RELIGIEUX DES MAHOMETANS. 233
têt habile Voyageur, leur fait appliquer toutes leurs pensées à trouver tes moyens dese divertir ; ajoutés y une coquetérie dont la hardiesse ôc la licence passent lima-gination, ôc se féroicnt regarder comme incroyables, si elles n etoient attestéespar des (a) Voyageurs dignes de foi -, ôc Ion trouvera des matériaux propres acomparer les Mahométanes avec les Chrétiennes de la plus grande partie de l’Eu-rope. J’aurois été tenté de donner ici le détail de la parure des Musulmanes , Ôcune eípéce d’inventaire de leur toilette, mais il a été donné & redonné par lescompilateurs, ou, si l’on veut, les plagiaires qui mont précédé, avec quelques figures,bonnes ou mauvaiíès, qui représentent ces Dames. Je me contenterai donc de placerici pour la satisfaction des yeux du lecteur, des Persiennes, des Africaines, ôcdes Moresques de la Loi de Mahomet avec un Persan, des Barbareíques, &desArabes, moins souvent représentés, à ce qu’il me semble , ôc moins délicate-ment, aux yeux des Européans.
8. Accordons s’il est possible , la contrainte où vivent les Mahométanes aveccette hardiesse, qu’on dit {h) que la Loi leur permet , de demander d’être sé-parées d un mari froid ôc impuissant. Accordons aussi (c) Xobligation ou ejl kmari d’assurer un douaire à sa femme pour le rejle de ses jours , avec le préjugé qui chezbeaucoup de Mahométans y ôc en générai chez la plupart des Orientaux, fait regarderìes femmes comme des animaux tout au plus demi-raisonnables (d) & destinéspour le service de ïhomme comme m cheval. Mais il y a bien d’autres contradic-tions ôc dans leurs mœurs ôc dans les nôtres.
p. h'Alcoran (e) déteste l’adultére , ôc ordonne qu’un mari qui en accuserase femme fans lé prouver fera condamné a la bastonade. Cependant faute detémoins ôc de preuves, (s) disent quelques Voyageurs, le mari est obligé déjurer quatre fois devant le juge qu’il dit la vérité. A la cinquième il protésteque s’il ment il veut être maudit de Dieu ôc des hommes. D autre côté onajoute, que par un privilège qui paroîtra extraordinaire, Sc même a bien des Chré-tiens , la femme est crue fur ses fermens , pourvû qu’au cinquième elle prieDieu qu’il la faste périr si son mari a dit vrai. Quand- l’adultére de la femmeest évident, le mari, félon Tournesort , est dans un tel cas maître de fa vie ; ôcs’il est vindicatif, il la fait enfermer dans un íâc rempli de pierres, ôc la noyé.„ A la vérité , continuc-t-il > la plupart lavent si bien ménager leurs intrigues ,î, quelles meurent rarement dans l’cau: ôc quand leurs maris leur accordent la„ vie , elles deviennent quelquefois plus heureuses quelles n’étoient , parcs3, qu’on oblige l’adultére a épouser son galant . . . qui est condamné a mou-3i rir, ou à se faire Turc, sopofé qu’il soit Chrétien”. A 1 égard du galant,il lui arrive souvent d’être promené sor un ane la tête tournée vers la queuequi lui íèrt de bride, avec des tripes qui lui ceignent le front comme un diadème3ôc une cravate de même eípéce. La ícene finit par un régal de coups de bâtonfur les reins ôc sous la plante des pieds.
10. J’épargne ici au lecteur la répétition de tout ce qu’on nous raconte de lajalousie des Grands pour ces femmes renfermées ôc observées sens cesse par des
Ëu-
(а) Les mêmes que )e vieas de cites.
(б) Riciim ubi sup. Voy. ci-apres p.
(c) Tournesort ubi sup.
(e) Voy. Ch. 4 . &V de Ydkmram & les notes de M. Sale 8c de l’Abbé Maraccu
(f) Tournesort & autres*
Tome V\
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