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[Volume III.]
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DU MAHOMETISME. 275

leur a été donné par les Soumîtes , qui sont leurs ennemis jurés. Tout le Maho-metisme ancien & moderne forme deux corps irréconciliables l’un de Sonnites ,l’autre de Schijtes. Le premier comprend les T ures, les Arabes &c. l’autre lesPersans & les Indiens. Ils íë détestent, s’anatématiíènt, ■ se damnent réciproque-ment, & c’est de quoi je raporterai un monument remarquable , qui prouveque le défaut de tolérance & de charité est comme essentiel à tous les partis :Mais avant que d’en venir la raportons en peu de mots quelques particularitésassez curieuses touchant ces Schijtes. Le Schiisme a seize branches ou subdivisionsfélon le P. Maracci (a) , qui rapporte exactement leurs noms & leurs différensdogmes. Dans les subdivisions de ce savant Religieux on trouve des Schijtesdemi-Chrétiens, d’autres Athées, d’autres demi-Stoïciens, Le Pharisiens. On ytrouve aussi des Pythagoriciens, des Sabéens, une Secte toute composée de dé-bauchés , une autre composée de Pyrrhoniens, & une autre enfin de contemplatifs Led’illuminés. Cette énumération de dogmes Le de íèntimens dangereux est exacte,ou ne lest pas. Les mémoires employés par le P. Maracci peuvent avoir étéfournis par des ignorans,' ou par des gens de mauvaise foi ; mais quoi qu’il ensoit, j'ai donné au lecteur une idée du catalogue du P. Maracci. Donnons enune autre de cette Secte, félon M. Sale , qui doit íës mémoires à Pocock & àd ’Herbelot.

Il y a cinq principales Sectes de Schijtes ; mais les branches du Schiisme font íînombreuíës qu’on peut bien (h) leur appliquer (félon les Sonnites) la prétendueProphétie de Mahomet. Les Schijtes croyent (c) que la Prophétie & la qualitéde Calife & de successeur de Mahomet sont tellement attachées á la postérité d’A-ly , qu’on ne pourroit les leur ôter fans injustice pour les déférer a un autre, ilscroyent aussi que ce Chef doit être aussi soigneux d eviter les péchés, le moinsimportans, qu’il lest de s’abstenir des plus grands j que cette charge de Chef & desuccesseur doit être regardée comme un des plus fermes apuis de la foi ; qu ondoit íë déclarer fans aucun déguisement dans les affaires de Religion , & témoi-gner hardiment par íës paroles & par íës faits si l’on est pour ou contre un parti,ou une opinion &c. Voilà les points les plus généraux du Schiisme ; mais dans le détailil y en avoit entre les Schijtes qui íòutenoient des opinions très absurdes, & quelquesuns même qui en avoient de très dangereuses : par exemple certains Khattaliéns íòute-noient que le Paradis & l’Enfer 11’étoient autre chose que les plaisirs & les peines de çemonde, lequel ne devoir jamais périr. Ce principe autorisent chez eux toutes fortes dedébauches. J’ai parlé de ces Schijtes de Perse, qui portoient à des excès crimi-nels leur vénération pour Aly. Entre ces Schijtes ceux qu’on nomme Gholaitesfaisoient de leurs Imams des Etres supérieurs à la Créature, osent même leur atrtribuer des qualités qui n’étoient dûes qu’à Dieu, dont ils faiíòient d autre côtéun Etre absolument corporel. C’est ainsi qu’un de ces Gholaites disoit à’Aly , Tues toi *, ce qui revient preíqu’aux termes que Dieu employé dans Moïse pourexprimer la sublimité de son Essence. Ils croyoiént une eípéce de metemfychose,ou pour mieux dire, une transmigration du S. Esprit d’un Prophète à Tautre, ou-tre cela ils parloient d’une descente de Dieu {d) dans toutes les Créatures j par òu

ils

(a) Maracci ubi sup. p. 85 & 86.

(b) M. Sale ubi s u p. Sect. VIII. -

(c) Abul-fbaraï de morib. Arab. p. 25. Sc son commentateur Pococì^ p. zSi.

(<s) Voyage d ’Herhelot article ò!Hakem. II croit que ces opinions reviennent à la Sekìnah des DocteursJuifs. Ce mot de Sekìnah désigne le S. Esprit. Par ce mot qui signifie repos, ces Docteurs entendentle passage du S. Esprit d’un Prophète à l’autre, & le repos qu’il s’y établit pour l’tnspirer Scc>

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