DES, SUPER
»> de Divination , ou qui ajoûtent foi aux Devins,j. Car, comme disent les saintes Lettres”, le Seigneura toutes ces choses en horreur , g?* les peuples font exter-minez, fur U terre k cause de ces crimes. ,, Qu’ils re-„ prennent aussi ceux qui s’imaginant qu’il y a des» jours heureux & des jours malheureux, observent„ les temps & les momens pour entreprendre ou pour„ achever leurs affaires ; ou qui , à cause de la„ rencontre de certains animaux ou de certaines per-„ sonnes, ne continuent pas les ouvrages qu’ils ont„ commencez. On ne doit pas moins blâmer ceux„ qui par l’inspection des Astres, à la façon des Chal-„ déens, songent plutôt temerairement qu’ils ne pre-„ disent les choses futures , & par l’usage íâcrilege de„ l’Astrologie judiciaire étouffent la liberté de l’homme,, & la Providence de Dieu. A quoi on peut rapor-„ ter, dans le sentiment de S. Augustin , les ligatures„ des remedes exécrables que la Medecine condamne,
„ les oraisons, les signes ou caractères, & les preser-„ vatiss, puisque toutes ces choses ne se font que par„ Superstition , par Magie, & en vertu des pactes», faits avec les Démons. C'est pourquoi il faut qu’un„ Chrétien les évite, qu’il les abhorre & qu’il les de-„ teste.
Le Concile Provincial de Tours célébré aussi la mê-me année , ordonne ce qui fuit touchant les Supersti-tions (a) ,, : D’autant qu’il y a quantité de gens qui», consultent les Magiciens, les Charmeurs, les Sor-„ ciers & les Superstitieux afin d’être guéris de leurs„ maladies, eux , leurs proches ou leurs domestiques;
», qui par leur avis , quoiqu’au grand préjudice & au», grand danger de leurs âmes, portent des phylactères„ ou préservatifs, des anneaux , des brevets, des ca-», racteres & certaines formules de prières conceuës en», des termes inconnus & qu’ils récitent tout-bas ; &
„ qui par surprise font bénir toutes ces choses par des„ Prêtres : Nous défendons à tous Ecclésiastiques, sous», peine de suspense, & à tous Laïques sous peine», d’excommunication , de se servir de ces remedes &
» d’y ajouter foi en quelque maniéré que ce soit; Et», nous voulons que ceux qui contreviendront à cette», Ordonnance, encourent les peines juridiques & arbi-» traires.
Sixte V. par fa Bulle Cœli 0 * terne, de l’an r; 86.veut que les Ordinaires des lieux & les Inquisiteurspunissent „ tous ceux qui se meflent d’Astrologie ju-„ diciaire, de divinations, de Sortilèges, de Magie, de„ Charmes & d’autres Superstitions.
Le Concile Provincial de Toulouse en 1590. (h)ordonne. „ Que l’on punisse rigoureusement selon les„ Canons de l’Eglise tous les Sorciers, soit Ecclesias-,, tiques, soit Laïques, & que l’on avertisse souvent„ le peuple de ne pas se servir de leur art , de ne pas„ leur demander des remedes dans les maladies, & de,, ne pas consulter les trompeuses divinations des Di-„ seurs d’horoscopes. H ordonne dnffì ensuite (c) aux„ Confesseurs & aux Prédicateurs de déraciner des ef-„ prits des Fidelles par de fréquentés exhortations &», P ar de bonnes raisons, les vaines pratiques qui se„ font introduites dans l’Eglise par l’ignorance & la„ simplicité des hommes pour chasser les maladies d’u-„ ne maniéré superstitieuse.
Le Concile Provincial d’Aquilée en 1596. (d)déclaré „ qu il saut entierement déraciner du champ„ de l’Eglise la Superstition, qui est la fausse imitatri-„ ce de la véritable pieté;
Jean Baptiste de Constanze Archevêque de Cozen-ce en Calabre , donne ce sage conseil aux Curez, auxVicaires & aux autres Prêtres , fur le sujet des prati-ques Superstitieuses, (e) „ D’autant que les Sorcele-,, ries ( dit-il selon la traduSlion de son excellent Ouvrage
00 Tit. 4.
W Part. 4. c. iî. n. 1.
