2Óo DISSERTATION SUR LES USAGES
(a) leur Adonis ; en quoi ils furent imités par les Grecs, qui reçurent des Phéni-niciens dont ils étoient colonies, le culte de ce Héros libertin , ôc la plus gran-de partie de leur Religion.
(b) Thevenot a remarqué quelques autres extravagances pratiquées par les dé-vots Persans pendant cette Fête , je fuis obligé de les raporter pour acheverl’explication de la figure. On trouve parmi le Peuple Persan des dévots à cesdeux Saints, qui s’enterrent par dévotion juíqu’au cou, ôc l'on y en voit auffiqui restent une journée entiere dans cet état la tête couverte d’un pot de terre.XVlais un des plus grands ornemens de cette fête , & dans lequel on ne remar-que pas moins de ridicule & de folie que dans le reste , consiste en différentesproceffions mysterieuíè. Les dévots armés, leurs étendars , leurs tambours ôctout l'apareil militaire de la procession représentent la guerre où périt Hoffein.Pour les chassés portées par d’autres dévots, sor lesquelles on voit la représenta-tion de ce Saint, elles n’ont pas besoin d’explication , non plus que les désor-dres ôc les réjouissances qui íè mêlent enfin a la tristesse que la mort tragiquedu Saint avoit si généralement excitée. La joie succédé partout a la tristesse re-ligieuse : mais quoi qu’il en soit, on fera toujours moins surpris de voir danserÔc sauter follement autour d’une Chasse d’Hofiein , ôc terminer cette espèce de tragé-die par d’autres excès, qu’on ne doit l'être des mascarades ôc des débauches qui ac-compagnent en plusieurs endroits les principaux mystères du Christianisme, qu’ilsemble que l’on veuille mettre par de tels abus au niveau de ceux des autres Religions.
Cette Fête des Enfans d ’Aly est accompagnée d’une autre dévotion qui a sessingularités, c’est la prédication des mystères de leur mort. ,, Un Soufi 3 nous„ ait Chardin , ôc ce Souji est une espèce de dévot qui sait ípiritualiíer la Reli-,, gion juíqu’à l’exstaíè , commence par entretenir le peuple fur le sujet de la„ Fête, jusqu a ce que le prédicateur vienne, qui commence son action par la„ lecture d’un chapitre du livre intitulé Elkatel , c’est-à-dire l’occision. Ce li-„ vre contient en dix Chapitres la vie ôc la mort d 'Hoffein , pour les dix jours,, de íà fête. Il prêche deux heures sor ce sojet, ôc met tout en oeuvre pour„ faire pleurer les dévots Les femmes íè signalent en cette occasion en sofoapant la poitrine avec des ris ôc des lamentations, qui portent l’imitation plu-tôt que la Religion dans le cœur des autres dévots Ôc des devotes. Et c’est-làle fruit de cet acte , qui vraisemblablement ne fait pas beaucoup de sincèresconversions parmi les Persans : car il est comme démontré par l’expérience, quecette sorte de tendresse religieuse est une passion qui íè termine avec le sermon, pourlaisser un cours libre à d’autres passions.
A cette Fête soccéde quarante jours après celle de la tête d 'Hoffein , qui íè re-joignit miraculeusement au corps du Saint. On célébré aussi la mort d ’Alyavec beaucoup de solemnité.
J’ai parle de la Fête du Sacrifice d'Abraham. Cette Fête est une des plusdistinguées d u Mahometisme j car les Turcs la chomment aussi sous un nom queChardin traduit (c) la grande Fête , mais il est comme inutile de donner tantde descriptions de Fêtes à la file les unes des autres. Ainsi je renvoyé à Char-din ôc autres au sojet de cette fête , de celle de la mort d’Adam , de celle
du
(a) Thctmmuz, , qui selon les uns est Adonis, & selon les autres OJìrls , que les Egyptiens pleuraientauffi : fur quoi l’on peut voir Selden. Cap. XI. Syntag. 2. de Dits Sj/ris Sc Bckms dans ses additions.
(b) Voyages &c. L. IL Ch. 13. du tome 3. Edit. de iyry.
(c) Bebnl Bœjrram, ,