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mes, Princes, Rois &c. Cet imposteur succomba comme les précedens : ôcpour faire accroire à ses disciples qu’il n’étoit pas mort, mais qu il avoir seule-ment disparu pour leur aller chercher du secours ; loríqu’il se vit réduit à l'extré-mité par ses ennemis, il se jetta dans une cuve pleine d'eau forte, où tout soncorps fut consumé à la réserve des cheveux que l’on trouva nageant fur cetteeau, Cet évenement est si semblable a ce que l'on a (a) dit à'Empedocìes , qu’ilsemble que l’un a été fait fur le modele de l’autre ; mais après tout, si dans tousles siécles la sagesse ôc la vertu ont pu produire les mêmes idées, la folie ôc l’er-reur ont eu le même privilège. On assure que cette Secte d ’Hakem fubsistoitplus de cinq cens ans après íà mort. L’Imposteur avoir si bien persoadé à sesSectateurs qu’ils dévoient compter sor la certitude de son retour par la vertu decette transmigration dont j’ai parlé , ôc qu’il reviendroit infailliblement dansle monde fous la forme d’un vieillard , monté sor un cheval gris , pour con-quérir toute la terre ôc la soumettre á íà nouvelle Religion , qu’il n’est nulle-ment étonnant qu'un tel fanatisme ait duré des siécles. A-1-on vu de moin-dres prodiges dans la Chrétienté pendant ces siécles que nous appelions téné-breux ì ôc même depuis ces siécles le fanatisme n’est-il pas ressuscité sous diversesformes en plusieurs endroits de l’Europe ?
Un certain Babel, qui vivoit au commencement du second siécle de l’Hegi-re se rendit alors chef de parti, „ Il fàisoit (b) procession ouverte d’impieté,j, n’étant attaché à aucune Religion, ou Secte de toutes celles qui étoient con*„ nues alors en Asie „ mais comme on ajoute que cet Imposteur fut sor-nommé ( c ) le Professeur ou TAuteur de la Religion joyeuse 5 il se peut fort bienque íà Religion ait uniquement consisté en un Epicurifme grossier ôccharnel.
Quelques tems après Babel, Mahmoud-ben-faray , c'est-à-dire fils de Faray ouParage , voulut passer pour Moïse ressuscité. Son fanatisme dura fort peu niaisun certain Carmath , qui vint sor les rangs vers la fin du même siécle, attaqua plussubtilement les fondemens du Mahometisme, (d) Il commença de s’accréditer parline maniéré de vivre austère , ôc par l’exercice presque continuel de la pricre jordonnant a ses Sectateurs de prier cinquante fois par jour, au lieu que le Mu-sulmanisme reduisoit cet exercice à cinq fois. Il y a apârence que la Secte de cesCarmathiens avoir du raport avec quelques contemplatifs de nos jours, puis qu’ilsnégligeoient comme ceux-ci, les occupations ordinaires de la vie pour ne Rap-pliquer qu’à prier. Quoi qu’il en soit, de si, belles aparences de dévotion firentdes Sectateurs à Carmath : {e) ôc quand il connut que íà doctrine pouvoir s eten*dre ôc fructifier , il choisit douze de ses principaux disciples, qu’il appella sesApôtres, auxquels il donna la direction de íà nouvelle Religion : mais le gou-verneur de la Province où Carmath dogmatisent fit emprisonner cet imposteurdont l’hypocrisie n’avoit d’autre but que de débaucher les peuples de leur travailpour s’en faire des Sectateurs. Carmath échapa par le moyen d’une jeune fillequi s’intéreílà pour lui. De quelque maniéré que ce soit n’importe , il sostst
que
(a) L’histoire vraye ôu fausse de ce Poëte Philosophe est sï connue, qu*il est inutile de la raporter ici. 1
(b) Voy. d ’Herbelot ubi sup, article de Babek. J’employe les propres termes de ce savant Lexicographe.’
(c) C’est , nous dit-on , ce que signifie en Langue Persanes Horrrni , ou selon la force de Yffetb desHébreux, Chorremi.
(d) Voy. ò!Herbelot à l’article de Carmath.
(e) Tout ce qui fuit est pris dans la Sect. VIII. de M. Sale ubi sup, p. 184. Sc i8;.
Tome V. Aaaa