DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, &c. *íî
ne imagination troublée, on ne peut les attribuer qu’l_ de ces Esprits, dont Saint Augustin dit 00 ,
*- qu’aimant à séduire les hommes, ils leur procurent ce
CHAPITRE II. qU C’est dr^te P manìére°que les Démonsentrent fou-
Si le "Démon peut être l* auteur de quelques vent révé^ent'ouvertement des secrets, maïs il n’est paspratiques , quoi qu* on n" ait point fait depac- ^ ,.^ s ^ssent réussir ce qu'une curiosité (p) de-
te avec lui. Comment on a pu [avoir qu el~ . |^ e p a j t expérimenter I ceux qui veulent découvrir
les produiraient certains effets Jìtrprenans. ce q U i ne leur convient pas de savoir. es P n *Et fi en renonçant au Démon on pourrait â'erreur opèrent pour cela quelques prodiges , «
J . n j r r • r pvs ììpnt í>âS transfigurant eu Anses de lumière, ils trompent quei J
recourir a des usages qm ne jeroiem j><* tiansn^iua , 9 .
naturels. ‘DéfiLx V, tBgBfi & * ^ Ltó «h
î* rince s fur cette matière.
J E s u s-C h r i s t nous a dit qu’avant íà venue lésDémons dominoient fur la terre, & toutes les défen-ses si souvent réitérées dans P Ecriture contre un trèsgrand nombre de superstitions , nous font voir claire-ment qu’ils féduisoient les hommes en mille manières.
On ne peut donc pas douter qu’ils ne leur ayent ap-pris plusieurs choses.
Comme il est certain qu’il y a eu des Magiciens& des possédez , ils ont pu par eux répandre diver-ses pratiques superstitieuses. D’ailleurs il ne leur est nidifficile d’inspirer aux hommes de faire des essais , mimpossible de les faire réussir. Quelquefois même ennos derniers tems, ils se sont montrez à des personnestrop curieuses, & l’on fait que Luther & Zuingle sesont sait honneur de pareilles visites.
L’Abbé Tritheme après un ardent désir de savoirdes secrets inconnus à tout homme mortel, en apritd’étonnans par une révélation qui n’â nullement le ca-ractère des révélations divines. Je n’examìne point sitout ce qu'il difoit avoir apris est naturel, je fais quequelques personnes l’ont prétendu, mais c’est aparem-ment fans y avoir fait assez de réflexion. Quoi qu’il enIdit , je parle feulement de la manière dont Trithemeaprit ces secrets. II l’écrìvit confidemment à un PèreCarme de ses amis nommé Borstius, qui mourut àGand avant que la lettre y arrivat. Elle fut ouverte &communiquée à plusieurs personnes , & Tritheme ne ladésavoué point, f ai en main, dit-il dans cette lettre,un grand ouvrage qui étonnera tout le monde , fi jamaisil voit le j our . II est divife en quatre Livres y & le pre-mier a pour titre , De la Steganographse. Tout VOuvra-ge est plein de choses grandes } étonnantes y dont on n’a ja-mais oui parler , efi qui paraîtront incroyables.
„ Si vous me demandez comment je les ai aprises,„ ce n’est point par les hommes , mais par la révéla-,, tion je ne fais de, quel Esprit. Car pensant un35 jour de cette aimée 1499, si je ne pourrois point3, découvrir des secrets inconnus aux hommes , après,3 avoir longtems révé à ceux dont j’ai parle ; persua-3» dé enfin que ce que je cherchois n’étoit pas possi-„ ble, j’allai me coucher un peu honteux d’avoir por
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On doit donc se tenir fur ses gardes ,' & ne pass’imaginer que le Démon n’agit jamais, que lorsqu'onfait quelque pacte avec lui. Son pouvoir ne dépendpas des hommes. On fait qu’il a tenté Jesus-Christ,
6c qu’il tente souvent les justes , quoiqu’ils n’ayentfait aucun pacte. Il peut remuer des Corps fans quanous le voulions, & il ne lui est pas toujours impos-sible d’introduire quelque usage qui fasse douter s’ilest naturel ou non , pour faire tomber dans le péchéceux qui agiroient dans le doute. Car c’est une pro-position reçue des Théologiens, & définie depuis long-tems par la Faculté de Paris, qu’on pèche, & qu’on,contracte un pacte tacite avec le Démon, lorsqu’on arecours à quelques pratiques dont on ne peut raison-nablement attendre l’esset ni de Dieu, ni de la natu-re. Il ne serviroit de rien de dire qu’on renonce àtout pacte. Vous souhaittez que l’esset arrive , c’enest assez pour être censé vouloir Faction de la causequi le produit, & entrer par-là avec elle dans un
commerce prohibé. . _
On ne peut douter que l’imagination ne puisse em-pêcher l’ulàge du mariage. Sans nous arrêter à repor-ter ici des faits pour justifier ce que j'avance, je ren-voyé les curieux à la réponse aux questions d’un Pro-vincial par M. Bayle t. r. p. 29;. Nous poumonsajouter ici plusieurs autres exemples.
