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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES, SUPER

»> de Divination , ou qui ajoûtent foi aux Devins,j. Car, comme disent les saintes Lettres, le Seigneura toutes ces choses en horreur , g?* les peuples font exter-minez, fur U terre k cause de ces crimes. ,, Quils re- prennent aussi ceux qui simaginant quil y a des» jours heureux & des jours malheureux, observent les temps & les momens pour entreprendre ou pour achever leurs affaires ; ou qui , à cause de la rencontre de certains animaux ou de certaines per- sonnes, ne continuent pas les ouvrages quils ont commencez. On ne doit pas moins blâmer ceux qui par linspection des Astres, à la façon des Chal- déens, songent plutôt temerairement quils ne pre- disent les choses futures , & par lusage íâcrilege de lAstrologie judiciaire étouffent la liberté de lhomme,, & la Providence de Dieu. A quoi on peut rapor- ter, dans le sentiment de S. Augustin , les ligatures des remedes exécrables que la Medecine condamne,

les oraisons, les signes ou caractères, & les preser- vatiss, puisque toutes ces choses ne se font que par Superstition , par Magie, & en vertu des pactes», faits avec les Démons. C'est pourquoi il faut quun Chrétien les évite, quil les abhorre & quil les de- teste.

Le Concile Provincial de Tours célébré aussi la mê-me année , ordonne ce qui fuit touchant les Supersti-tions (a) ,, : Dautant quil y a quantité de gens qui», consultent les Magiciens, les Charmeurs, les Sor- ciers & les Superstitieux afin dêtre guéris de leurs maladies, eux , leurs proches ou leurs domestiques;

», qui par leur avis , quoiquau grand préjudice & au», grand danger de leurs âmes, portent des phylactères ou préservatifs, des anneaux , des brevets, des ca-», racteres & certaines formules de prières conceuës en», des termes inconnus & quils récitent tout-bas ; &

qui par surprise font bénir toutes ces choses par des Prêtres : Nous défendons à tous Ecclésiastiques, sous», peine de suspense, & à tous Laïques sous peine», dexcommunication , de se servir de ces remedes &

» dy ajouter foi en quelque maniéré que ce soit; Et», nous voulons que ceux qui contreviendront à cette», Ordonnance, encourent les peines juridiques & arbi-» traires.

Sixte V. par fa Bulle Cœli 0 * terne, de lan r; 86.veut que les Ordinaires des lieux & les Inquisiteurspunissent tous ceux qui se meflent dAstrologie ju- diciaire, de divinations, de Sortilèges, de Magie, de Charmes & dautres Superstitions.

Le Concile Provincial de Toulouse en 1590. (h)ordonne. Que lon punisse rigoureusement selon les Canons de lEglise tous les Sorciers, soit Ecclesias-,, tiques, soit Laïques, & que lon avertisse souvent le peuple de ne pas se servir de leur art , de ne pas leur demander des remedes dans les maladies, & de,, ne pas consulter les trompeuses divinations des Di- seurs dhoroscopes. H ordonne dnffì ensuite (c) aux Confesseurs & aux Prédicateurs de déraciner des ef- prits des Fidelles par de fréquentés exhortations &», P ar de bonnes raisons, les vaines pratiques qui se font introduites dans lEglise par lignorance & la simplicité des hommes pour chasser les maladies du- ne maniéré superstitieuse.

Le Concile Provincial dAquilée en 1596. (d)déclaré qu il saut entierement déraciner du champ de lEglise la Superstition, qui est la fausse imitatri- ce de la véritable pieté;

Jean Baptiste de Constanze Archevêque de Cozen-ce en Calabre , donne ce sage conseil aux Curez, auxVicaires & aux autres Prêtres , fur le sujet des prati-ques Superstitieuses, (e) Dautant que les Sorcele-,, ries ( dit-il selon la traduSlion de son excellent Ouvrage

00 Tit. 4.

W Part. 4. c.. n. 1.

