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[Volume III.]
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RELIGION DES SABEENS. 5

dont ,1 cil parlé avec éloge dans les livres de Moïse, comme un Roi d’Egypte,un Roi des Philistins , Loth , Jethro &c. parmi les Romains un Numa Pompi -lìus à qui l’on attribue d’avoir dit, „ que représenter la Divinité sous la forme, dune statue, ou par une image, étoit une choie très criminelle . On peut yjoindre un Sophocle , qui a formellement condamné ceux qui represcntent lesDieux en bois ou en pierre ; ôc parmi les Germains nos ancêtres , ces anciensSaxons , qui ne croioient pas que la Majesté de Dieu pût être signifiéemï des statues ôcc. Mettons encore au nombre de ces premiers Sabéens plu-sieurs Philosophes Payens (a) qui ont témoigné l'unité de Dieu, qui l’ont défi-ni par les attributs que nous reconnoissons dans cet Etre souverain, tels que fontl’unité, 1-indivisibilité, l’infinité, immutabilité ôcc. un Empedocle qui {b) donneune définition de Dieu supérieure aux idées du Paganisme ; un Socrate , Pytha --n Cicéron , & plusieurs autres, dont les noms feront toujours respectes de ceuxque ^inestimable privilège d’être Chrétien n’a pas enorgueilli au point de re-garder des hommes fi sages comme de misérables damnés. Mais ne nous éten-Ions pas davantage fur un sujet si délicat, si opposé aux préjugés ordinaires, &fi je lofe dire, fi mortifiant pour un grand nombre de mauvais Chrétiens, quivaudront fans doute infiniment moins devant Dieu que les Sabéens dont il s agit.

T’ai insinué qu’il y a beaucoup d’aparence que les premiers Sabéens ont crûque le Soleil , la Lune , & les autres Corps celestes étoient particulièrementl!i demeure d’une feule Intelligence infinie . supérieure d toute la nature. Lï-dée de cet Etre suprême étoit trop récente & il y avoit trop peu de distance) enremontant de ces Sabéens au premier homme , pour perdre fi rot de vue cesbelles lumières qui leur montroient l’unité d’un être souverainement puissant,infini ôcc. La longue vie des premiers Patriarches ne permit pas que cette tra-dition se perdit si soudainement. Il resta donc assez longtems a ces premiersSabéens une idée raisonnable dune Intelligence suprême, qui animoit & dirigeoitles corps celestes ,' selon quelle le- jugeoit à propos ôc que cela convenoit auxbesoins de l’Univers ; qui fè repandoit meme en disserentes maniérés, ôc félonson bon plaisir, fur tous les Etres animés ôc inanimés ; qui, pour tout dire,méritoit feule les hommages du genre humain par des louanges ôc des actionsde grâces pour ses bienfaits ; par des vœux, des prières & des fuplications ôcc.dans les besoins continuels auxquels la vie de Thomme est exposee. Lorsque latradition commença de s’obscurcir, la crainte commença la superstition. , Celle-ci s’empara bientôt de l’efprit humain, ôc en lui inspirant de fausses idées elleentreprit de changer les bornes que Dieu avoir etablies entre le Créateur ôc laCréature Elle fòrmâ dans l’homme ce mélangé pernitieux d orgueil ôc d hu-milité qui régné dans les cultes Idolâtres. José dire à cette occasion, qu’il enest des superstitieux a 1 égard de Dieu , comme des sujets a l’égard des Rois.Les uns & les autres sc croyent en même tems egaux ôc inférieurs a ceux qu ilsfont forcés; de reconnoître par leurs hommages -, les uns ôc les autres croyentdevoir prendre des <voies médiatrices pour parvenir a des souverains auxquels ilsnoient se proportionner ouvertement. Les frayeurs ôc les remors de la conscien-ce causés par la corruption du siécle sc joignirent à cette superstition : ôc com-me il s’étoit conservé dans l’esprit de ces premiers Sabéens quelqu’idee de la néces-sité

(a) V. Hact , L. II. Cap. r. Ottœfl. Alnet.

ib) Globpts intelligens , ot j m centrum tibique est , cìroímfcrentia rmfqmm .

Tome K (b)