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[Volume III.]
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RELIGIEUX DES MAHOMETANS. 241

te pendant un Dimanche aux heures destinées à cette dévotion pourront estàcerau dernier jour toutes les injustices qu’il a commiíès pendant íà vie. Telles sontles fausses idées que l'on íe fait de cet Etre Souverain , qui est infiniment mi-séricordieux , mais qui, pour le malheur des faux dévots, est auílì infinimentjuste. .

Je passe dans ces petites descriptions la différence des Poistes , selon que lesmorts ont été ou gens de guerre, ou d’Egliíè, & celle des ornemens des tom-beaux, solon que l’on a été ou riche , ou pauvre sor la terre. Une remarqueplus importante est, que les Mahométans Ce font enterrer, dit Thevenot , près desgrands chemins ,, afin que les passans Ce souviennent de prier Dieu pour eux,„ & leur souhaitent íà bénédiction, & c’est pour cela que ceux qui font quel-„ que pont , ou quelqu’autre ouvrage public par charité , Ce font ordinaire-„ ment enterrer dessus ou auprès, afin d’avoir les prières des passans. On voir,„ continue-t-il, dans ces cimétieres tant de grosses pierres dressées, qu’il y en,, auroit assez pour bâtir une ville. Après qu’on a enterré le mort, les parens„ & les amis viennent pendant l’eípace de plusieurs jours prier fur Con tom-„ beau , demandant â Dieu qu’il delivre le défunt des tortures des Anges,, noirs ; &c ils diíènt au mort, en l’appellant par son nom, n aye point de peur ,

,, mats répons leur bravement .Le Vendredi plusieurs (parens ou

„ amis) apportent dequoi boire & dequoi manger. Tout cela sort aux paf-„ fans, qui peuvent y manger & boire avec liberté. . . ” (a) Cet acte de cha-rité Ce fait dans la vue d’attirer des prières & des bénédictions en faveur du pau-vre mort.

Oh raporte une opinion assez singulière des Mahométans de Perso. C’est quechacun (b) doit avoir soin de mourir au même endroit ou l’Ange, qui a pré-sidé â íà naissance, à pris la terre dont il a été formé. Ils s’imaginent, nousdit-on , que l’Ange de la nativité mêle de la terre dans la matière dont l’hom-me est formé. Il est donc bien juste que cette terre soit rendue à íà terre pri-mitive. Une autre opinion, mais plus raisonnable, ou qui du moins est fon-dée fur un principe d’humanité , est que si l’on rencontre un convoi funebre,on doit fe détourner de quelques pas pour accompagner le mort , ôc mêmeprêter sos épaules pour aider à le porter, s’il est nécessaire.

Ces mêmes Períàns ont retenu dans le deuil l’ancienne coutume de déchirersos habits pour marquer son affliction. Ils déchirent leur Caba , qui est une es-pèce de veste. On doit les louer dune choso tout autrement méritoire : c’estqu’ils font des aumônes pendant sopt jours de leur deuil : mais décrivons plusparticulièrement dans les termes de Chardin , ce qui so pasiè chez les Períàns de-puis la mort d’un malade juíqu’au dueil inclusivement.

,, Dès qu’un malade donne des signes de mort , on allume fur les terrasses„ du logis de petites lampes en divers endroits. C’est pour avertir les passans,

„ &

(<*) Je ne répeterai rien ici fur cet usage établi chez plusieurs Peuples anciens & modernes 5 de boire &Manger ensemble après les funérailles des morts: mais je ne fai si la vraye origine de cette coutume qui tendà une espèce de réjouissance, n’est pas sondée snr l’immortalité de l’ame, & sur l’idée qui s’est conservée danstous les siécles, d’une autre vie après celle-ci. On a pu devoir à cette même idée les pleurs répandus à knaissance des enfans ; usage connu dans les Indes & pratiqué par quelques anciens peuples d’Europe & d’Asie.l'Ugentw apud quosdam piterpcria; statique deflentur, f mer a contra fejla fmt , & v élut t sacra , cantu lufuque ce-lebrantur ; dit Pomponius Mêla c. 2. L. 2. de fit u orbis en parlant des Thraces. Il en avoir dit à peu prèsautant des EJfedons, qui sont les Tartares voisins du Palm Maotides, aujourd’hui Mer de Zabacche.

C b ) Thevenot, Chardin 6 c autres. Chardin Tome IV. p. 109. Edit. de 1755. in 4. dit que l’Ange for-dateur de la créature humaine jette un peu de terre dans la matrice au moment de la conception.

Tome V. P d d