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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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76 DES SUPER

,, paroles & des caractères, & telles autres choies re- prouvées par les saints Cantons.

Enfin par les Statuts Synodaux du Diocèse dAgen ,j, (a) les Archidiacres & les Curés sinformeront di-ligemment des superstitions & abus locaux qui se,, pratiquent dans leurs détroits & Paroisses &c. Ils representeront aux peuples que ces abus soíit desí, restes du Paganisme & Idolâtrie & des inventions du Demdn. Tels sorit les billets, brevets, carac-,, teres &c.

CHAPITRE III.

*1)6s animaux superstitieux. De ce qiïon dit ,que les Chartreák rìont point de punaisesdans leurs cellules. Si cela est vrai , &pourquoi. De la corde de penau , du tré rfié à quatre f eUdll'es & du cœur dlhirondel-le. Des ceintures dherbes , des nerfs , desos, des pellicules , des herbes & des raci-nes renfermées dans du cuir. Des piècesteintes <& du poil dours. De coèffe desenfants nouvellement nés. Des œufs depoule pondus le jeudi ou le vendredi saint &du pain cuit le même jour du vendredi saint.De la figure dAlexandre le grand. De laclef de S.Pierre pour la rage des chiens& des autres animaux .

O N peut aussi ranger parmi les préservatifs qui sefont sans paroles , les anneaux magiques & super-stitieux. Garlseus f) témoigne quil y a des anneauxqui fervent de Phylactères, & que lon porte auxdoigts pour fe préserver de maladies & de dangers »pour réussir heureusement dans ses affaires j pour avoirplus facilité à faire certaines choses , pOu'r se con-cilier lamitié certaines personnes, pour sçavoir deschoses secrettes, pour produire certains effets qui sur-passent les forces de la nature , & qui ne peuven kêtre produits que par le pere de mensonge. Tels étoientles sept anneaux quTárchas Indien donna à Apollo-nius ( c) ; les deux du Tyran Excestus (d) , qui parle bruit quils faisoient lun & lautre , lavertissoientde ce quil avoit à faire; celui de Giges (e) , qui ledéroboit aux yeux des hommes, quand il en tournoitle chaton du côté de la main , & qui le faisoit voirlorsquil le tournoit en dehors ; ceux que donnoîéntles Rois dÁnglèterre (f) qui defcendoient en lignedirecte des anciens Comtes dÁnjou , poûr guérir dumal-caduc ; celui dEdoiiard Roi dAngleterre (g) ,qui guerissoit les membres engourdis & insensibles ;celuï doht se fervoit le Juif Èleazar (h) pour chas-ser le Derhon; celui qu* Auguste donna à Agrippa (t)pour guérir de grandes maladies; ceux des Rois dAn-gleterre (k) , que lon conservoit autrefois dans lesAréhives de lEglise de Wéstminister. Enfin celui duMagicien Thebith, celui dAlexandre Tralle célé-bré Médecin , & celui lon enfermé un mor-ceau du nombril dun enfant , celui que lonfait du premier Karlin (/) , ou de la premiere piece monnòye présentée à l'Offerte le Vendredi Saint àladoration de la Croix ,- pour guérir le resserrement ,

(<*) Tit.

{b) Trt Praeloquiis ad Dactylothecam.

(c) Philostr. 1. z. Vit. Apoll. Thyan.

(d) Clem. Alex. 1. i. Stro.

(e) Herod. 1 . i. Cicer. 1. Oífic. S/Greg. Naz. Hymn. ii.

(f) Du Laurent, de Strumis 1 . i. c. r.

( g ) Ibid.

{h) Joseph, liv. 8. Aritiquit. c. 2.

(;) Du Laurent, ibid.

(k) Idem. ibid.

(I) Mizauld Centur. f. n. Ji. Centur. 6 . n. 44... & Centur. 7.». 21.

S T I T î O N S.

le tremblement ou lengòurdissement des nerfs, ainsique parle le Cardinal Cajetan (m ), de qui jai appriscet admirable remède. Enfin celui qui rend invisiblesles personnes qui le portent. II doit être dargent, ilfaut y enchâsser uné petite pierre qui se trouve dansle gozier dun corbeau nouvellement éclos, & y ecri-re par le dedans ces ihots , Beelzcbútb ïncrna Logea

&C.i

De quelque matière , & pour quelques usages quesoient faits ces anneaux 8c les autres semblables, il esthors de doute quils sont réprouvez dans l'Eglise,

Le Pape Jean XXII. par fa Bulle Saper illius spé-cula , excommunie ipfo faclo , ceux qui en font,ceux qui en font faire, & ceux qui sen fervent.

