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DISSERTATION SUR LA
Le nom de Sahéens , qu’ils prétendent devoir à Sali, ne les empêche pas dsreconnoître Seth pour le véritable fondateur de leur Religion Us appellent SethNehi iìlah , ce qui veut dire Prophète de Dieu. La vénération & le respect queles Sahéens modernes ont encore aujourd’hui pour Seth sont tels , que chez 'euxjurer par son nom est un íèrment plus solemnel que de jurer par le nom deDieu : & je trouve dans un Auteur (a) très digne de foi, que l’on ne peut gué-res so fier a un Sahéen, qui jure par le nom de Dieu, maisqu’il n’en est pas demême s'il jure par le nom de Seth.
Us ont des livres lactés , & ils estiment particulièrement un prétendu livred 'Enoch écrit (h) en langue Chaldéene & rempli de moralités , qui leur vautpeut-être autant qu’aux Chrétiens la Bible , & aux Mahométans l’Alcoran : maisils ne respectent entre nos livres íàcrés que celui des Píèaumes, qu’ils liíènt entre•eux. Ce que j’ai dit du Usure d’Enoch , n’empêche pas qu’ils n’en estiment auífiquelques autres; & tel est celui (c) à'Adam dont il a été parlé.
Mais encore un coup , quel est donc le grand objet de leur Culte? un Dieusuprême, Créateur & Seigneur de l’Univers, Etre des Etres, appellé par les Arabes leplus grand Dieu, {d) le très haut, qui a sous lui certaines Intelligences sopé-rieures à l’humanité, qualifiées simplement par ces Arabes les Divinités , logéesdans les Etoiles fixes & dans les Planètes , médiatrices entre Dieu & les hom-mes ,. & intercédant pour eux auprès de cet Etre soprême. Une preuve cer-taine qu’ils ne reconnoissent, que ce Dieu soprême fe tire de leur sormule derpriére que voici. „ O Dieu je me consacre entierement à votre íervice. Vous„ n’avcz point de compagnon que celui (ou ceux) dont vous êtes le maître ab-„ soin, comme vous letes austi.de tout ce qui lui (ou leur) apartient ”. Parla il..paroit que ces faustès Divinités, ou ces idoles, netoient (ou ne sont point encore au-jourd’hui) hooòrées & íèrvies des Sahéens comme indépendantes : les prières que leuradrestoient les dévots., &c l’encens qu’ils faisoient brûler devant elles étoient un bienqu’elles recueilloient pour Dieu leur Souverain Maître. C’est ainsi qu’un Intendant deProvince fe fait rendre compte pour le Roi, & que les peuples lui aportent avec sou-mission, toujours relativement au Roi, les droits & les deniers qu’il exige deux.Mais ne pressons pas trop la comparaison : car de même qu’il y a des Inten-- dans qui íè sont plus craindre & mieux payer que le Roi ; il y a des Divinitéssobalternes, auxquelles les superstitieux payent beaucoup plus, & avec beaucoupplus de crainte que Dieu n’auroit exigé deux. C’est là une de ces chosos donton trouve des exemples en tout autre pays que l’Arabie ; cependant n’en cher-chons que chez les Arabes Sahéens. On y trouve que quand ils plantoient desarbres ou somoient des grains, ils tiraient une ligne pour séparer la portion de
Dieu
O) Hìde ubi sup. Cap. 5. p. 127.
(b) Ce qui est dit ici du livre d'Enoch est attribué au livre de Seth dans un passage cité par Pocock p.138. specim. &c. Lìbrum Seth Sella fris oftentant , quasi a Setho ipjts trctdita (prœcepta ) continentes ,• in quo•multa de mortim honeftate, de vìrtutis Jhidio , gr vttìorum fuga.
(c) Stanley, &gavant lui Hottinger Hist. Orient. L. I. Cap. 8. p. 176. parlent de quelques autres livres
àts Sabeens : mais il seroit. inutile , ce me semble , de raporter ici les titres de ces Ouvrages , & je mecontenterai d’aptendre au lecteur que quelques-uns de ces livres traitent de Talijrnans, & Images superstitieuxses Sec. ■ ; .
(d) slllah-Tadla Çi gniíìe le Dieu tres haut, u 4 l-llahat les De'ejfes óu les Divinités. De ces deux noms lesGrecs en ont fait deux Divinités Arabes fous les noms d’Orotale ou Urotalt & d’ Ali lat, qui, suivant cesGrecs, ont ete le Bacchus & la Venus des Arabes. Ç’est Hérodote L. III. qui parle de ces deux Divini-tés Arabes: mais pour donner ici un trait d’érudition.en passant, je dirai-que quelques savans faisant de Bac-chus & du Soleil une.feule Divinité:& de même de la Lune & Venus, ont dérivé le nom d 'Urotalt. dedeux mots Hébreux, qui signifient ’rojh de lumière,Sc celui d’Alilat d’un autre, qui signifie la nuit.