282 DISSERTATION SUR LES SECTES
„ crimes, ses sujets de quelque condition qu’ils íbyent ne sont guére de scrupule„ de l’imiter.
„ Vous rejettes le Chap. de la (a) Couverture dans 1 ’Alcoran , comme s’ii„ n’étoit pas autentique. Vous faites la même cho{e des versets, qui nous ont,, été révélés à cause de sointe (b) Aisché.
„ A ÌAbdejì ou lavement , vous croyez qu’il n’est pas ordonné par la loi de„ laver le pied nu, mais feulement de larroser légèrement par dessus.
. „ Vous ne coupés jamais les moustaches de votre barbe, & vous vous contem„ tés de raser le poil du menton, qui est l’ornement de l'homme, & qui lui} j donne de lâ majesté : vous lui donnés auísi telle forme qu il vous plaît.
„ Au lieu que vous ne devriés employer le vert , qui est la couleur de laj, bannière de Mahomet , qu’à parer les plus nobles parties du corps, vous vous„ en servés à vos souliers & a vos chausses, comme pour témoigner par la le„ peu de cas que vous faites du Prophète , 6c le peu de vénération que vous„ ' avez pour lui.
„ Vous buvez du (c) vin sons aucun sorupule de consoiencé, quoi qu’il soit„ en abomination aux véritables observateurs de la loi, & dans les viandes vous„ ne faites aucune distinction (d) du pur & de simpur , & mangés de tout in-
différemment. Si je voulois parler des soixante Le dix articles dans lesquelsj, vous errés , & sor lesquels vous avez des sentimens tout a soit pernicieux,„ je se rois obligé de faire un volume de cet écrit , 6c je m ecarterois de mon„ dessein, qui est la brièveté. .
,, Vous avez une coutume détestable , c est que vous permettes que plu?„ sieurs hommes ayent affaire avec une (e) même femme. A qui de tous ceux-„ là doit appartenir le fruit de ces infâmes embrassemens? Quel livre ou quel-„ le loi avez-vous, ou quel exemple trouvés-vous parmi les autres nations qui„ autorisent une coutume si abominable 6c si contraire à la nature ? Quellej, bonne qualité peuvent avoir des ensons qui tirent leur origine de cës pères ?,, On ne doit pas s’étonner après cela si on ne trouve personne parmi vous qui„ soit digne du caractère de Prêtre ou de Juge. ■
„ Mais pouvez-vous être si peu raisonnables que de dire , que les prières„ qui se sont en public dans les Mosquées ne sont pas nécessaires ì Mahomet
» mê-
(a) On doit lire la remarque de Bespìer touchant cette imputation ou fausse , ou douteuse. Le Charpitre de la couverture porte pour titre dans 1 a version Aogloise de M. Sale le Chapitre de l'Engloutissement ,Overwhelming. Ce terme est également Vépithete du jour du jugement & de l’Enfer. Cela n’empêche pasqu’on ne puisse traduite auffi le terme Arabe par celui de Couverture , ou qui couvre. Voy. le P. Maraccidans une note fur ce Chapitre.
(b) Une des femmes de Mahomet.
(c) Il est bien vrai que l’usage du vin est plus toléré chez les Persans. Cependant la défense subsisteégalement chez les Persans comme chez les Turcs, en vertu des ordres de Yjílcoran.
(d) Cette imputation est encore fausse. Voy. dans Chardin ubi sup. p. ioi & 102. du tome 4. Ed. in4. de 1735. un article qui contient la distinction des choses qui souillent le fidelie Mahométan; comme lecochon &c.
(e) Si cette accusation tombe sur l'usage que l’on fait en Perse dès femmes publiques, on répondra quecet usage est permis chez les Turcs de même que chez les Persans. Si elle tombe fur l’usage de prendre desfemmes a louage , il est permis ou toléré en Turquie comme en Perse & dans les Indes &c. Les Euro-péans s’y accommodent fort bien de ces mariages, quelque contraires qu’ils soyent aux Loix du Christia-nisme : & cela s’appelle entre eux se marier alla carta , parce que par la promesse passée par écrit de-vant le Juge on s’oblige envers la femme de la garder tant de tems moyennant la somme convenue. Voi-ci selon Befpier , un passage pris de ì’udmhaffkde de Figueroa en Perfì , qui pourroit montrer fur quoi lereproche du Mufti s íi fonde. „ Les gens du commun souffrent que leurs femmes fassent le métier de„ courtisanes , qui font celles que Von volt ordinairement danser & chanter aux festins .... 8 c aux„ assemblées de ceux qui les veulent payer &c.