SUPLEMENT ET ADDITIONS. 23
ce. Quoi qu’il en soit Labadie justifia très bieii dans la fuite lá bonne Foi dél’accuíàteur. Etant découvert il se fit Carme & avec les mêmes airs de dévo-tion, par ou il avoir impose jufques-là aux bonnes âmes, il prêcha pour l’habifc‘de l’Ordre dans lequel il étoit entré. Son hypocrisie fut telle, dit-on, que lesCarmes regardèrent ce nouveau-venu comme un homme envoié du Ciel , unSaint qui donnoit le Saint Esprit, qui îínípiroit en íoustant fur ses dévotSi Mais'enfin les nouvelles fourberies du Saint , qui chez les Carmes avoit pris le-nomde Saint Jean de Chriji , étant encore découvertes, il quitta le masque de Ca-tholique dont il n oíòit plus faire usage, & prit celui de la Reforme. On lé vitMinistre à Montauban, & îyíinistre aprouvé, goûté , soutenu ; jufqu'à cë qu ileut divisé cette Eglise, y fut devenu chef d’une faction, & que conformémentd íà doctrine de la spiritualité de l’Ame , qui dans T état de contemplation ne doit points'embaraffler des moii'vemens de son corps , il eut mis à lepreuve la quiétude d’unede ses JDevotes Protestantes, dont la vertu ne fut pas la dupe du recueillementque ce Tartufe exigeoît d’elle. Dé Montauban il paíla à Orange , d’Orange,à Geneve^de là en Hollande 5 ôc toujours avec le même caractère d’eíprit ; sédi-tieux , hypocrite & libertin.
Page 248. Note (h) ajoutés; cependant il avoit fait un petit livre intituléConfutatìo fyuaquerifmi. / r .
Page 151. La petite j devote dont on parle dans cette page est la même quel’Apôtre hypocrite vôulùt éprouver a Montauban de la manière que je viens dedire. C eíf Mast. d ’q Calonges, ôí M. Basnage nòus assure qu’il tenoit ce récitd’elle même. " -■
Page 25 3. ligne 13. Voici les véritables Dogmes de Labadie \ furquof l’onpeut bieii sseh raporter a l'Auteur qUésie viens de citer. 1 i Labadie croyoit. queDfeu pouvoit & voùlôit 7 tròmper les hommes : & il álléjgubit entre' áutfèàexemples celui (a) à'Achab pour montrer que Dieu les avoit trompé quel-quefois.
2. II ne íegardoit pas l’Ecriture Sainte comme absolument nécestaire à la con-duite des âmes au salut ; il prétendoit que le S. Esprit agit immédiatement íùtfelles, leur donnant de nouveaux dégrés de révélation ôcci II croyoit auísi qu’enlisant cette Ecriture , on doit être moins attentif à l’explication des mots & dutexte, qu a l’inípiration intérieure du S. Esprit.
3. Il prétendoit comme les Anabaptistes , que le Batême devoit être différéjufqu’a lage de discrétion; ce Sacrement étant une marque qu’on est mort aumonde & ressuscité en Dieu.
4. Selon lui la nouvelle alliance, c’est-à-dire l’Evangile, n admet que les hommesspirituels Le met l’homme dans une parfaite* liberté.
5. Ï1 regardait l’observation d’un jour de repos comme une chose indifféren-te & soutenoit que Dieu n’a pas préféré un jour à l’autre. J. C. ajoutoit-il, alaissé la liberté de travailler, pourvu qu on le fasse dévotement &c.
6. Il croyoit le régné de mille ans; il distinguoit deux Eglises , l une Ou leChristianisme avoit dégénéré, l’autre composte de régénérés qdi avoient renon-cé au monde.
7. Selon lui l’Eucharistie n’étòit que la commémoration toute simple de lamort de J. C. Les signes en eux-mêmes ne font rien ; mais quand on participeà ce Sacrement comme on le doit, on reçoit spirituellement J. C.
8. La
(a) Livre des Rois Ch. XVIII. v. 23.
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