22 SUPLEMENT ET ADDITIONS.
AVE RTJSSE ME N T.
„ On est; dans l’obligation d’avertir le public que très mal a propos ón â in-„ íèré dans le tome précédent de cet Ouvrage des Cérémonies & Coutumes Re-„ ligieuíês de tous les Peuples du Monde , ôc qui est le quatrième Volume„ concernant les peuples qui ne sont pas Idolâtres, les Extraits ôc íe Suplement„ qui s’y trouvent á la page 2.2.9. Ôc 258. tirés des Mémoires Anonymes inti-„ tulés, de l’origine, du progrès ôc de la condamnation du Quietiíme répandu„ en France, avec une Préfacé pareillement fins nom d’Auteur , qui les attri-„ bue ail défunt Mr. Phelipeaux Docteur de Sorbonne.'
„ On reconnoit que tout Ouvrage difàmatoire, anonyme & clandestinement5 , imprimé est de íà nature indigne d’être transmis par extraits pour íervir de„ monument à la postérité. Cela est encore plus vrai quând la publication a„ été suivie de la flétrissure publique. Sì on avoit fû que les dits Mémoires„ anonymes avoient été compris dans un jugement de Police rendu le neuf De-„ cembre 17; z. pour être lacérés ôc brûlés dans la place publique de la Ville.„ de Sainte Meilehould en Champagne, ôc que les nommés Gabriel de Liegç,„ Jean Jaques De Vaux ôc Claude Larcher , chez 1 un deíquels s croient troù-„ vés les exemplaires, avoient,été condamnés par le même jugement a être atta-
chés ’au carcan en la mcme place publique de la dite Ville de Ste. Menehould,„ on n’auròit jârnaís consenti a donner place.flans cet Ouvrage des Cérémonies„ ôc Coutumes Religieusos &cj a des Extraits' tirés fles Mémoires anonymes„ dans le cas de ceux-ci. . > • V,V j , . ,
C '' Signé de, nu mam à ía Hase lé 1. NQvembre.iyjó.
.i . f- J. Fredeiuc Bernard.
On ne doute pas que le : public ôc la postérité , st tant est que cet Ouvragepasse jufqu’à elle, ne jugent çquitablement cette cause, & n osassent droit au su-jet des Mémoires dont il est ici question.
L’article des Labadijies demande plusieurs additions importantes. LabadieApôtre de la Secte des Labadijies dont les restes subsistent encore , après avoirété quelque tems Jesoite, {a) fut chassé, ou se retira volontairement de la Société.Il se fit fìiivre d’un assez grand nombre de devotes flans le Diocèse d’Amiensoù il avoit fait íà retraite sous la protection de l’Evêque de cette Ville : mais lesintrigues amoureuses de Labadie ayant été découvertes , il fut contraint de cher-cher fortune ailleurs. D’abord il se retira, au Port-Royal où il resta fort peu detems. A Toulouse l’Archevêque lui ayant confié la direction d’un Couvent deReligieuses, il leur enseigna la maniéré de répeter deux ou trois fois par semai-ne l 'Etat d’innocence : ôc pour cet effet elles se mettoient toutes nues devant luiÔc écoutoient en cet état les Sermons de ïApôtre Adamite. A la vérité cela seíaisoit à petit bruit ôc avec beaucoup de précaution. Cette maniéré de dévo-tion, qui, comme on l’a vu dans la Dissertation fur les Adamites , n’étoit pasnouvelle, éclata bientôt ; mais on ne nous dit pas précisement comment cetAdamifrie de Labadie fut découvert. L’Auteur cité par l’Historien qui me four-nit ces particularités, dit seulement qu’il a des preuves très fortes de ce qu’il avan-ce.
(a) Voy. Eafnage P. ;r. & fiiiv. du tome second des Annales des Provinces-Unies .