.. ~.Ay . 'í'ìn'ìwV^
AVA,
DISSE RTAT ION
S U R v L A
RELIGION
DES
S A B E E N S.
Es Sahéens cîont il est ici question ne sent pas ces Chrétiens de S.Jean dont il a été déja (a) parlé, qui se qualifient eux-mêmesen leur langue (h) Disciples de S. Jean , quoi qu’ils ayent con-servé beaucoup dancien Sabéisme dans leur Religion. Il s’agitici de certains Sahéens , qui (c) peut être subsistent encore enquelques endroits, & qui professent une Religion que Mahomet crut devoir mé-riter la tolérance ; puisque le Prophète Arabe lui donne une eípéce de fiuf con-duit dans son (d) Alcoran , de même qu au Christianisme & au Judaïsme.
On fait assez que ces trois Religions furent respectées de Mahomet , à cause quellesreconnoissent toutes les trois des livres écrits par des Prophètes. Pour les Juifs 6cles Chrétiens, la chose est incontestable ; mais il y a aparence que , selon Ma-homet , cela ne 1 etoit pas moins à 1 égard des Sahéens , qui, dit-on, prétendent encore
au-
Umwít'j
(a) Dans le Volume des Cérémonies &c. qui. contient les Grecs &c. page 245.. & íuiv.
{b) Adendaï-Jahia.
(c) Chardin tom. 3. p. 429. Ed. in 4. de 1735. dit ,, que les Auteurs Mahométans Ornent , mais„ pourtant avec peu de certitude, que les Sabis Payens subsistent encore , & qu’il en reste ... sur les„ rivages de l’Euphrate & du Tigre ; que leur créance & leur cuite font les mêmes que des anciens Chal-„ déens; qu’ils reconnoissent un premier & suprême Etre; qu’ils prient Dieu trois fois le jour, savoir„ au lever du Soleil , quand il est au Zenith & quand il se couche ; qu’ils se tiennent tournés vers le,, Septentrion en priant; qu’ils invoquent les Astres, & particulieremeut le Soleil & la Lune ; qu’ils ont„ trois Carêmes, un de sept jours, un de neuf, & un de trente & qu’ils s’abstiennent de plusieurs fortes,, d’herbages & de quelques fruits. La Théologie de ces Gentils (c’est ainsi que Chardin les appelle)„ roule fur les vertus intellectuelles. Ils tiennent qu’il y a un Paradis & un Enfer, mais que les damnés„ après de longues peines obtiendront leur pardon par la miséricorde divine”. Voilà ce que dit assez su-perficiellement Chardin , après quoi il ajoute qu’il n’a pas trouvé la moindre trace de ces Sahéens .
( d ) 1. Au Chap. 2. de Y Alcoran il semble que Mahomet n’exclud du salut ni les Juifs , ni les Chré-tiens, ni les Sahéens: furquùi l’on peut lire la note Angloife de Sale fur ce Chapitre. 2. La même choseest repetée au Ch. Z. 3. Ils sont compris dans cet Alcoran entre les peuples du Livre , c’est-à-dire qui ontune révélation.
(a) z