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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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HISTOIRE

sa mère avoient été arrêtez par un semblable maléfice quidura sept ans , & quaprès cet intervalle , une vieillefemme rompit le maléfice qui leur laissa libre lufage dumariage. Cet Auteur ajoute que sil y a plusieurs secretsde magie fort cachez, celui des noueurs du mariage étoitconnu & mis en pratique pair les ignorans & le plus baspeuple.

LEglise a toujours supposé quoutre limaginationqui peut empêcher lusage du mariage , il peut y avoirauffi par la permission de Dieu des maléfices qui causentcet empêchement pour punir linfidélité, ou la concu-piscence dés mariez, (on pourroit ajouter ou pour éprou-ver leur vertu.) Cest pourquoi, tous les Rituels prescri-vent des prières & des bénédictions contre ces sortes detnaléfices. Le Rituel dEvreux imprimé par lautorité Mr. le Cardinal du Perron en 1606., en parle fol.

34 f' 3 )* í

Le même Rituel condamne deux moyens superstitieux

que les Ecclésiastiques, même autorisoient mal ì propos,le premier étoit que lépouse laissat tomber à terre Pan-neau que Tépoux lui donne dans lEglise , ce qui estdeffendu sóus peine dexcommunicatíon. fol. ;r. \b).

Le second moyen superstitieux étoit de faire renonceràu premier mariage ; quoiquil sût fait avec toutes lesconditions requises pour en contracter un nouveau de-vant un Prêtre (c).

Quelques personnes demandent sil ne pourroit pasêtre quelquefois permis de recourir. à un usage quonne croit pas naturel, feroit-on difficulté, disent-ils , dese servir dùn ennemi ou dun méchant homme pour ap-prehdre, quelque chòse ? Pourquoi ne pourroit on pasauffi dans un besoin se servir du ministère du Démon ,pourvu quon le déteste , & quon le renonce de toutson cœur?

Mais la question est résolue par les Saints Pérès., SaintBonaventure & S. Thomas lont fort bien traitée, &leur décisioii se trouve apuyée sur la défense expresse deS. Paul (1 <t) , & sur lexemple quil nous a donné (e)áprès J È s u s-C h r i s t (f), de ne pas recevoir le té-moignage du Démon, lors même quil dit vrai. Pointde commerce avec des ennemis dont nous ne connois-íons pas les ruses, & qui pourroient insensiblement nousfaire tomber dans des pièges que nous ne saurions pré-voir. Tout ce qui vient de leur part doit nous être enhorreur. Dieu a mis entre le Démon & les ChrétiensUne inimitié irréconciliable Qr). Il ne doit jamais, y avoirèntre eux , & nous rii paix ni trêve, & la prière queJ E s u s-C h r 1 s t a enseignée aux fidèles , leur pres-crit de defiiarìdér chaque jour d'être délivrez des piègesdu Démon , sed libéra nos d malo , parcequil ne peutnous faire quelque bien que dans la vue de nous nuire.

Cest crime qui attifa la malédiction fur tous les

tinam virginitatent fub tahtaoim anímadveríìonum pulíàtione ser-vavit. Guibert de vitdsud Lié. I. c. XI. p. 467. & 8.

(a) Si quando accidát Deò ipso permittente atque infidelitatemleu libidinem hominum vindicante, ut conjugati aliquo maleficioteneantur , adeò ut íìbi invicerh matrimoníi débitum reddere ne-queant, ad ecclesiastica statim remédia cotìfugietìt. Ac primo gene-rali totius vitat examine facto, omnium peccatorum maculas salu-tari pœnitentiae lavacro diluere satagent, postea verò ad ipíìimgratiae fontem videlicet ad Sacro-sanctum Eucharistie Sacramen-turit récurrent. Quod nofl spiritualiter tantùm in Miíïa quàm deSpi-ritu Sancto celebrare facient; (íi commode poffint, ) sed 8c sacra-mentaliter percipere studebunt. MiíTâ autem celebràtâ , Sacerdosíùperpelliceo ac stolâ violacei coloris indutus fequentcs preces su-per eos recitabit, &c.

(L) Ad depellendum pemicioíùm illum errorem qucm pluribusîn locis invaluiílê audivimus, quò plerique majorem in superstitio-ne quàm in verâ picrate fiduciam habentes ad arcendum, (ut di-J^nt, ) maleficium boc vano utuntur remedio , ut sponso annu- un V íponsat íùse tradente, íponíà ipíà datâ operâ annulum in terracadere permittat.

1 ( a , vcn ^ un ì maxime est ab illo" errore prorsùs impio , quempluribus in locis teneri etiam à quibuídam Ecclefipe Minìstris audi-yimus , quo subsidium maleficio vexatis prsestari posté dicunt, stVir 8c mulier priori maerimonio légitimé alioquin & in facie Ec-ries!® contracto , mutuo conlénfu renuntient , 8t aliud de noyaCoram íacerdote contrahant.

