Band 
[Volume III.]
Seite
249
JPEG-Download
 

RELIGIEUX DES MAHOMETANS. 249

Un autre Officier distingué entre les Emirs c’est ì’Alemdar , qualité que l’onnous désigne en François par celle de Porte-enseigne. Il porte (a) l’eníeio-neverte de Mahomet , lorsque le grand Seigneur paroit en public dans certaines ío-lemnités : mais ( b ) 1 ’Efendi , que la figure montre astis dans Ion étude, mérite bienmieux que Ì’Alemdar d’être mis entre les Ministres de la Religion & de la loi,de même que les (c) Muezims z ne fut ce qu a cause qu’ils appellent à la priè-re, 8c qu’ils le font avec un peu plus de relief chez les Musulmans , que ceuxqui sonnent la cloche chez nous &: ouvrent les portes de î’Eglise aux fidelles.D’ailleurs ces Muezims deviennent Imams , ou Prêtres de Paroisse , 8c c’est entreles Muezims qu’on choisit ordinairement les Imams ; tandis que chez nous lessonneurs restent sonneurs , les portiers restent portiers. Entre les qualités re-quises pour être Imam il faut une conduite irréprochable , 8c sevoir lire ì’Alco-ran. Celui qui aípire a cette charge est présenté au premier Vizir par les Mu-sulmans de la Paroisse vacante, comme très digne de remplir la Cure; 8c pourtout examen le Vizir lui ordonne de lire quelques versets de 1 ’Alcoran. C’est encela seulement que consiste l’Election de ce Prêtre ou Curé Mahométan. Son ca-ractère n’est nullement inedelehile , 8c íà Prêtrise établie par si peu de chose neì’empêche pas de redevenir Laïque 8c de perdre sens la moindre formalité cettequalité de Prêtre , a laquelle on ne touche pas impunément dans la plupartdes Sectes du Christianisme.

La charge à’Imam consiste d’abord à appeller le peuple aux prières, mais le ministè-re de ces Curés consiste principalement à guider la dévotion du peuple aux heurespreserites 8c à faire tout haut la prière. Tous les vendredis Y Imam doit lire des senten-ces 8c des versets de 1 ’Alcoran. Il prêche austì ; mais il appartient íùrtout á ceux qu’onappelle (d) Hodgias de faire cette fonction & principalement dans les Fêtes solemnel-les. Ces Hodgias sont en même tems Docteurs, Prédicateurs & Juriseonfultes. LeMahometisme confond tout cela, parce qu’il n’y a point de distinction, commechez nous, entre l’Eglise 8c l’Etat, point de féparation du spirituel 8c du temporel.

Les Persens ont eu austì leur grand Pontife que Chardin (e) appelle Sedre ,d’un (f) mot Arabe, dit-il, qui jignìfe a la lettre la partie intérieure du corps 8cla poitrine : mais l’usege l’a consecré pour ce Pontife , 8c il marque son excel-lence 8c se dignité. Le Sedre chez les Persens tenoit le rang qu’occupe le Muftichez les Turcs. Il a été regardé comme le juge soprême des affaires Ecclésiasti-ques 8c des matières qui intéressent l’Eglise Persane. Son autorité s’est étenduesor toutes les causes civiles, qui pouvoient avoir le moindre raport au spirituel.Il a eu inspection fur tous les biens consecrés au culte de la Religion 8c a

l’en-

(а) Elle est différente de toutes les enseignes que l’on a représentées dans YEtat militaire de Y Empire Ot-toman par le Comte de Marfigli. On a rassemblé ici d’après cet Auteur les différentes enseignes des Turcs,& l’on a observé de rétablir en quelques unes le Croissant que le graveur avoir obmis par inadvertenceou par ignorance. A l’égard de Y Enseigne verte , que quelques Auteurs prétendent être pyramidale, monintention étoit de la placer ici ; & il est certain qu’elle y convenoit beaucoup mieux que des Enseignesmilitaires ; mais comme les descriptions des Voyageurs varient & pour la forme & pour la couleur j jeme contenterai de dire qu’elle a pour devise ces trois mots Arabes, Nazrum min-Allah , c’est-à-dire Y aide ,ou le secours vient de Dieu.

(б) Efendi est un mot corrompu du Grec authentes , qu® ( les Grecs modernes prononcent aphentes & lesTurcs Efendi. Chez les uns & chez les autres ce mot lignifie Maître & les Turcs rappliquent aux gensd’étude. Voilà ce que nous dit Bejpier dans ses notes fur Ricaut.

(c) Moved-dins ou Movez^ins; autre mot Arabe qui signifie crieur public , c’est Bejpier qui le dit, & jele copie encore ici. Ils annoncent du haut des Minarets l'heure de la priere au peuple.

(d) Thevenot ubi fup.

ÒÓ Chardin ubi fup. tom. 5. p. 397.

(f) Ce mot a beaucoup de raport à celui de Sudra , qui désigne l’habillement du grand Pontife des Ma-ges. Voy. tome 2. des Cérémonies Idolâtres p. 27. de la Dissertation fur la Religion des Perses.

Tome V. Rrr