histoire critique
L.OL
Félix,à Noie, d’où il pouvoir avoir facilement des nou-velles de ce qui arriverait au Prêtre & au Clerc, Et ceSaint Docteur nous apprend en même tems qu’à Milanun voleur qui se parjura pour cacher son vol; avoir étécontraint de l’avouer , mais qu’en Afrique il n’y avoirpoint de Tombeau, où il se fît de ces sortes de mira-cles , parceqiie Dieu ne faisoit pas les mêmes grâces àtous les Saints (-r).
(b) S, Grégoire le Grand dit en général que les par-jures étoient punis, lorsqu’ils venoient jurer fur le Tom-beau des Martyrs. Et (c) Grégoire de Tours dit enparticulier du Tombeau de S. Pancrace auprès de Ro-me , qu’il s’y faisoit des miracles contre les parjures.
C’étoit un usage assez commun dans les Gaules *qu’on allat jurer dans les Eglises ; mais on ne voyoitpas toujours que les parjures y sussent punis: Il paraitau contraire qu’il y avoir des malheureux, qúicommet-toient effrontément des crimes , dans l’espérance de sepurger par le serment dans une Eglise. Grégoire de Toursparle d’un scélérat, qui osant ainsi se parjurer, fut unefois obligé d’avouer son crime dès qu’il entra dans l’E-glise (d).
Dans le même endroit il est parlé d’un Incendiaire*qui osa venir à S. Martin pour jurer qu’il n'avoir pasbrûlé une maison, quoique le crime sût assez connu (e).Le même Saint Grégoire, qui croyoit qu’il l’avoit brû-lée, tâcha de l’intimider , & enfin pour punir sa saute,eh bien , lui dit-il, fi me vaine confiance te fait croire queDieu & les Saints ne punissent pas les parjures , te voilàdevant le Saint Temple , jure comme tu voudras , car jene permettrai pas que tu y entres. Alors ce malheureuxlevant les mains* jura par le Dieu tout-puissant, & parla vertu de S. Martin , qu’il n’avoit pas brûlé la mai-son , & tout à coup il se vit entouré de feu, se renver-sa par terre, & cria que S. Martin le brûloir ; il expiraen rendant ce témoignage (f).
Quelquefois la punition n’arrivóit que quelque temsaprès le parjure. Le même Grégoire de Tours dit auChap. 40. du même Livre , qu’un méchant homme,qu’il avoir été obligé d’excommunier , n’ayant jamaispu le gagner, voulut se purger d’un crime par serment,avec douze de ses amis. Le Saint Evêque permit feule-ment à ce malheureux de jurer, c’étoit alors le premiermois , c’est-à-dire , le mois de Mars ( comme nous le
•non íànam cujuícumque conscientiam multò faciliùs aperirent, gcad confefliostem vel pœnâ vel timoré compellerent. Ep. 78. Num.
(a) Multis enim notiffima est Sanctitas loci ubi beati FelicisNo-lensis corpus conditum est , quò volui ut pergerent, quia inde na-dir faciliùs fideliùsque scribi potest quidquid in eorum aliquo divi-nités fuerit propalatum, Nam & nos novimus Mediolarii apud me-moriam Sanctorum, ubi mirabiliter ót terribiliter Dxmones con-fitentur, furem quendam qui ad eum locum venerat ut falsum ju-rande deciperet, compulsum fuisse confiteri furtum , 8c quod ab-stulerat reddere. Numquid non 8c Africa Sanctorum Martyrumcorporibus p'ena est? Et tamen nusquam hîc scimus talia fieri. Si-cut enim , quod Apostolus dicit, non omnes Sancti habent donacurationum, nec oriines habent dijudicationem spirituum ; ita necin omnibus memoriis Sanctorum ista fieri voluit , ille qui dividitpropria unicuique prout vult. Ibul. pag. 184.
(b) Homil. 31. in Evangel.
(r) Glor. Mart. c. 39.
(d) Alius veto qui plerumqueiri furtisdiverfiíque sceleribuscorri-mixtus pejerare consueverat, cùm aliquando à quibusdam pro fur-to argueretur, ait: Ibo ad basilicam beati Martini, 8c Sacramentisme exuens, innocens reddar. Quo ingrediente , elapfâ securi demaftu ejus , ad ostium ruit gravi cordis dolore perculíùs : confes-sufque est miser verbis propriis qute venerat excúsare perjuviis.S. Greg. Hift. Franc. lib. 8. c. 16.
(e) Vadam ad Templum Sancti Martini, 8c fide datâ insons re-diturus eto ab hoc crimine. Ibul
. if) Tamen si ita te vana fiducia cepit, quòd Deus vel Sanctiejus in perjuriis non ulciscantur, ecce Templum sanctum, è con-tra jura ut libet. Nam calcare limen sacrum non permitteris. At il- )le elevatis manibus ait: Per omnipotentemDeum 8c virtutemBea-ti ^ârtini antistitis 'ejus , quia hoc incendium non admisi. Datis
• < í al ? ei l t ’ s ’, âum recederet, visiim est ei quasi ab igné circum-dari: 8c statim faens interram, clamare e cepit lè à BeatoAntisti-tevehementer exuri. Aiebat enim miser: TestorDeum, quia egor,dl Ignem de ario cadere, qui me circumdans validis vaporisesconstat, 8c dum hxc diceret, spiritum exhalavit. Multis hac eau-íà documentum luit, ste in hoc loco auderent ulterius pejerare.léid. 390.
montrerons ailleurs (g) & au commencement du dnqw £ 'me mois, c’est-à-dire de Juillet, lorsqu’on fauche l esprez , il fut frapé de mort; & ce qui est plus surpre-nant , le tombeau qu’il s’étoit fait faire dans l’Eglise deS. Martin fut trouvé en pièces.
