DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, & c .
le feu n’avoit fait aucune impression m au linge fort finqui couvroit 1a lance, ni à la tunique de Bartie emy ,ni à sa tête, ni à tout le reste du corps, si ce n e au *jambes où il y avoit quelque légére marque de brulure:ce qui n'étoit rien en comparaison des playes qu H re-Çut d’une foule de peuple qui faillit à le déchirer toutvif, pour avoir de ses reliques, 8 c qui ne fuMort queïrQ P, pour le faire mourir. r .
ficher de Chartres dit que Barthélémy passa fort vi- . ....
te par le feu , & cet Auteur dit au contraire qui s y k g^oit à vue sa main envelopée dans un hn-
attêta quelque tems. Quoi qu’il en soit, il y ^oit quel- q fous h s / eau de l’Empire , de peur qu’il ne se servitque chose de surprenant dans l’expérience. Car il en a r- q
ficile de concevoir comment il put passer au traversaussi grand f eu que tous les Auteurs contemporains^
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été assez communes. Pachymere (c) quiécrîvoít au trei-zième siécle fous le Régné de Michel Pajeologue &d’Andronic son Fils, dit quel’Empereur Michel étantattaque d’un mal que les médecins ne connoissoient gué-res, & qui le rendoit fort inquiet; accusa comme au-teurs dë son mal un grand nombre de personnes, qui népouvoient fe justifier que par l’épreuve dufer rouge. Lacérémonie se ía}foit à peu près connue.en Occident,suivant la description qu’en fait Pachymere. Celui quidevoir faire l’épreuve , jestnoit trois jours, pendant les-
Cri . vent , / fans être étouffé par les vives flammes qu’ila ro . lt: av dées, & attirées avec d’autant plus de force qu’il-q roit fiit pl us d’essort pour traverser le feu sort vite.e _ Prêtre auroit dû naturellement sortir tout grillé de
de quelque onguent contre la brulure/ Les trois jourspassez , on lui niarquoit un espace durant lequel il de-voir marcher par trois fois, portant à la main le fer ar-dent. Pachymere ajoute qu’étant jeune il avoit vu fairel’épreuve à plusieurs personnes qui né fe brûlèrent point,
...._.._ áu grand étonnement des affîstans.
£ e feu, & mourir presque sor le champ. Peut-être Dieu Georgms (d ) Logothcta , qui écrivoit dans le même^ J e punit pas à cause de fa simplicité & de fa bonne tems une Chronique du treizième siécle, nous fait en-
0I - Mais il ne fut pas non plus tout à fait préservé, de tendre que tout le monde ne s’aveugloitpas sor ce points
^ Ur que le miracle complet n’eût fait passer pour une car il parle d’un homme d’efprit qui sot fort bien fedis-
T ’ ‘ ' - • - penser de faire í’épreuve du fér chaud, à laquelle Mi-
chel Comnene vouloir l’engager. II répondit qu’il n’é-toit hi sorcier ni charlatan, 8c ne se tira pas mal d’affai-re à l’égard de l’Archevêque qui lui faisoit quelque in-stance. II lui dit qu’il porterait volontiers le fer ardent,
- - 'juc ic miraue coinpiet n eut rait paner pour une^raye Relique la lance , qui peut-être ne l’étoit pas.. artl l>iguité dans laquelle tout le monde se trouva aprèsj. te épreuve , devoir apprendre qu’on y avoit recouruc .j' ì propos : mais le monde ne fe détrompe pas si fa-
ía ss°n , mais des merveilles si étonnantes ne pouvoientfaire approuver aux personnes éclairées les usages dé
,-e soccès de ces sortes d’épreuves étoit admiré avec pourvu que revêtu de son étole, il voulût avoir la bon-té de le lui mettre ëritre les mains. L’Archevêque ne fetrouva pas disposé à faire cette cérémonie, il convintque cet usage venoit des Barbares, & qu’il rie falloir pastenter Dieu.
Cela né servit pas peu à désabuser le peuple. Mais sorlà fin du même siécle treizième, Ándronic régnant aprèslà mort de son père Michel Paleólogue, on eiit encore
1 eau bouillante & du fer chaud , ausquels on recouraitfi souvent pour toutes sortes de choses & dont on abufoitlisiblement. On en revint enfin, (á) Yves de Chartres4 la fin du onzième siécle, écrivit plusieurs lettres con-gre ces usages. 11 montre qu’ils étoient absolument inter-dite e.,.. Tt—l-'r n-
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les I ^ccicualtiques , que les Conciles & les Papes lieu de se détromper entièrement, _ par l’épreuvecondamnoient même généralement, 8c cite une lettre raire d’un grand nombre d’Ecclésiastiques, qui voi1 a P c w Etienne V. à Lambert Évêque de Mayen
Les paroles de ce Pontife sont auffi rapportées dans leDecret de Gratien * où ces épreuves sont condamnées.
