Band 
[Volume III.]
Seite
274
JPEG-Download
 

I

\

274 DISSERTATION SUR LES SECTES

attribue figurément à Dieu-, tant ies corporels, comme {'action de monter, dedescendre, d’être aífis &c. que ceux de i’ame , comme les pallions, se mettreen colère , être jaloux ôte. 3. Les Keramiens ne s’en tiennent pas á la íìmplereíìembiance : ils veulent cjue Dieu íoit un corps , mais en même tems ils a-vouent que ce corps est: existant par soi-même. Les uns íè le repréíentent fini,palpable, visible ; les autres si semblable au notre qu’il est même compose dechair ôt de seng. Il y auroit bien d’autres absurdités a remarquer dans ces dogmes ;mais je les suprime, (a) parce qu elles ennuyeroient sens instruire. 4.. Les Giaba-fiens , comme on la vêt ci-deíTus (b) ôtent toute liberté d’agir a l’homme, ôt lesoumettent à une nécessité inévitable. Cette branche est encore subdivisee enGiabariens rigides , ôt en Giabariens modérés. Ceux-ci accordent quelque pouvoird’agir à l’homme , mais tel cependant qu’ií n’ait aucune influence sor l’opéra-tion. Les sobtilités que l’on avance sor cette matière sont a peu près incom-préhensibles. La conséquence de la dépendance absolue de l’homme étoit queDieu , sens être injuste, pouvoit seuver également tous les hommes , les mé-dians dans leur méchanceté, comme ies bons dans leur bonté ; ôt de même lesdamner également , sens aucun égard pour la vertu des gens de bien. 5. LesMorgiens. Je renvoyé à (c) ce qui en a été ait ci-deíkis.

Les Charejites , dont on traduit le nom par (d) celui de rebelle , apostat , ourévolté , sont en génçral ceux qui se separent ôt renoncent au Chef légitime,reconnu tel dans l’Ëtat. Douze mille hommes qui se révoltèrent contre Aly enTannée 37. de 1 ’Hegire , (e) à cause qu’il s’étoit soumis a être dcpose du Khali-fat , furent les premiers qualifiés du surnom de Charegites : le motif de leur ré-volté fut que Ton avoit remis a des hommes la décision dune affaire de Reli-gion, qui n’apartenoit qu’à Dieu. On voit par là le premier article de Thére-íìe prétendue de ces Schismatiques. Il y en avoit d’autres qui concernoient lesraisons pour leíquelles 011 pouvoit déposer T Imam , celles qui permettoient de luiobéir, celles {f) qui montroient qu’il étoit poísible ôt permis de se palferd’Imam,c’est-à-dire de Chef dans la Religion Ôte. On compte six ou sept Sectes ou subdivisionsde ces Schiímatiques : mais comme leurs noms intérefferoient fort peu nos lecteurs, jene parlerai que des Waidiens ou (g) Waidites. On nous dit que le nom de Waidites vientdu (h) mot Arabe Waìd , par lequel on désigne les menaces que. Dieu fait aux pécheurs.Ces Waidites sont directement opofés de sentimens aux Morgites ou Morgiens 3 car ilsenseignent que celui qui a commis un grand péché est insidelle ôt apostat , Ôtqu’un tel pécheur est damné éternellement. Un d’entre eux portoit la décision sorles péchés à cet excès que Ton a reproché autrefois aux Stoïciens, en soutenantqu’un homme qui a dérobé un seul grain de blé est un apostat ôt un réprouvé.

Les Schistes font les véritables Sectateurs à’Aly. Ce nom odieux, dit un sevant (i)

leur

(a) On peut les voir dans Pocokjt d’Herbelot , Maracci &c. M. Sale les a presque toutes rassembléesubi s u p. Sect. VIII.

(£) Voy. ubi sup. page 270.

(c) Voy. ubi sup. page 271. '

U) Voy. Pocock. ubi sup. p. 269.

(e) Le Califat étoit en dispute entre yîly & Muhavìa. Voy. l’article d ’jíIj dans d’Herbelot phi sup.

(f) Fieri fotest ut uullus omnìnoJit ìn mundo antìfies &c. Voy. la citation dans Pocock ubi sup. p. 271*

(f) B e Jpi er dans ses notes fur Ricaut avoue de bonne foi qu’il ne connoit pas ces Waidites. Cette sincé-rité est tres louable ; mais aujourd’hui elle est fort peu à la mode.

(h) Pocock ubi sup. p. 2)6. & M. Sale ubi sup. après lui.

(i) D’Herklot à l’article d ’Jly. II dérive ce mot de Scija , qui signifie, dit-il, une Secte méprisable& réprouvée.