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[Volume III.]
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248 DISSERTATION SUR LES USAGES

me tel, puiíqu’il termine ses réponses par ces mots ; Dieu sait ce qui vaut le mieux.Ricaut nous dit cependant que les (a) Cadis se conforment aussitôt à ses décisions, quepar ce moyen les procès sont terminés en fort peu de tems íâns appel, fuis dé-lai, íâns artifices j en quoi ce me semble ils valent bien mieux que nous quisommes Chrétiens. Tournes ort ajoute, que le Mufti a sous lui trois officiers, l'un pourétablir 1 état de la question 6c la débaraster de toutes les difficultés qui pourroientla rendre obseure , l’autre pour la copier , 6c le. dernier pour y apposer le ca-chet du Mufti y après qu’il y a mis fi réponse. Ce Mufti est dépendant duSouverain, qui le nomme, le choisit 6c ne craint pas de le déposer y qui n em-ployé pas une assemblée d’Ecclésiastiques pour le créer par le secours d’une lon-gue íìiite d’intrigues. A la vérité il n’y a qu’un Mufti chez les Turcs, commeil n’y a qu’un Pape chez les Chrétiens : mais cela ne suffit pas pour donner a ceMufti une autorité íâns bornes sor la çonseiencedes peuples. Il réside â Constanti-nople , 6c a sous lui les Cadifesquers , qui font l’office de Mufti chacun dansíà jurifdiction. On peut les regarder comme des Intendans de Justice. Outreles deux d’Europe Ôc d’Asie, il y en a un troisième, qui est Intendant de l’Egypte.Des Cadilefquers on tire souvent les Muftis.

Après les Cadisequers viennent les Mollas. Ce nom signifie Maître ou Sei-gneur. Les Moulas ou Mollas Tont Juges 6c Docteurs en Turquie , mais leurnom prononcé â la Barbareíque Muley , est en Afrique le titre des plusieurs Sou-verains Mahométans de cette partie du monde, 6c y signifie Roi. Befpier dansses remarques fur Ricaut dit que les Turcs appellent aussi leurs Mollas Moula-cadis tc’est-à-dire Maîtres cadis y pour marquer qu’ils sont au dessus des Cadis ordinaires.Au défaut des Moulas les Cadis décident : mais n’oublions pas ces hommes de loiou prétendus * tels, de: la race^ de Mahomet y qualifiés du titre (b) d’Emir qu’il nefaut pas confondre avec le .grand Emir des Arabes du désert, dont un Voyageur(c) dit assez- de bien,. pour- ; nous faire croire que les Arabes sont moins ce quel'on appelle (d) des Arabes en Europe , 6c sortout èn France , qu on ne se lepersuade vulgairement. Les Emirs , nous dit Ricaut , ont de très grands pri-vilèges en Turquie, où ils font qualifiés d’un titre, qui, (don Befpier y se doittraduire en François Enfans du Prophète. Cette qualité vraye ou fauíse, (e) caril s’y glisse de grands abus leur donne des distinctions particulières ; commepar exemple, de porter le turban verd : 6c il n’est permis ni de les injurier, riide les fraper, sous peine de perdre la main. Mais on élude cette défense en neles. outrageant qu’après leur avoir ôté le turban avec beaucoup de vénération 6cde re^eâ. - Ces. Emirs ont un supérieur , qui a soiis lui des gardes 6c. dés offi-ciers, : comme comme on p,eut le voir ici, ,& l’on donne, le titré d'émihentissi-me (f) à ce supérieur qui a droit de vie 6c de mort fur ìcs Emirs ...a

(a) Mot Arabequisignifie J uge,otr Jurisconsulte. . .

(k) .Emir y àssíBefpier-, est un mot quksignifie Empefeur , Prince, Capitaine, ÇómBiandaht ; 1 en unmot toute personne qui a quelque autorité sur ua autre : mais il désigne particulièrement ceux qui sontdé la race de Mahomet y auxquels on donne auflì le surnom de Chéris y qui signifie noble, & celui de Saidyou Seid , qui signifie Prince. Mor , Mitzj,, Mìr , noms usités chez les Mogols, les Tartares & les Per-sans , sont corrompus de celui d’Emir. , - ■ ; ,

(c) Voyage auCamp ;du grand Emir Sec. par La Roque.

(d) On eroit en France, dit ce Voyageur, qu’il ne faut qu’être Arabe pour n’avoir rien d’humain

que la figure. ^ ' f - ; •

.. . ($} Ricaut ti^orte que le supérieur des Emirs donne des arbres généalogiques à ceux qú!il veut favoriser.

(/) B e fp ier às ses Remarques fur Ricaut traduit le titre de Nakih Efiuref , qui est donné à ces supé-rieurs par Prince éminentiffime. .