Le Conctle Provincial de Tours (n) en 1583. défend à tous Ecclésiastiques, sous peine de suípen- se, & à tous Laïques sous peine dexcommunicá-,, tion ; de se servir danneaux en général, 8c dy a-,, joûter foi en quelque maniéré que ce soit.

Le premier Cóncile Provincial de Milan ( 0 ) eri1565. ordonne auX Evêqués ,, de punir severement,; fceux qui sc trouveront avoir fait, ou vendu des,, anneaux,ou qdelquautre chòsc pour des usages ma-,, giques & superstitieux.

Tt Jean François Bonhomme (p) Evêque de Ver-ceil, ,, ne veut pas que lon sc serve danneaux pouf,, guérir les maladies des hommes ou des bêtes.

Quelquun simagineroit peut être , quil y auroitquelque figure astronomique , ou quelques caractèresinconnus & extraordinaires darís lès Cellules des Char-treux , à cause quon dit ordinairement quil ne sytrouve point de punaises, quoiquil sen trouve dansles chambres de leùrs domestiques. Mais le Pere Ja-ques du Breul , Moine de S. Germain des Prez as-seure que cela arrive par ún privilège particulier queDieu a accordé aux Religieux de ce saint Ordre, (q) Dieu na point voulu , dit-il , quils soient affligés & inquiétés de ces puantes bestioles , appellées pu- nasses, & en a exempté toutes leurs Cellules desquel- les autrement & difficilement ils se pouroient garan-,, tir, pour y avoir grandé disposition , â cause quils couchent vêtus ,usent point de linge, changent,, peu souvent dhabits , ònt leurs Celluíés faites des,, bois , par dedans leurs lits , & fermées de bois au lieu de courtines, & le foùarrè de leurs lits quils sont si peu curieux de changer, quil y en a qui Je changent pas en vingt ans une fois, Et Dieu pour faire mieux pardître que ce nest pas une propriétéotí,, disposition naturelle des lieux, nen a point exempté,; les lieux demeurent leurs serviteurs domestiques,, dans leurs Couvents.

Cardan témoigne (r) que cela vient de ce que léssChartreux ne mangent point de viande. Mais Scaligerle raille agréablement dessus & traite ce^ sentimentfable & de bagatelle (s). _ '

De sorte que' si les Chartreux nont point de punaises ,dans leurs Cellules , ce nest ni par ce quil sy rencon-tré

(m) In Summa. V. Superíiitio, Sein 2. 2. q. 96. a . z.

(n) Tit. 4.

(0) Conflit, p. 1. tit. 10.

(p) In Decret..Visitât, tit. de Superstition.

(a) Antiquités de Paris L. 2. Tit de lOrdre des Chartr. n . r a '{r) L. io. de subtil.

(s) De Carthufianis ámicibus (lui ditqi) arrisere tibi fabellar/quarum nugas ausus es inserere subtililâtibUs. Sed adjungis hilcesmendaciis causes non minus vanas: non tentari ab illis', quia carni-bus abstínéanr Utinam Pythagorœ td scire contigisset ! An non me-ministi canes à eimieibus non appeti ? Ab equis fugere pulices fmures tantum alere atque inrerie pulicum , ut paulò minus accuratéprolpectanti pulicis interdum corio teéìi este videantur? Esto ci-micum incurnombùs nemo Cartusianus vellicetur , Restât illud ta-men iir eorum cubiculis an otiatìtur. Nam Tolosani lectuli nonesitant carnes , & tamen ea peste insemes sunt. Magnam vero fane 'rem si Cartusianorum àrxfx.otyx.yitt exterminer ex illorum totoeíe-lo tam fsetidam bestiam. Nam in Marsis vipers sent: sed illisquant-quam infeníisnon irifestae, Nascuntur inybiegnis potist'nnum cubi-libus , maximéqueubipaleainveteravit. Si intra telam coacta consu-taque fuerít , non nascuntur. _ Inter chartaceos libros generantur. 'Sed mirum quantum in caveis gaiiínarum, odore cupreísi fugarípersuasum est.