RELIGIEUX DES MAHOMETANS. 251
Perse son. Cheìk-el-lflam : mais cette autorité fí absolue du Monarque ne matì-queroic pas d etre exposee a toute Ja violence d’un tek licentieux ôc áux cabalesdes dévots, si dés la plus tendre enfance on nc prenoit soin d’inípirer aux peu-ples un respect: aveugle pour le Souverain, une soumission fins bornes á ion bonplaisir ôc une résignation á íà volonté, qui est fondée íìxr la Religion* Tous lesOrientaux sont comme les Mahométans, généralement imbus de cette maxime, quequi dit un Roi dit un arbitre absolu du bonheur , de la fortune ôc des biensdes sujets.
Il est bien juste de mettre les Moines du Mahomettsmé âu rang dès Ecclésias-tiques. Comme chez nous on y en voit de différens ordres, entre lesquels leSuns résident dans des monastères ôc les- autres fè retirent dans les íòlitudes écar-tées pour y vivre plus regulierement, s’il est possible, que les gens du monde 5privés des plaisirs des sens, exemts des paillons humaines, ennemis des cabalesÔc des intrigues ; a peu près íàns comparaison comme les nôtres dans le seindu Christianisme. Il semble auísi que le terme de (a) Dervis est généralementaffecté aux Religieux Mahométans ôc qu’il revient à celui de Moine , qui en Françoisest collectif, ôc renferme tout ce qui s’appelle Religieux. Quoiqu’il en soit on nous as-sure que Dervis dans íà signification primitive signifie en language Persan un (h) hommef amre , ôc le représente tel à l’eíprit; comme autrefois qui disoit en Grec un Moi-ne présentoir auífitôt Tidée d un homme qui fait profession d etre seul , c’est-à-dire détaché du monde, isolé en quelque maniéré au milieu du genre humain,pour ne s appliquer qu’à la pieté. Mais aujourd’hui personne n’ignore que nien Orient, ni en Occident ces termes ne se prennent plus à la lettre, ôc qu’ilseut les mettre au rang de tant d’autres, qui bien loin d etre conformes à leursignification primitive, donnent à peu près des idées toutes différentes. Les Der-vis Mahométans ont cependant un grand avantage sor les notres; c’est qu ils peuvent semarier quand l’envie leur en prend , ôc cette liberté est fondée sor une maximetrès raisonnable (c ), c’est que la tête de l’homme est trop legere (d) pour resteslongtems dans la même diíposition.
Le nom de Dervis est particulièrement appliqué aux (e) Mevelavites. Leurrègle est d’être patiens, humbles (f ) retenus , charitables. Ils doivent obser-ver j
(a) Voy. d ‘Herbeloi Biblíoth. Orient, au mot Defvìjche. Fakir en Arabe signifie la mêmç choie queDervifche en Turc & en Persan. On remarque dans le même article „ que les Ordres Religieux du,, hometijme , tels qu’on les voit aujourd’hui, ne sont pas d’ancienne institution} que leur première origirs, ne ne va pas au delà du régné de Najfet le Samanide Ce Calife , qui vivoit au commencement dutroisième siécle de l’Hegire , commença par fa ratraite dans un Oratoire , la fondation des Ordres Reli-gieux du Mahometifme. D'Herbelot nous dit aussi dans l’article que je viens de citer » & qui contientdes remarques savantes & curieuses, que selon les véritables principes du Musulmanifme , la vie monasti-que est défendue; & par une tradition citée au titre Rohban , qui signifie des hommes qui craignent Dieu ,tels que font, ou que doivent être les Moines (Mahométans) il est dit qu’il n’y a poiat de Profession Monastiquedans le Mufulmanifme. Les Sosts ou Soufis de Perse sont à peu près les mêmes que les Dervis ou Dervi-fihes 8cc.
(L) Pietro de la Valle tome prem. de ses Voyages Ed. 1 r. en Italien, dit que le terme de Dervis signifiemétaphoriquement un homme doux, paisible, de bonnes moeurs ; tel enfin qu’un Religieux doit être.
(e) Tournefort Voyages &c. Lettre XIV.
{d) On leur permet d’autant plus facilement de rompre leur célibat » que les Mahométans en généralestiment fort peu les hommes qui ne font point d’enfans : & pour cette raison , ajoute Tournefort dontj'emprunte ici les termes, les Turcs ne permettent point aux Dervis d’avoir beaucoup de Couvens.
(e) Mevelava , dit Befpier dans ses Remarques fur Ricaut , est corrompu de Mewlana, terme commun àtous ceux qui ont quelque commandement fur les autres, surtout en matière de Religion. Tournefort ap-pelle ces Dervis Melelavis du nom d’un Sultan de Cugna appelle Melelava.
(f) -Du moins ils paroissiens tels , nous dit-on , devant leurs Supérieurs, & devant les étrangers; maisailleurs, nous dit encore Tournefort , ils ne paroissiens pas si modestes. Ils sont grands buveurs d’eau de
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