet défend l’interêt de l’interêt , ttfuram duplicatìonìbtts dttplicatis , selon laversion de l’Abbé Maracci. Quoique les loix du Christianisme défendent cette usure excessive, & qu’ondoive la regarder comme un véritable larcin ; il y a cependant d'honnêtes gens parmi les Chrétiens , quiemployeur adroitement. Les exemples font íréquens ; & si la postérité daignoit s’embaraííèr de cela,°u lui aprendroit que cet ouvrage a payé quelquefois l’interêt de l’interêt.

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