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[Volume III.]
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RELIGION DES SABEENS. 9

Dieu de celle des Divinités íès Ministres : & s’il arrivoit qu’il combat dans leschamps de celles-ci quelques fruits des arbres apartenant a Dieu, ils leur étoientlégitimement acquis ; au lieu que ce qui tomboit dans le champ de Dieu étoitaussitôt restitué aux Divinités, fins aucun égard a ce que porte si expressémentla formule de prière que j ai citée. De même si dans les sacrifices la portiondestinée a Dieu íè trouvoit en meilleur état que celle qu’on devoir ossrir à íèsVicaires , on fuioit l'échange en faveur de celle-ci ; mais on ne bonifiait rienau maitre suprême , fous prétexte , diíòit-on , que le maître de toutes chosesn’a besoin de rien. Nous rions de ces idées fausses & bizarres , íàns prendregarde à des effets tout pareils qu elles produisent tous les jours au milieu de nous.

On a suffisamment compris, par ce que j’ai dit au commencement de cette petiteDissertation, que la beauté des corps celestes animés par des Intelligences dépendantesdu Dieu suprême, leurs- révolutions si utiles à Punivers, celle du Soleil qui amè-ne tour à tour les saisons, celle de la Lune qui dans la nuit fuplée par fi lumièreau Soleil, quand il s en va éclairer nos Antipodes ; que tout cela considéré d’abordavec beaucoup d'admiration , examiné ensuite superstitieusement a persuadé auxpeuples que ces corps avoient des qualités surnaturelles , ôc qu’il y résidoit unpouvoir fort supérieur au pouvoir humain. Cette idée, en produisant un grandnombre de devoirs auxquels les hommes íè font volontairement assujettis , oupour obtenir de la pluye, ou pour réclamer le beau tems Lee., a produit auísiPAstrologie. On ne peut douter quelle n’ait commencé de la màniere qu’il a étéraporté, c’est-à-dire par la vivfication des corps celestes : Le fur le même fonde-ment , elle a été cultivée ensuite avec grand foin par les Chaldéens, les Assy-riens Le les Egyptiens , Le en général par tous les Orientaux.. On croie aílèzque PAstrologie íèrvit très bien à fortifier le culte que les Orientauxavoient commencé de rendre aux Etoiles , Le que la Politique des Souverainsfut auísi puissamment étayée par une Science, qui lioit avec une subtilité extra-ordinaire la destinée de chaque homme Le celle de tout l’Etat aux variations Leaux mouvemens des Etoiles ; qui íâvoit dériver d’elles des influences bonnes oumauvaises íur le genre humain ; qui enfin avoit poussé la pénétration juíqu a con-noître de quelle façon elles agissoient for nos actions les plus cachées, Le les ren-doient bonnes ou mauvaises à leur volonté. C/est ainsi que s’accrédita cette As-trologie dans les Cours des Princes Orientaux Le en particulier dans le Sabéijme>car les plus habiles Sabéens ont été de grands Astrologues, Le íàns remonter auxplus anciens, je me contenterai d’en nommer un qui peut encore pastèr pourmoderne. C’est Thebit ( a ); qui avoit écrit un Traité touchant les cérémoniesLe les dogmes de íà Religion : Ouvrage dont on doit regreter la perte, Le qui con-tenoit íàns doute des choíês très curieuíès for le Sabéifme.

Je ne dirai rien ici des íèpt Temples dédiés aux íèpt Planètes par les Sabéens ,qu’il faut considérer en cette occasion comme véritablement Idolâtres. Un deces Temples étoit celui de la Mecque, dédié alors à Saturne. Je ne parlerai pas nonplus des Divinités subalternes que chaque Tribu de l’Arabie adoroít en particuliercomme protectrice de la Tribu, & médiatrice pour elle auprès de l’Etre suprê-me ; rii de quelques Anges convertis en Divinités femelles par ces Arabes, ôcappellés en cette qualité (b) les filles de Dieu. Ils donnerent ensuite le même

nom

O) On peut y ajouter aussi Albatani (Albategnius) qui étoit d’origine Stibéene. II mourut au commen-cement du 4. siécle de l’Hegire, & Thebit à la fin du troisième.

(b) Voy. dans Pocock.specimen &c. p, i;6, ubi sup. un passage qui commence Ex Arabibtts erant . .

Tome V. (c) .