DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, &c. ,8,
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7 , réponse a été faite , après avoir vu l’avis des Doc-„ teurs dè la Faculté dé Médecine de Paris, parmi les*,, quels étòient -Mrs. Brayer & Dodart , q u i 1 ontS, condamnée i en ce qui regarde le couche , la nour-„ ritúre autres choses qui appartiennent à leur pro-» session > comme les soussignée l'orit condamnée est ce» qui regarde lés neuf Confessions & Communions enj> neuf jours consécutifs ; le déliement du bandeau pârj> Un Prêtre ; l’obligation' de faire la se te de Saint Hu-J> bert ; le pouvoir "de donner répit de quarante jours» le tout étant superstitieux. En soi de quoi ilsigné ce jourd’hsti i o. Juin 167t.
La conséquence qu’on doit tirer de Cette résolution,c’est qu’il fa Ut désabuser le Peuple de ces usages , &faire en sorte, s'il se peut, qu’on né voye plus de per-sonnes courir les Villes & les Villages, pour toucherceux qui ont été mordus, & leur donner Répit, com-we on le fait si communément dans toute k Picardie.II faut. qu on se réduise à implorer l’intercession de S.ssubert, aye'ç soumission à la volonté dé Dieu. Onéprouvera toujours , qu’on recoure dévotement auxReliques de S. Hubert, qu’on reçoive même un petitW de l’Etole de ce Saint , dans l’espérance d’êtrePEervé de la rage. On fait que Dieu relève 1 a gloi-re de ses Saints pâr les miracles que leurs Reliques pro-duisent. (a) Les mouchoirs & les ceintures, ouïesa sttres linges qui avaient touché le corps de Saint Paul,guériíToient les malades , Sc faisoìent íòrtir les espritssalins des corps des possédée. Ou a vu dans tous lessiécles de semblables effets des Reliques des Saints ; &l’on voit encore tous les jours à Rïom en Auvergnece que Grégoire de Tours avoit appris , & vu mêmeque les Energúménes étoient délivrez , que ceux quifont piquez par des serpens font infailliblement guéris,dès qu’on léur fait toucher 1 a dent de Saint Amable.La cérémonie se fait au son de la cloche , pour avertirle peuple de se rendre à. l’Eglise , ou l’on sait quelquesprières, fans aucune observation superstitieuse, & sansemployer aucun remède.
II seròit à propos qu’on fît de même à l'égard deS. Hubert ; qu’on ne se servît point de Fer rouge , Scqu’on n’entendît plus parler des observations énoncéesdans l’exposé du cas de conscience. Car ce qui se faitsimplement & innocemment par quelques personnessimples , se sait avec superstition par d’autres. D’ail-leurs tous ces signes arbitraires embarrassent quelquefoisses Savans, & empêchent qu’on ne décide facilement,parcequ’on doute s’ils n’ont pas quelque vertu particu-lière, v Les Docteurs Théologiens se croyent obligez^e consulter des Physiciens & des Médecins ; Sc ilPourfoit s’en trouver qui leur diroient des pauvretez,P°ur faire attribuer à des causes physiques & matériel-es , des effets qui ne peuvent être produits par lesCorps. II y en a qui sont toujours portez à expliquerde cette manière toutes sortes d’effets , quand mêmeautorité infaillible les affuretoit qu’ils ont été pro*duits par un Ange. En effet * Thomas Bartholin abien osé faire une Dissertasion , pour prouver que l’eaude 1 a Piscine probatique étoit naturellement agitée detems en tems, & qu’elle guérissoit aussi naturellementdes malades qui le premier descendoit dans l’eau,l0lt qu’il fût paralitique , qu’il e ûr les membres secs,qu’il fût aveugle. Cette Dissertation a été jugée’gue d’être réimprimée , au (b) cinquième Tome dun ?. Uveau Recueil fait à Rotterdam en 1695. Bartholinî 1 F nor °it pas ce que nous apprenons de l’Evangile de^'nt Jean , ( c q q ne la guérison surprenante se faisoit,se rs T le J Ange' venoit agiter l’eau. Il savoir aussi qu’ilfez ° îaiICOU P de miracles, & il déclare par une as-q Ue I V auva ise expression qu’il aime mieux les relever (d)es abaisser. Mais après ce début qui n’est ni si
(*) Aí* '
(é) Pjcir- . ‘ V. 12.
si) Chap. V v ° puscul -P* 39 ò - Lt feq.
