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[Volume III.]
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RELIGIEUX DES MAHOMETANS. 259

Tourne fort , est différent du’ notre en ce qu’il est absolument défendu durant toutle cours de la Lune de Rhamadan de manger , de boire , ni de mettre aucunechoie dans la bouche , pas même de fumer depuis que le soleil íè leve juíquace qu’il soit couché. En récompensé tant que la nuit dure , on peut mangerôc boire sons distinction de viande ni de boisson ; excepté le vin , ajoute-t-il,LL c’est ce que T hevenot , Lc plusieurs autres nous avoient dit avant lui. LaLoi ordonnoit autrefois de veríèr du plomb fondu dans le gosier de ceux quifêroient surpris buvant du vin, ou décelés comme coupables d’en avoir bu.

J’indiquerai les ^principales Fêtes des Persons. Ils en ont qui leur sont communesavec les autres Mahométans , 6c ils en ont-aussi qui leur sont particulières. Maisfélon Chardin (a) ils n en observent que trois , qui sont suivant eux véritable-ment religieuses ; le lendemain de leurs carême , le Sacrifice d’Abraham & leMartyre des fils d 'Aly le grand Prophète des Persons. A ces trois. Fêtes Reli-gieuses il en faut ajouter une civile, sovoir celle du nouvel an, qui ordinairement- dure trois jours ; mais ; continue le même Chardin , a la Gourde Perse elle durequelquefois huit jours. On 1 annonce le premier du mois de Zilhajé ( Dulhag -gia) au moment que le Soleil entre dans le signe du Relier ; mais on l’appelle lenouvel an Royale ou Impérial , pour le distinguer du vrai nouvel an , qui selonl’Epoque des Perses modernes commence le jour que Mahomet senfuit de laMecque. Je renvoyé pour le reste du détail a ce Voyageur qu’il me paroit fortinutile de copier en cette occasion. Je me contente de dire que cette fête ayantété longtems oubliée , la politique & un prétendu rafinement (h) de la super-stition , ou des vues intéressées de quelques Astrologues accrédités a la Cour lafirent rétablir, pour être, disoient-ils, d’un meilleur augure dans un commence-ment d’année solaire, que ne letoient les dix premiers jours de Moharram, quicommence l’année Lunaire. Ces dix premiers jours de Moharram sont des joursde deuil consacrés a célébrer le Martyre des Ensons d 'Aly.

La Fête des ensons d 'Aly est plus particulièrement connue sous le nom deFête à'Hussein ou Hofein, qui étoit fils d 'Aly 6c âe Fatimé fille de Mahomet. CeHofsein fur tue dans une bataille qu’il perdit en combatant pour le Califat , 6cson frere Ha sein périt avec lui dans la même guerre. C’est la perte de cesdeux Prophètes ou Héros Mahométans que pleurent avec toute i’aparence dunevéritable douleur ceux qu’on voit dans cette estampe désolés 6c éperdus • lesuns presque nuds , barbouillés de song, pour marquer la mort tragique deces Héros ; les autres barbouillés de noir pour représenter l’extrême chaleur 6cla soif que souffrit Hofein. Elles furent si violentes , dit la Legende Persa-ne , qu’il en devint noir, 6c que même ia langue lui sortoit de la bouche : 6ce’est pour cela aussi que plusieurs des dévots qui pleurent ces Ensons d 'Aly ontgrand son de tirer la langue autant qu’il leur est possible, afin de mieux expri-mer la triste situation de ces deux freres. A un geste si expressif, si religieuxse joignent des contorsions, des roulemens d'yeux. Dans les intervales de cespieuses convulsions ils crient de toute leur force en courant les rues, Hussein , Haf-fein , Hafein , Hussein. Ces clameurs religieuses en pourroient bien valoir d’au-tresj mais indiquons tout simplement le raport quelles peuvent avoir avec la maniéré7 dont les Syriens 6c les Phéniciens peuples assez voisins de la Perse, ont pleuré autrefois

leur

(4) Voyage &c. tom. prem. p. 230- Edit. de 173$.Voy. Ibid. p. 240.

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