(0 n. 5 *
{d) Rubric. 4.
(*) Part. de ses Avertislèmens Tit. I?
S T I T I O N S. 1»
„ qui a été imprimée à Bourde aux en 1612.) Diviná-,, tions & Superstitions empêchent ceux qui y trem-„ pent d’avoir la foi si faine & entiere qu’il faudroit »
„ engageant puis après, comme par conséquence , ces„ pauvres aveugles en de tres-grandes & très-perilleu-,, ses erreurs » le bon Prêtre doit avec toute diligence„ travailler à les déraciner du cœur de ses Sujets, leur,, montrant en toutes occasions combien Dieu est of-„ sensé en ces choses, ayant encore recours à l’aide du„ Prélat pour y apporter des remedes oportuns.
Le Concile Provincial de Malines 1607. (/) enjoint,, aux Curez d’avertir soigneusement leurs Paroissiens,, d’éviter les Superstitions 'dont le menu peuple est„ souvent infecté par ignorance, (g) Et il desend de„ se servir d’aucuns remedes superstitieux pour guérir„ les maladies ou les playes des hommes , ou des„ bêtes.
Fremiot dans ses Statuts Synodaux de l’an 1608.recommande aux Curés de son Diocèse dé ne pas sou-frir les Superstitions, & leurs enjoint de lui dénoncer,ou à ses grand Vicaires, ceux qui les pratiquent, afind’y aporter les remedes les plus promts & les plusconvenables. ,, Et pour autant, dit-il, que la devo*
„ tion du simple peuple décliné facilement à la Super-,, stition, par les ruses & envie du Diable , nous re-„ commandons à tous Curés d’être fort vigilans en„ cet endroit, & ne tolérer les observations Supersti-,, rieuses de certains jours prétendus heureux ou mal-„ heureux , de certaines cérémonies, paroles, ou li-,, gatures, qui ne sont fondées en causes naturelles, ni,, uíànces de l’Eglisc, pèlerinages, cérémonies fans l’apro-», bation de l’Eglise, soit pour guérison de maladies,„ soit pour autre sujet. Enjoignons, &c.
Le Concile Provincial de Narbonne en 1609. vou-lant réprimer la témérité de ceux qui se servent de Su-perstitions , (h) „ condamne les Magiciens, les Mal-,, fàicteurs ou Empoisonneurs , les Devins, les Sor-„ ciers, les Diseurs d’horoscope , ceux qui croyent,, aux augures , les Astrologues judiciaires, ceux qui,, font pacte tacite ou exprès avec les Démons, ceux„ qui prétendent guérir superstitieusement les maladies,» par imprécations, par paroles, par ligatures, ou par» quelqu’autre pratique. Il les excommunie ensuite„ ipfi faílo conformément aux saints Décréts ; & il„ enjoint aux Curez, s'ils découvrent quelqu’un cou-„ pable de ces crimes , de lui faire trois munitions„ Canoniques de les quitter ; puis après , s’il ne veut,, pas le faire , de le déclarer publiquement & nommé-,, ment excommunié, de lui défendre l’entrée de l’E-„ glise, & de l’en chasser en cas qu’il y entre.
CHAPITRE VII.
Sentimens du Synode d*Anvers en 1610. &de celui de Ferrare en 1612. de Monsieurle Gouverneur Evêque de S. Malo , & deGrégoire XV. fur les Superstitions,
L E Synode d’Anvers célébré au mois de Mai en1610. parle des Superstitions dans le même sensque le Pape Sixte V. & le Concile Provincial de Ma-lines en 1607. que nous venons de citer dans le Cha-pitre précédent, (i) „ La Superstition, dit-il , est,, un crime énorme , fort injurieux à Dieu , & ex*trêmement préjudiciable aux Etats. Pour en arrêter„ le cours, Nous voulons que l’on observe ce qui en„ a été ordonné par Sixte V. dans la Bulle Cœli &„ terra , par les Sereniíîìmes 'Archiducs d’Autriche„ dans leur Edit raporté à la fin de ce Synode, & par
„ le
(f) Tit. if. de Superstition, c. ,
(g) Ibid. c. 1.
(h) c.
(t) Tit. if. de Superstition.
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