(0 n. 5 *

{d) Rubric. 4.

(*) Part. de ses Avertislèmens Tit. I?

S T I T I O N S. 1»

qui a été imprimée à Bourde aux en 1612.) Diviná-,, tions & Superstitions empêchent ceux qui y trem- pent davoir la foi si faine & entiere quil faudroit »

engageant puis après, comme par conséquence , ces pauvres aveugles en de tres-grandes & très-perilleu-,, ses erreurs » le bon Prêtre doit avec toute diligence travailler à les déraciner du cœur de ses Sujets, leur,, montrant en toutes occasions combien Dieu est of- sensé en ces choses, ayant encore recours à laide du Prélat pour y apporter des remedes oportuns.

Le Concile Provincial de Malines 1607. (/) enjoint,, aux Curez davertir soigneusement leurs Paroissiens,, déviter les Superstitions 'dont le menu peuple est souvent infecté par ignorance, (g) Et il desend de se servir daucuns remedes superstitieux pour guérir les maladies ou les playes des hommes , ou des bêtes.

Fremiot dans ses Statuts Synodaux de lan 1608.recommande aux Curés de son Diocèse ne pas sou-frir les Superstitions, & leurs enjoint de lui dénoncer,ou à ses grand Vicaires, ceux qui les pratiquent, afindy aporter les remedes les plus promts & les plusconvenables. ,, Et pour autant, dit-il, que la devo*

tion du simple peuple décliné facilement à la Super-,, stition, par les ruses & envie du Diable , nous re- commandons à tous Curés dêtre fort vigilans en cet endroit, & ne tolérer les observations Supersti-,, rieuses de certains jours prétendus heureux ou mal- heureux , de certaines cérémonies, paroles, ou li-,, gatures, qui ne sont fondées en causes naturelles, ni,, uíànces de lEglisc, pèlerinages, cérémonies fans lapro-», bation de lEglise, soit pour guérison de maladies, soit pour autre sujet. Enjoignons, &c.

Le Concile Provincial de Narbonne en 1609. vou-lant réprimer la témérité de ceux qui se servent de Su-perstitions , (h) condamne les Magiciens, les Mal-,, fàicteurs ou Empoisonneurs , les Devins, les Sor- ciers, les Diseurs dhoroscope , ceux qui croyent,, aux augures , les Astrologues judiciaires, ceux qui,, font pacte tacite ou exprès avec les Démons, ceux qui prétendent guérir superstitieusement les maladies,» par imprécations, par paroles, par ligatures, ou par» quelquautre pratique. Il les excommunie ensuite ipfi faílo conformément aux saints Décréts ; & il enjoint aux Curez, s'ils découvrent quelquun cou- pable de ces crimes , de lui faire trois munitions Canoniques de les quitter ; puis après , sil ne veut,, pas le faire , de le déclarer publiquement & nommé-,, ment excommunié, de lui défendre lentrée de lE- glise, & de len chasser en cas quil y entre.

CHAPITRE VII.

Sentimens du Synode d*Anvers en 1610. &de celui de Ferrare en 1612. de Monsieurle Gouverneur Evêque de S. Malo , & deGrégoire XV. fur les Superstitions,

L E Synode dAnvers célébré au mois de Mai en1610. parle des Superstitions dans le même sensque le Pape Sixte V. & le Concile Provincial de Ma-lines en 1607. que nous venons de citer dans le Cha-pitre précédent, (i) La Superstition, dit-il , est,, un crime énorme , fort injurieux à Dieu , & ex*trêmement préjudiciable aux Etats. Pour en arrêter le cours, Nous voulons que lon observe ce qui en a été ordonné par Sixte V. dans la Bulle Cœli & terra , par les Sereniíîìmes 'Archiducs dAutriche dans leur Edit raporté à la fin de ce Synode, & par

le

(f) Tit. if. de Superstition, c. ,

(g) Ibid. c. 1.

(h) c.

(t) Tit. if. de Superstition.

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