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[Volume III.]
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288 DISSERTATION SUR LES SECTES

,, Il y a parmi les Mahométans (a) une eípéce de Sabéens , qui imaginentje ne íai quoi de divin dans lc Soleil & dans la Lune , à cause des influen-ces que ces deux Astres épandent fur toutes les créatures. Il y a quelquesAstrologues & des Médecins de cette Secte à Constantinople {h) maisdans la Medie & dans la Province des Parthes ils sont en grand nombre. Leshommes adorent ordinairement le Soleil, & les femmes la Lune , quelquesautres ont de la vénération pour l’Etoile du Pôle Arctique. Ces Sabéens nesont pas fort austères dans leur maniéré de vivre , ni fort attachés aux céré-monies de leur Religion, mais leur conduite est fort sege & fort reglée. Ilsne sont pas trop persuadés de l’immortalité de l’ame , ni des peines ou desrécompenses de l’autre vie. Ils sont peu portés à chercher la vengeance desinjures òc des outrages qu’on leur peut faire, parce qu’ils regardent tout celacomme des effets naturels des influences ceiestes , Lc n’en sont pas plus irri-tés , que nous sommes lors que nous sentons une grofle pluye tomber sornous, ou lors que i’ardeur excessive du Soleil nous brûle pendant le Solsticed’Eté.

„ Les Munajtchites font une Secte purement Pythagoricienne. Ils cróyent lamétempíychose ou la transmigration des âmes; il s en trouve quelques-uns aConstantinople.

„ La Secte des Eschrakites , c’est-à-dire des Illuminés , est purement Platoni-cienne (c). Ceux qui en font profession s’attachent fort à la contemplationde l’idée de la Divinité , & des nombres qui íont en Dieu. Car quoi qu’ilstiennent l unité de Dieu, ils ne laiísent pas d’admettre auflì la Trinité, com-me un nombre procédant de l’unité. Ils expliquent cette pensée par ['exem-ple de trois plis dans un mouchoir, qui peut prendre le nom de trois, maisqui ne fait qu’une seule piéce de toile , lors qu’il est étendu. Ceux-là nesont pas grands admirateurs de ì’Alcoran , ils se servent seulement dc ce qu’ilsy trouvent de conforme à leurs principes, asm de les confirmer par-là; maisils rejettent le reste, comme s’il étoit aboli. Comme ils croyent que la con-templation de la Majesté de Dieu fait le souverain bien de ['homme, ils mé-prisent. les rêveries Lc les imaginations grossières de Mahomet , touchant lesdélices du Paradis. Tous les Schecs , Lc tous les habiles Prédicateurs desMosquées Royales sont de cette Secte, Ils sont fort assidus dans leurs dévo-sobres dans leurs repas, de bonne humeur Lc agréables dans leur con-

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veríàtion. Ils aiment fort la musique, se mêlent un peu de Poésie, Lc com-posent des (d) Poèmes pour instruire leur auditoire. Ils sont auflì très-géne-reux, Lc compatiflént extrêmement à la miscre des hommes. Ils ne sont nî: -avares, ni austères, ni admirateurs d’eux-mêmes. G’est pourquoi leur con-versation est fort recherchée à Constantinople. Ils prennent grand plaisir àvoir de jeûnes gens bien faits Lc spirituels, Lc de là ils prennent sujet de s’é-lever à la contemplation de la beauté Lc de la perfection de Dieu. Ils ontauflì beaucoup de charité pour leurs prochains, parce, disent-ils, qu’ils sontles créatures de Dieu. Ib choisissent autant qu’ils peuvent des Ecoliers bien; — - - - - .. 33 faits,

1 í (íf) Voy. Bespier dans une note fur Ricaut , & le P. Maracci ubi sup. p. 8<S. 1(b} Ici Ricaut , confond les Atcdi-Sabéens avec les véritables Sabéens .

(c) Ou plutôt Pythagoricienne , comme le dit fort bien le P. Maracci. Le norad ’Esthrakite viêût, se-lon Bespier, d’un mot Arabe, qui signifie luire ou resplendir.

Ou des Chansons spirituelles. Voy. Bespier ubi sup.