* RELIGIEUX DES MAHOMETANS. 043
à> de ìa Terre sainte , détrempée avec de l’eaU & de Iâ gomme. Oii appelle-- Terre sainte en Perse, la terre des lieux de l’Arabie , que la dévotion Maho -,, metane a consacrés à cause des Saints qui y sont trépaílés. On peut juger coni-„ bien il fàlloit qu’il y eut de linge. . . . . .
„ Quand le corps est enseveli , on le dépose dans un lieu retiré du logis;-, ôc s’il doit être porté à quelque sépulcre éloigné , on le met dans un cer--, cueil de bois , qu on remplit de sel - de chaux , & de parfum - mêlés en-,, semble, pour le conserver. L’on n’embaume point autrement les corps en
i, Orient. On ne les vuide point , cela passe parmi eux pour une ordure,-, ôc pour une impiété. On met les morts promtement au cercueil en Perse,-, parce que l’air y étant très sec presque pat-tout, un corps mort enfle si fort-, au bout de huit ou dix heures, qu’on ne le pourroit plus enfermer dans la-, biere.
„ Les enterremeiiS de l’Ôrient se íònt communément avec peu ou point de-, pompe. Un Moïïa vient avec la biere de la Mosquée prochaine, qui est un,, méchant cercueil de trois planches grossières <k mal agencées, avec un cou--, vercle qui tourne dessus par une cheville. On met le corps là-dedans , &„ si c’est quelqu’un du commun Peuple , on l’emporte sens façon. Le corps-, est toujours porté vite, ôc comme en courant , & n’est d’ordinaire accom--, pagné que des porteurs - prononçans a mots lents ôc reposes, Alla , Alla ,3, c’est-à-dire Dieu , Dieu.
„ Quand l’enterrement est de perlònnes de condition - LL riches , on ports-, devant le corps les enseignes de la Mosquée. Oe íònt de longues piques dé-, différentes fortes - les unes ayant une main de laiton ou de cuivre au bout,-, qu’on appelle la main d’Aly ; les autres surmontées de Groissans ; les autres-, des noms de Mahammed , de se Fille, ôc de ses douze premiers légitimes Suc*-, ceíìeurs , faits comme nous saisons des chiffres de noms. Il y a toujours-, quatorze de ces enseignes ensemble 5 c’est ce qu’on appelle le train des Tchar-„ dé Majsoum , c’est-à-dire les quatorze Purs , ou Saints. Il y a encore de ces-, perches dont les fûts sont des lames de laiton , ou de fer, larges de quatre-, doigts, ôc longues de trois à quatre pieds, si fòibles que la moindre agita--, tion les fait plier. Au haut sont attachées des bandes de taffetas, qui pen--, dent tout du long. Après ces enseignes viennent cinq ou six chevaux de-, main , portant les Armes ôc le Turban du défunt. Puis vient le Si-paré >-, c’est-à-dire l’Alcoraft, en trente parties, ou sections, ce qu’ils appellent Gius--, ve , c’est-à-dire portion. On le garde ainsi en grand volume dans les prin--, cipales Mosquées. Il est écrit en lettres si grosses - que chacune est grosse-, comme le pouce. Trente Talebelme , ou Etudians, le portent en le lisent ,-, ôc il faut qu’il soit tout lu avant qu’on mette le mort dans la fosse. Si c’est-, une femme qu’on enterre - on porte au dessus de la biere le Tcharchadour ,-, c’est-à-dire, les quatre voiles , qui est un poiíle porté sor quatre longs bâtons.„ C’est-là toute la Pompe funèbre, à moins que les parens du défunt ne veuil-„ lent faire encore plus d’éclat ; auquel cas ils multiplient les choses que nousr, venons de dire.
-, Il n’y a point de gens exprès pour porter un corps mort au tombeau.-, Ses voisins, ou ses domestiques, lui rendent ce dernier devoir. La coutu-„ me est de porter le cercueil, juíqu’à ce que quelqu’un tende l’épaule j & la3 , charité Mahométane enseigne, quand on rencontre un enterrement, de por-
j, ter la biere, au moins dix pas. J’ai vu diverses fòis des gens de considéra-
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