Communément on s’attendoit à voir la punition 0le champ. Il y avoir un grand nombre de Villes en Fran-ce où se faiibient ces sortes de miracles. Nous nous con-tenterons d’en marquer ici quelques unes avec Grégoirede Tours. Dans l’Eglise de la Sainte Vierge, & de SaintJean-Baptiste à Tours, Lib. r. de Glor. Martyrum cas-20. Dans l’Eglise de Saint Etienne à Bourges, cap. 33 ’A Châlon fur Saône dans l’Eglife de Saint Marcel, tvf*53. A Alby au Tombeau de Saint Eugène, cap. 5^*A lierre auprès de Tours, cap. 59. Auprès de Tarbesen Bigorre dans l’Eglise de Saint Genest , cap. 74. A l1Tombeau de Saint Mitre à Aix en Provence, de GlordCons. cap. 71. On voit auífi de semblables exempleparmi les miracles de Saint Julien, au chap. 17. 1g 139, (h). Nous pourrions en citer plusieurs autres tiretde la vie de Saint Eloi par Saint Ouen, Liv. 2. chafi;6.* de la vie de Saint Nisier de Lyon, de Saint Pr>*ou Prejet , num. 20 : mais nous n’y aprendrións rie 11de 1 plus particulier. Nous voyons feulement dans toU sces endroits que Dieu, pour relever la gloire des Saints,& pour récompenser la foi de quelques personnes pi<- a 'íes, punissait fur le champ les parjures, & faisoit rê-connoitre miraculeusement l’innocence de ceux qui étoief.tinjustement accusez.
Mais comme ces fortes de miracles ri’arrivoient pas ne'cessairement, n’étant pas fondez fur la promesse de Dieu jc’étoit un mal d’en faire une pratique commune , Le dsprétendre qu’en jurant sor les Saintes Reliques lesparju'res feraient punis. De-là vinrent des usages superstitieux& plusieurs abus. Quelques uns ufoient de tromperie,jurant sor des Chasses d’où ils tiraient les Reliques, pff'tendant ensuite qu’ils n'étoient pas tenus à leur ferment*pareeque les Chasses étoient vuides.
Les Continuateurs de la Chrtíniqtlé de Fredegaire »accusent d’une pareille saute deux grands Evêques , A'gilbert Lc Saint Reol de Rheims ; car ils disent qu’E'brouin envoya ces deux Evêques vers le Duc Martírf»pour l’engager à sortir de Laon par un serment quipût lui servir de rien , étant sait sor des Chasses s>° 5Reliques. Martin qui ne se défioit pas de là tromperie»sortit de Laon pour aller à Ècry où il fut tué (i ).
Le Père le Cointe sot la fin du troisième tome 1 ’^<580. ne peut croire ces Evêques capables d’avoir 0un tel serment ; mais on ne trouve pas des preuves 0 'sifautes, qui montrent la fausseté du fait. II vaut pe ut 'être mieux dire que les Saints ont fait quelquefoisfautes, & qu’on íe laissait éblouir alors, jusou’à crossque les sermens qu’on devoir f,ire sor les Saintes ssy'ques n’obligeoient point * lorsqu’ils étoient faits sor “ eChasses vuides,
C’est aparemment dans ía même idée que le Roibert craignant que les faux sermens faits sor les B e *Tques, ne nuisissent à ses Sujets, fit faire une ChasseCristal bordée d’or , farts y enfermer aucune Reliss 1 ^Les Grands du Royaume juraient sor cette Chass e jfans être avertis de la pieuse fraude de ce bon Roi. \fit faire un autre Reliquaire pour faire jurer les ,tiers, dans lequel au lieu de Reliques, il ne fit e 0 'mer que l’œuf d’un certain oiseau extraordinaire ( D‘ ..n Ce&
(g) Concordance deS Tetris,
(h) Greg. Turon Mir. Mart. lib. í. §-
(i) Martinus ideoque Lugduno-Clavato ingressus , se infofos ipiius urbis munivit, persecutusque eum Ebruinus venjea^^chrecovillâ, ad Lugdunum-Ckvatum nuntios dirigit,
ac Reulum Rementis urbis Èpiscopum , ut fide promissâ fi ^ qjfetum super vacuas capsas sacramenta falsa dederent , qua i st ^ oC jiscredens eos, à Lugduno-Clavato egressus cum sodalibus af ^ad Erchrecutn veniens , illuc cum fuis omnibus interfect uDuchefne-tom. 1 . & apud Greg. Tur. pag. 66j. non). Edit. -y-
(bj Fecerat unum phylacterium olocristallinum in gytoto adorriatum, a bique alicujus íàncbi pignorum inclusions : ^qtiequod jurabant fui Frimâtes bac piâ fraude nescii ; aliud TM'justìt parari, in quo posuit ovunr cujusdam avis qusevocatu b