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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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très utile dans cet Ouvragé qui a pour titre, HistoireCritique des Pratiques Superstitieuses , &c. Ouvragelillustre & lavant Auteur a su réunir avec toute 1 a poli-

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que , ['érudition de plus recherché, la Théologiplus exact. C'est le jugement que nous croyons en de-voir porter , après l'avoir lu avec exactitude. Fait à

Paris le 6. Novembre 1701.

Darnaudin, Curé de Saint Martin,à Saint Denis en France.

N O t E T.

Jugement de lAcadémie Royale des Sciences.Extrait des Registres de l'Académie Royale des Sciences ,du 17. Décembre 1701.

L E Révérend Père le B r u n » Prêtre de mora-toire , ayant présenté à lAcadémie un Livre inti-tulé , Histoire Critique des Pratiques Superstitieuses , quiont séduit les Peuples (fr embarrajfé les Savans : Sur le-quel il souhaitoit davoir le sentiment de la Compagnie :Elle a nommé pour lexaminer le Révérend Père Malle-branche, Meilleurs du Hamel, Gallois, Dodart, de laHire, & moi; & après lavoir lu chacun en particulier,nous sommes convenus tous ensemble que le Livre étoitplein de recherches curieuses & bien raisonné : que lesprincipes qui y font établis pour démêler ce qui est na-turel davec ce qui ne lest pas, font solides ; & que lesratiques quon y combat sont de pures impostures desnommes, ou doivent avoir des causes qui ne peuventêtre rapportées à la Physique, supposé la vérité des faits,dont on na pas entrepris la discussion. En foi de quoij'ai signé le présent Certificat. A Paris ce 17. Décem-bre 1701.

Fontenelle, Sécrétasse l' AcadémieRoyale des Sciences.

k

LAuteur a vu avec quelque plaistr que toutes les per-stmnes de tous états qui ont lu cet Ouvrage , Ponttrouve convainquant ; dr cele joint d ce qu on doit atten-dre de la vigilance dr du z,éle de Nosseigneurs les Evêques,luisait espérer qu'on verra cesser les Pratiques qui lont faitécrire. él a fur-tout appris avec une fatisfaBnon singulièreapplication que Messieurs les Commissaires nommez* parV Académie , & plusieurs autres Membres de cette illustre(fr savante Compagnie ont donnée d la leBure du Livre ; (fril a cru devoir mettre ici le sentiment , qui est venu entreses mains dun de ces Savans , distingué par une érudition ,me justesse d'esprit , & une probités connue a la Cour (frk la Pille.

Sentiment de Mr. Dodart, Médecin de Madamela Princesse de Conti.

trouvent de les expliquer par des causes naturelles ;qui semble supposer quon ne doit avouer en ces der-niers tems aucun des faits quon ne peut reconnoitre fansêtre obligé de confesser un Etre souverain au dessus dela nature , agissant par lui-même ou par des causes sur-naturelles , inférieures , bonnes ou mauvaises. Le Pu-blic aura donc lobligation à lAuteur de lui avoir donnéle moyen de sortir de ces difficultez , & des régies su-res pour démêler les effets surnaturels davec les natu-rels , & les surnaturels miraculeux davec les surnaturelsqui ne font que la juste peine de la superstition & de lacuriosité vicieuse. II ny avoit que cela de solide àpenser, sur ce quil peut y avoir de vrai dans les His-toires semblables à celles de k Baguette. Car le dénoue-ment de semblables Histoires, autant que k Physique& la Théologie peuvent y contribuer, sera toujours pourles Physiciens de dire , s le fait est vrai , il est surnatu-rel , ce qui arrive plus souvent que ne pensent les pré-tendus Esprits-forts , & beaucoup plus rarement que nepensent les peuples & k foule des ignorans. Après celail appartient aux Théologiens de dire, st le sait est vrai ,il est miraculeux , (fr vient du bon principe , ou , il estsuperstitieux , (fr vient immédiatement du mauvais princi-pe. Heureusement pour ce Livre , l'Auteur est égale-ment Philosophe 8 c Théologien.