On a cru très anciennement qu’il y avoit des noueursd’éguillette. Hérodote (c) 8 c Tacite (d) en parlent ,& il y a longtems que dés personnes ont recouru àdes secrets soit naturels, soit superstitieux, pour s’opo-ser au mauvais effet des prétendus noueurs d’éguillette.C’est pourquoi l’Eglife en a fait mention depuis trèslongtems dans ses Rituels , 8 c a déclaré excommunieztous ces noueurs.
L’Abbé (e) Guibert de Nogent dit que son père &
fi
(a) lili enim ' ípiritus qui decipere volunt, talia procurant cli-que, qualibus eum irretitum per íuípiciones 8c coníeníiones ejus
viderint. DoH. Christ. lib. %. cap. 24.
(é) His ergo portentìs per Dsmonum fallaciam illuditur curiosi-
tas humana , quando id impudenter scire quod nuliâ ratione eis
competit ínvestìgare.Porro autem hoc est prasstigium Satan®,
quo ut plurimos fallat, etiam bonos in potestate lè habere confin-ait. Quod Apostolus inter estera ostendit dicens. Ipí’e Satanastrans-figurât se in Angelum lucis. Ut enim errorem faceret, in quo 8c' - -- U-iftî a, nnmiwfi. snbnrnavit : ut
'■Uj. 20. q. f. Sù. nec mira/fi c A iuvr ~. -
Inest anima: per eosdem sensus corporis qu®dam non se oblec-tandi in came , fed experiendi per carnem vana 8c curiosa cupidí-tas, nomine cognitionis Kr si-ienti* nalliara.Hinc ad per-
,3 me, 1 suai me coucner un peu numeu* " m". tigyrat ie m stugeum» - - -• nominese subornavit : ut
„ té la folie jusqu’à tenter impossible. Pendant la nuit quam pjdicabant, Dei^ cultoribus mentire-
„ quelqu’un se présente à moi, & m’appellant par quando hinc exeuntes justos finxit in iuâ potestate, 8cc. &
„ mon nom , Tritheme, me dit-il, ne croyez point q . f . ss. nec mirum ex ivone Decret.jarte tu y.
« avoir eu en vain toutes ces pensées. Quoique les cho-33 ses que vous cherchez ne soient possibles ni à vous,
33 ni à aucun autre homme, elles le deviendront. En-33 feignez moi donc , repartis-je , ce qu’il faut faire33 pour réussir. Alors il'me développa tout le mysté-3> re, & me montra que rien n’étoit plus aise. Dieu.
33 m’est témoin que je dis vrai, & que je n’ai appris3 ces secrets qu’à un Prince, qui par une preuve évi-33 dente a été convaincu de la possibilité. 11 est iffl-" portant qu’il n’y ait que, les Princes qui sachent33 ces sortes de secrets, de peur que des traîtres, dess» fourbes , ou d’autres médians hommes ne s’en ser-" ^ffent pour faire beaKcoUp de maux.
Quoique p Abbé Tritheme n’eut pas voulu ni con-r e !r 3 Uel st ue pacte avec le Démon , ni rechercherion assistance, il me semble néanmoins que si ces pre-
tenduRC VÁ..X}-.- -33 l~ J>
iitionis , 8c icietra* pâma-.»..— - .
scrutanda natura; sécréta, qu® prxter uos est operata proceditúrHiiic etiam si quid eodem pervers® scient!® fine per artes magícasquawitur. Hinc etiam in ipía religione Deus tentatur , cùm fign%
8c prodigia flagitantur. Confejf. lib. 10. cap. zp.
îc) Lib. 2.
[d) Lib. 4. Ann.
(e) Accídit igitur ut efficìentia conjugaîís m ipíò legitim® illiusconfœderationis exordio quarumdam maleficiwsolveretur. Nover-calis enim huic matrimonio non defuiflé ferébatur invidia, qu»plurimx speciei 8c generis cùm neptes haberet in iis aliquam pa-terno tboro molíebatur immergere. Quod cùm maxime procestissetad votum, pravis dicitur artibus eíî'eciílc, ut thalami omninò ces-
saretur effectus.Volute igitur post septennium Lc ampliùí
maleficío ^ quo naturalis legitimique commercíi copula rumpeba-tur, iiimium plane credibile est, ut íìcut prxíligiis ocularis ratiopervertitur, ut de nulìis, ut fie dicam , aliqua 8c de alíis aiia sieriper magos videantur ; ita enim populariter actitatur, ut jam ab ru-
innnam . per anum quandam
, t . r r per magos viaeanmr : «a enim popuianrer quandam
«on alliitance, il me s ern ble néanmoins que n ces pre- ^bus quibusque sciatur. Caffatis, mquam , ^^êirvivit, qu»àsendues révélations u’ont été qu’une pure illusion d U- pX avis artibus , eâ fide thalaimirum ofli tu