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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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aoo HISTOIRE CRITIQUE

HISTOIRE

CRITIQUE

DES

PRATIQUES SUPERSTITIEUSES,

QUI ONT SÉDUIT LES PEUPLES ET EMBARRASSÉ

LES SAVANS.

LIVRE CIN QJJ I E M E.

\

sjisoire Critique de diverses Pratiques , pour connoitre /avenir , &s poufdiscerner les innocens d avec les coupables: ou bon marque lorigine & lepro*grès des épreuves de t eau bouillante & du fer chaud,>

chapitre premier.

c De Id coutume de consulter les Livres Saints * four deviner Vavenir. On étoit en peine fycétoit une superstition ou un miracle , Abus à retrancher fur ce point.

N trouve parmi les payens, dâristousles siécles, la coutume de recouriraux Oracles pour deviner lavenir.U ny avoir presque pas de Pays ouil ny eût divers Oracles » que lonalloit consulter de toutes parts pourapprendre liíïue de tout ce quonentreprenois. II y avoir aussi des livres qui tenoient lieudOracles. Les anciens Auteurs (a) ont souvent parlédes sorts Virgiliens. (b) S. Augustin nous apprend qu'ondevinoit en consultant les livres de plusieurs Poètes, &il se moque agréablement de ceux qui croyoient que desécritures mortes devineroient tout ce quon souhaitoitCc ). Outre ces livres, que tout le monde pouvoir avoirfacilement , on consultoit de tems en tems les OraclesSibyllins, qui étoient conservez avec un très grand foindans le Capitule. LHistoire des quatre premiers siéclesde lEglise nous fait voir plusieurs consultations célébrésde ces livres, pour apprendre ce que la République oula Monarchie devoir faire, & ce qui devoir lui arriver,jusquà ce que tous ces vers Sibyllins surent enfin brû-lez par ordre de l'Empereur Honorius lan 400.

Les Chrétiens se donnoient bien de garde de recouriraux Oracles du Paganisme, pour savoir ce quils dévoientobserver dans leurs entreprises. Mais plusieurs dentreuxpeu instruits, se persuadoient que les Oracles Divins,

(a) Spartien.

(t) Cons. lib. 4. c. 3.

(c) Quòd si peritise illoram volunt tribuere, dicant artíficiosè dsifinare eriam mortuas membranas scnptas, quaflibet de quíbus ple-rainque pro.voluntate fors exit. Lìb. 83,

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cest-à-dire* les Livres Sacrez; * dévoient leur apprendslâvenir. On voit cette coutume assez répandue au cin-quième siécle. II semble que des personnes habiles tolé-raient cet usage, pour détourner insensiblement les nou-veaux Chrétiens des superstitions qui ressentoient ouver-tement le Paganisme. Janvier consulta sur ce pointAugustin, & ce Saint Docteur lui répond dans la L et 'tre 119. que quoiquil soit à souhaiter que les Chré-tiens recourent plutôt à ces Saints Livres quaux Da-mons, il ne peut pourtant approuver que pour des assu-res temporelles on recoure aux Oracles Divins, quifont écrits que pour nous apprendre la vie future (d)*Quoique cet usage fût moins dangereux, & par con-séquent plus tolérable que les pratiques du Paganismeon ne pouvoit pourtant lexcuser de superstition. Cét olítenter Dieu que de prétendre quil doit découvrir l^ £ 'nir, lorsquil nous plaira douvrir un Livre pour en ^informé. Les Juifs jusquau tems de la Captivité debylone, pouvoient en certaines occasions aller à ÌO^'de, parceque/Dieu ( e ) avoit promis quil feroit enten-dre fa voix de la Table dor qui étoit jointe à lArche,& quil feroit connoitre fa volonté par le Pectoral d**Grand-Prêtre. Mais Dieu na jamais dit que les p refr, ' Ê _,res paroles de la page dun Livre quon ouvriroit au h^

zard , montreroíent des événemens futurs quon

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(d) Hi verò qui de paginis cvangelicis íortes Iegunt , etsidum est ut hoc potiùs faciapt quàm ad Dœmonra coPÍulendacurrant ; tamen etiam ista mihi displicet ccmíiietudo, ad ttC $ZsssECulária, & ad vitse hujus vanitatem propter aliam vitani l<*l atia oracula divina velle convertere. Ep. alias no. nur,c ss-

(0 pxod. a s. Sc Num. 7. 88.

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