Dodart.

LEgUfi de Rome , qui détermina autrefois toutes les au-tres Eglifis par fin exemple (fr par ses Décréts d fai-re condamner les épreuves de Peau (fr du feu, n a pas vou-lu permettre quon imprimât quelque chofi d Rome , en fa-veur de Pusage de la Baguette. On y supprima , il y aquelque tems , des Livres Italiens , qui avoient été faitspour P autoriser »' & lon vient de voir un Decret de P In-quisition , qui parmi neuf ou dix autres Livres , condamnele plus long Ouvrage qui ait été fait pour P usage de la Ba-guette.

Feriâ quarta die z6. Octobris 1701.

Sacra Congregatio Eminentiísimorum & Reverendiflì-morum D. D. S. R. E. Cardinalium in totâ RepublicâChristianâ Generalium Inquisitorum habita in ConventuSanctL Maris super Minervam , post examen Theolo*gorum spécialités ad hoc deputatorum, ac prseviè relatisfanctiffimo D. N. CLEMENT! Paps XI. eorum-dem Eminentiísimorum votis, & Theologorum cenfu-ris, de mandato Sanctitatis fus prsscnti Decreto prohiber

& damnat infra fcriptos libros, videlicet.

La Physique occulte , ou Traité dt la Baguette divinatoi-re, par. .

Hos itaque libros sic prohibitos & damnatos per idemDecretum eadem sacra Congregatio , de mandato , ut

supra , vetat, ne quis.imprimere , vel imprimî

facere , neque impressos apud fe retinere, & legere lici-te valeat, &c.

Jai lu avec beaucoup de satisfaction , &c.........

I.......... Comme les effets extraordinaires qui

font rapportez dans ce Livre, nont pas toujours réussi,quon a souvent eu lieu de craindre limposture, quil ya pourtant des faits quon ne sauroit contester, mais donton ne sauroit aussi trouver des causes physiques & natu-relles , quoi quen puissent dire quelques Physiciensdailleurs considérables : LAuteur sest avisé dun expé-dient très sensé pour concilier ces contrariétez apparen-tes , non en cherchant dans des causes physiques lexpli-cation des faits inexplicables par ces causes, comme fontcntrautres tous ceux qui ne dépendent absolument quede 1a volonté des hommes qui ne peut rien fur la natu-re , mais en donnant occasion à toutes les personnes équi-tables de reconnoitre sensiblement par semblables événe-mens, dautres causes que les naturelles, de plusieurschoses qui, arrivent ici bas, & dautres prodiges que lesmiracles. Il établit en même tems des régies pour nepas ôter fans nécessité aux causes naturelles les effets dontDieu les a rendues capables , & pour ne pas aussi sopi-niâtrer à nier certains faits constaris , fans pouvoir allé-guer dautre raison que limpuissance les hommes fe

£ Decret vient se joindre assez à propos au juge-ment des Théologiens & des Philosophes de Pa-r is, qui ont examiné le point en question avec beaucoupdattention & dexactitude. II na pas été inutile quedes Philosophes ayent dit depuis quelques années toucce qui fe pouvoit imaginer de plus spécieux en saveurde lusage de k Baguette. Cela a servi pour en porterun jugement plus sûr & plus distinct. A présent toutfe réunit heureusement pour le condamner, & bien despersonnes qui avoient eu quelque sujet de croire naturelFufage de découvrir leau & les métaux , ne le condam-nent pas moins que les autres pratiques suspectes, quifont combatues dans cette Histoire Critique.

On dit pourtant quil y a deux Messieurs assez con-nus â Paris , qui ont de la peine à renoncer à cet usagequi les réjouit , fous ce prétexte quils ne sont pas sor-ciers , & quil y a bien des choses dans le monde quisurpassent les connoissances des hommes ; mais il y a lieudespérer quils reconnoitront que ce font des difsicul-tez qui fe dissipent facilement, ainsi quon la montredans cet Ouvrage. ^ ^