*** sentper Divina opéra extollere, qua® impie elevare.
dévot ni si sensé qu’il lë croit, il se propose nettementla difficulté tirée dé jl’Evahgile de Saint Jean (e). Cetendroit si formel, que Bartholin avoit lu dans l’Evah-gile , ne l’embarasse point. Il croit qu’il n’y a qu’àdire que par un Ange il fàílt entendre les vents souter-rains qui agitoiént l’eau (/). Après ce dénouement siparticulier , il íe contente de rapporter quelques expli-cations d-autres endroits de l’Ecriture à tort & à tra-vers , auffi bien que divers exemples vrais ou faux desFontaines miraculeuses, Sc croit par là s’êtrè merveil-leusement tiré d’affaire.
L’Abbé & les Religieux du Monastère de Saint Hu*bert voulant empêcher qu’on ne continuât à regardercette neuvaine comme superstitieuse , ajoutèrent des ex-plications à chaque article , & les firent approuver parl’Ëvêque de Liège , par plusieurs Docteurs & Méde-cins de Louvâin. Comme cet écrit a donné lieu à unexamen sérieux de ces pratiques, je crois qu’on ne se-ra pas fâché de trouver ici k maniéré de faire k neu-vaine de Saint Hubert avec ces explications.
1. Elle doit se confesser dr communier neuf jours consécu-tifs.
Sous 1 a conduite & le bon avis d’un sage 8 c prudentConfesseur , à qui il appartient de juger de 1 a dispo-sition de 1a personne tant pour k Confession que pour ■la Communion.
z. Elle doit coucher feule en draps blancs & nets , oUbien toute verne
Seule ; crainte d'accident fâcheux tant pouf soi quôpour autrui, n’y ayant pâs une certitude si absolutede fa guérison & de sa santé, que l’on ne doive pren*dre des précautions si naturelles. En des draps blancsdr nets ; pour éviter lès inconvénièns qui n'arriventque trop. souvent après avoir dormi dans des drâpsinfectez. Ou bien toute vêtue pôur k même raisonSc par mortification.
3. Elle doit boire dans m verre bu autre vaisseau parti-culier , dr ne doit point baisser fa tête pour t boire auxfontaines dr rivières.
Doit bdìre dans un Vaisseau particulier ; pour éviter toutpéril pour soi Sc pour autrui. Sans fe baisser pourboire aux fontaines dr rivières soit à cause de la vio-lence qui pourroit faire sortir 1a parcelle de 1a sainteEtole qui est dans le front, soit pour éviter la sen-sualité , ou d'avaler quelques bêtes venimeuses parmégard.
4. Elle peut boire du vin rouge , clairet dr blanc mêléavec de t eau, ou bien de l'eau pure.
Le mélange de l'eau avec le vin , l'eau pur'é , Sc le re-tranchement de toute autre boisson , marquent lamortification , & le soin que k personne doit appor-ter pour éviter tout excès Sc échaufement du sang,si contraires à la guérison de 1a rage.
5. Elle peut manger du pain blanc , ou autre ; de lachair d’un porc mâle d'un an ou plut ; des chapons ostpoulies auffi d’un an ou plus : des poissons portant écail-les , comme harangs-forets , carpes , dr c des œufs durscuits; dr toutes ces choses doivent être mangées froides.
Ost permet certains alimens retranchant les autres, par
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re) Si verò naturali íntemoque seu eXterno principio pilcinaProbatica mota 8c turbata fuit, cur Angélus dicitur deseendiíîe.Johan. V. 4. Princeps hoc fere est argumentum , quo miracu-Ium pifcinse adstruunt Theologi, in vero Angelo, incorporeâ illâíûbstantiâ, uno ferè ore consentientes,
(/) A’VyeAes cauíàm moventem aquarum notat , íìve vim âDeo naturse infîtam, five extemam intemamve ventorum coin»motionem.
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