4 DISSERTATION SUR LA
aujourd’hui poíseder les livres de quelques Patriarches , & entre autres un livreécrit par {a) Adam , lequel contient toute leur Religion, ainsi qu’ils ìassurent. Celivre, selon d ’Herbelct, {b) est presoue entierement Chaldaïque, quoique les ca-ractères en soient tout â fait particuliers.
Cependant un Arabe cité par le même auteur, en qualifiant les Sahéens deseen-dans de la plus ancienne Nation du monde, ajoute qu’ils tiennent leur Religiondes Patriarches Seth & Enoch j & il est bien vrai que les Sahéens attribuent aussides livres a ces deux Patriarches. Il paroit encore (c) que les Arabes ont don-né de grands éloges aux Sahéens ; mais d’autre côté, il paroit aussi que le nomde Sahéen ( Sahì) a été regardé, chez ces Arabes comme une eípéce d’injure-,puisque les Coraïschites appelloient Mahomet leur concitoyen Sahéen , à cause qu’ilavoir (d) abandonné leur Religion. Une autre choie digne d’être remarquée,c’est que les Orientaux Mahométans, Juifs, & Chrétiens ont généralement con-fondu le Sahéisme &c le (e) Paganisme ; puiíque ceux qui abandonnoient le Pa-ganisme pour so rendre de leur Religion étoient regardes comme convertis duSahéisme. Il semble pourtant que l’on pourroit justifier le Sahéisme de la mêmemaniéré qu’un savant Auteur a justifié (f) le Magisme.
Mon dessein n’est pas d’entreprendre cette Apologie, laquelle ne fèroît nulle-ment indigne des efforts d’un homme qui auroit la capacité du savant qui avoulu réhabiliter les Mages. Mais cette Apologie paroîtroit peut être odieuse àla plupart des Chrétiens, òc même â ceux qui pourroient y trouver des raisonsassez favorables à quelques pratiques superstitieuses des peuples du Christianisme.Au reste en parlant ainsi je distingue deux sortes de Sahéisme : i. celui qui enn’adorant qu’un seul Dieu , rendoit a cette intelligence suprême différens hom-mages, selon ses différentes influences. C’est-à-dire que les Sahéens de cet ordre l’ado-roient dans le Soleil, dans la Lune, dans les Etoiles ôcc ; & toujours en ne regardantces corps celestes que comme des temples ou des tabernacles de l’Etre suprême :ce qui est d’autant plus véritable que (g) David & les autres Prophètes de l’an-cien Testament n’ont pû s’empêcher d’empíoyer des idées de cés premiers Sa-héens. Je ne considère ce premier Sahéisme que dans se pureté primitive & avantque l’on se fut avisé de croire qu’il seíloit rendre des hommages aux Tabernacles ,parce que l’Etre suprême leur avoit communiqué une partie de se gloire & de severtu. C’est là ce que les sevans ont appelle cultussacellorum. z. Celui que lagrossièreté des peuples & la superstition introduisirent dans la fuite, & qui in-duisit les hommes â une erreur plus évidente , en leur persuadant d’adorer laDivinité par des simulachres : encore ess-il vrai semblable que ces simulachres nefurent d’abord établis que comme des mémoriaux & des monumens. Maisquoi qu’il en soit, ce dernier Sahéisme étoit une véritable Idolâtrie, qu’il a été per-mis de confondre avec celle des autres Payens.
On peut mettre au nombre des Sahéens du premier ordre plusieurs personnes
dont
O) D 'Herbelot au titre de Sepher Adam. On en a vû, dit-il, quelques fragmens en Orient, qui sontvenus jusqu’à nous; mais il n’y a rien, ajoute-t-il, de plus apocryphe.
(b) Ubi íup. article des Sahéens ou Sabis.
(c) Idem ubi Iup. au même titre.
(d) ’D'Herhelot , dit ubi Iup. que Sabi , selon la véritable notion de l’Arabe , signifie celui qui a aban-donné la Religion de ses Pérès pour s'en faire une particulière.
(e) Par le terme de Paganisme il saut entendre lTdolatrie.
(f) Le Docteur Hide. Voy. son ouvrage de Relig. Vet. Per.
(£) Une de ces idées se trouve dans le Ps. 19 . 11 a mis fin tabernacle ddns le Soleil , ou il a fait son ta-bernacle du Soleil.