(d) Nolo vos socios fieri Daemoniorum. i. Cor. 10. î0

(e) Ibid. 6. 16.

(/) Marc.

(F) Inimicitias ponam inter semen tuum, & s e men films.

CRITIQUE

peuples que Dieu extermina pour mettre les Juifs àleur place. Auffi leur recommande-t-il davoir en hor-reur toutes les pratiques superstitieuses (h).

Les Livres Saints nous aprennent que Dieu frapa demort Saiil à cause de ses iniquitez, & párcequil avoitconsulté la Pythonisse (i). Enfin lEcriture condamnetous ìeS usages superstitieux dune manière , qui ne per-met à personne dy recourir sous quelque prétexte quece soit. Cette rigueur est allée jusqu'à condamner à lamòrt celui ou celle qui avoit lEsprit de Python (kj >cest-à-dire lesprit de divination.

Máimonídes dans le More Nevochim , fait une singu-lière attention fur cette défense si expresse, qui com-prend nommément les hommes & les femmes : & il re-marque que dans les autres défenses, fous peine demort,comme de violer le Sabath , il ne fait pas mention desfemmes > áú lied quon la fait ici, pour montrer lhor-reur que Dieu a des devins , des divinations, & dessortilèges.

LEglise en a toujours auffi marqué une extrême hor-reur* & les Princes (/) Crétiens ont défendu les divi-nations fous peine de mort.

Les, Empereurs payens même avoient déja plúsieùrsfois chassé de Rome & de toute lItalie tous ces Doc-teurs de sciences occultes i qui prenoient le ncim dAstro-logues ou de Mathématiciens. Sur quoi Tertullien (m)difoit fort à propos quon ne faisoit à leur égard, quece que Dieu avoit fait dans le Ciel à légard des An-ges dont ils dépendoient. Les maîtres & les disciplesfont condamnez à ,1a même peine. Dieu chasse ceux-du Ciel, & les Rois bannissent ceux-ci de leurs terres.

LEglise sur ce principe les a chassez de son sein , Stelle doit toujours travailler à faire cesser toutes les prati-ques superstitieuses. Car i comme le dit un dès beau*esprits de ce siecle (n) dans un discours fur lAstrologiefait par ordre de Mr. le Cardinal de Richelieu : Cest,, un crime de léze-Majesté Divine àux enfans de Dieii & à ses sujets, davoir intelligence, quoique secrette avec son ennemi , & encore' contre son commande- ment j & dans son Etat, qui est son Eglise ; & cest être ennemi de son propre salut, découter celui qui,í nous veut perdre , & de sy associer. Cest pourquoi lEpouse de J e s u s-C h r i s t doit avertir ses en- fans de ce précipice , autant en ce siécle que jamais i,, car cet art diabolique est encore si commun, que j'ai,, vu vendre publiquement des Almanachs, dont les fi- gures Astronomiques étoient dressées paf sort, con- tre lordre naturel des Cieux & toute la science ds leur mouvement. Elle succède au Fils de Dieu , qu*,, a été envoyé fur la terre, comme dit T Apôtre saint Jean , Ut dijsolvat osera Diaboli. Elle continue samis- sion en ce monde , en détruisant le régné de Sathan*,, & y établissant celui de Dieu , en bannissant lesprit malin de la conduite des hommes, & introduisant Tes-,,, prit de sanctification. Cest à elle de reconnoitre St,, de condamner le Prince des ténèbres, de découvrir St de dissiper ses conseils, & danéantir sa puissance dans la nature humaine , polir y faire vivre Jésus- Christ. Et comme le Diable se couvre souvent' des choses naturelles, & cache son opération sousleuk vertu apparente ou véritable, pour entrer en comriit 1 ' nication avec les hommes quand il ne le peut ouvet-

(h) Non inveniatur in te...... qui ariolos sciseitetur , 8c ob£ s '

vet somnia atque auguria, nec fit maleficus, nec incantator ,qûi Pythones consulat , nec divinos, aut quserat à mortuis

tém. Omnia enim haec abominatur Doriíinus , 8c propter iu 1modi scelera delebit eos in introitú tuo. Beuteron, c. 18.

(i) Mortuus est Saiil ... sed insuper etiam Pytonissam confi ue 'rît. 1. Parai. c. 10.

(k) Vir sive mulier in quibus Pytbonicús sive divinationis s uesspiritus, morte moriatur. Levìt. 20. %j.- . ^

(/) Sileat perpetuò divinandi curiositas, etenim supplicio cap 11ferietur. q. Coi Theotl Tit. 16.,

ip) Expelluntur Mathematící fícut Angeli eorum. Urbs Lc >lia interdicitur Mathematicîs ficut cselum 8c Arîgelis eorumdem pœna est exilii difcipulis 8c magiítris. Be Idolol. cap. 9 '

(n) Le P. de Condren , deuxième Général de lOratoire,

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