ì" pane. cans. z. q. j. & par Saint Thomas, r. r.f• 9 5 • art. 8 . ad t y .
Les Papes Celestin III. Innocent III. 8c HonòriusIII. réitérèrent les défenses, comme on íe voit au cin-quième Livre des Décrétais, fit. 55 .de fmgaììane vnl-gari. Toutes ces décisions firent cesser ces usages. LesScolastiques convinrent en même tems qu’on y tentoit
Lieu visiblement, & tout le monde en parut enfin per-suadé.
C’est auffi vers ce tems qu’on fe détrompa des épreu-Ves du fer chaud en Orient. Jusqu’alors elles y ávoient
turbatse, 8c usque ad mortem pugnatído liberaíset eum. Sed° s in íollicitudine 6c arigusbiâ modò poílti, amplius de his scribe-j n °n possumus. Cùm verò detuliffet Raymundus Pelez. Petrum? domum nostram colligatis vulneribus ejus, ccepimus quxreret eo moratn feciffet in igné. Ad hxc ipse respondit : oc-^ìt fNmi Dominus in mediò igné, Sc apprehendens meper ma-m àrk mìbi ; Quta dubitasii de inventione lancese , cùm bea-ë r Ancìreas eam , * lbl ostendiffet, non sic transitas ïíMus , sed irí-w?. Utn no p videbis. Et hoc dicta diïnisit me. Vidète ítaque sils ^duftkmem meam, 8c erat aliqua adustio iricruribus, verùtìi«les multa ' seâ plagse erant magnœ. Pòst haec convocavimus om-facjS Ul lanceâ Domirii dubitavêrant, ut venirent , 8c vidèrentrum”'}?' 18 ’ ^ Ca P ut ' reìiqua membra, 8c intelligerent quòd ve-.» quicquid ipse dixerat delariceà, 8c de aliis, cùm proìtan,. otl10 eorumnon extimuiíset introire taie iricendium. Viderurit
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'âtìt j} Ult1 ’ ^ videntes faciem ejus atque totum corpus, glorifi-- - ■ eum diet-nw b ene p 0 te[l net îìotninus custodire inter gla-
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fer ignerri, quomodo ifte transmit. Ibìd.
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nem n . eatuientis, vel aquse ferventis examinatione, confeffîo-
sinctoru^eri à 2. -
- .—...uviuuc , cumcuiu-
à quolibet làcri non ceníûerunt Canoàes, Sc quod'nventionê ^ atrum documenta sancitum non est, superstition ad-testium a / n prásumendum. Spontaneâ enim conîessione,timoré, coním>* >ltioM > pubiica delicta , habito prse oculis Deìta illius font indi • sunt ^egimini judicare: occulta verò 8 c incogni-^kurn. 1 1CI ° telinquenda, qui solus novit corda filiorumho-
teme-qui vouloieni;
décider paf le feu plusieurs disputes Théologiques. Com-me presque tout le Clergé étoit divisé , & qu’on nès’accordoit point ni sor sélection du Patriarche , ni furplusieurs autres articles, on convint enfin pour terminertoutes choies que chaque parti écrirait toutes fés raisonsdans un cahier , qu’on jetterait ensuite les deux cahiersdâns le feu , & que le cahier qui ne fe brûlerait pas,donnerait gain de cause áu parti qui l’avoit écrit. La cé-rémonie fut faite fort exactement. On alluma du feu lëSamedi Saint en présence d’un grand peuple- Chaque par-ti s’attendoit à voir brûler le cahier des adversaires, 8cpréserver le sien. Mais lá surprise dés deux partis futégale. Lës deux cahiers furent réduits en cendres, 8cl’on fe moqua tarit de ces Ecclésiastiques j qu ils n eu-rent pas envie dkppróuver jamais qu’on recourût ì cetteépreuve. Le fait est rapporté parNicephore (e) Grego-ras Auteur contemporain, qui a été imprimé au Ltíuvreavec unestnagnificencequi répond aux autres volumes déF Histoire Byzantine. Ce devrait être ici la fin de tou-tes ces épreuves en Orient & en Occident. Cependanton disputa de nouveau sur ce point plus de deux censans après, comme ón va le voir aù Chapitre suivant.
CHAPITRÉ IV.
'Disputes fur les épreuves par le feu t renou*•vellées à Florence. Histoire de Savonarole ,K" du feu dans lequel un ‘Dominicain A unCordeliex dévoient entrer.
L 'Histoire qúe nous avons faite des épreuves par lefeu depuis Jerir Origine , rioiis engage à ne pas ou-blier une dispute qui fut excitee sur k sin du quinziè-me
(c) Híst. Mich. Paíeol. lib. j. c . n. ex edit. Rom. 1 666 . pag*17. 8c 18.
(d) Chronic .^Constant.
(*) L. 6. ex edit. Bas. pag. 78.