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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, &c.

R E’ P O N S E.

S. I J

attribue le succès de l’èpreuve de la Reine Emmé, rap-portée par Goscelin , (^Guillaume de Malmsbery,& par d’autres écrivains. Cette Reine t mère d’E-ì 4 dóuard III. Roi d’Angleterre étânt accusée d'un adul-

tère , fut d’abord enfermée dans un Monastère, & en-

r _r lieu j qûe ï* u sage commun de suite menée à l’Eglise de Saint Winthon , Evêque dé

^ toutes ces épreuves étoit superstitieux , ainsi qu’cn Winchester pour y subir l’épreuve du fer chaud. El-e t^connut généralement au treizième siécle. La preu- le paíïè touté .la nuit en prières au tombeau du Saint.

Dès qu’il est jour , on lui ôte les souliers & fa longuerobe , & ayant deux Evêques à ses éôtez., elle marchefans. se brûler sur neuf sers ardens qui étoient fur lepavé de l’Eglifè ,. ce qui rerftplit d’étònnement le Ròi

tepons en premi'e

généralement au treizième siécle. La preuVe «n est assez claire, i. Parceque c’est tenter Dieu ,d’exiger qu’il fasse des miracles , pour nous décou-yrir des faits cachez, toutes les fois qu’il nous plairaè les savoir. On volt dans l’aticien (a} Testament‘épreuve des eaux de jalousie , pour faire connoitre lecrime des femmes, soupçonnées d’adultéré. Màis ce-la étoit ordonné par la Loi de Dieu , & cè n’etoit queP°ur ce seul crime. Des hommes ne peuvent pas fairedes Loix qui engagent Dieu à de semblables miracles.

Parcequ’on vient de voir que ces épreuves trom-foient souvent. Or dès qu’il y a de l’illusion & duMensonge dans les effets qui ne sont pas naturels, tou-te difficulté est levée ; il est évident que l’esprit séduc-teur s’en est mêlé. C’est la régie qtìe hous avons ex-posée après S. Augustin & les autres anciens Auteursdans Pillusion des Philosophes. Le Démon séduit sou-Ve nt les hommes sous prétexte d’en soigner des chosesasiles. Quelquefois on est embarrassé. Mais on doitce sser de l’être , dès qu’on aperçoit de l’erreur & de laItomperie. H n’y à que l’esprit du mensonge qui cbn-sonde le vrai avec le faux , sous le prétexte spécieux dediscerner la vertu d’avec le vice. Parcequ’il est as-sez évident que ces usages venoient du Paganisme.Líous avons vu que les Ripuariens, les Allemans & lesLombards introduisirent les épreuves du feu parmi lesChrétiens ; & nous voyons dans les anciens Auteurs,qu’autrefois ces épreuves étoient connues parmi lesGrecs & les Romains. Strabon au Livre V. de la Géo-graphie , parle d’un lieu assez près de Rome,, où l’é-preuve du feu se faisoit souvent. On trouve de pareil-les épreuves dans Aristote au Livre des faits merveil-ieux , dans la Bibliothèque de Diodore de Sicile LivreH* dans Pline Livre VIL Chap. i. & Livre XXXIdans la vie d’Appollonius de Thyane par PhilostrateLivre t. Denis d’Halicarnasse Livre II , Pline LivreXXVIII. chap. r , Valere Maxime Livre VII. Ch. I ,font mention de la maniéré dont une Vestale prouva lafausseté d’un inceste dont on l’accusoit, en portant del’eau dans un crible.

Presque toutes les relations des Indes > du Japon, &de Siam * font mention des épreuves par le feu fort^°mmunes en ces pays-là; & cette uniformité parmi tantde peuples idolâtres ., marque assez quel est V Auteur-,à qui on doit rapporter ces pratiques.

& toute l’astemblée. , Ce miracle engagea & la Reine& le Roi son fils à offrir des présens à Saint Winthon-.On pourroit rapporter divers aUtres fàíts de cette na-ture , qu’il n’y a pas lieu d’attribuer aux malins Es-prits. On voit dans tóus les siécles la puissance desAnges & des Démons exercée en diverses manières?Durant lés premiers siécles de persécution , lorsque lesHérétiques Montanistes & âutres étoient trompez parde -fausses visions , soit de la part des Démons, ou deshommes imposteurs , Dieu insthiisoit de vrais Chré-tiens par des visions tout à fait claires, 8 c leur appre-nois ce qui devoit arriver à l’Eglise. Origene & SaintCyprien le disent en cent endroits. Tantôt » dit SaintCyprien écrivant à son Clergé , Dieu montre les évé-nemens à l’âge tendre & innocent des enfans (c). Ettántot il fait ces révélations à des Prêtres, ou à des fi-dèles d'une sainte vie , & d’une maniéré qui ne peutêtre équivoque (d). .

11 y a presque toujours éu des pêrsohnes qui ont étéguéries de diverses maladies par des secrets superstitieux,& il y en a encore davantage qui obtiennent la guéri-son par le secours divin. Le tems d’enchainer le Dé-mon n’est pas encore venu , & il y aura toujours lieude dire aux fidèles avec le Prophète Elie : (e) Pourquoirecourez, vous à Belz>ebub , le Dieu d’jdccaron , commes’il n'y avoit pas m Dieu en Israël a qui vous puijjìez.faire vos demandes? Comme dans le champ de l’Eglise*il y aurâ toujours de l’ivraie & du bon grain , il y au-ra auffi dans le monde des esprits bons & mauvais, ilíe fera par conséquent toujours des miracles , beaucoupplus qu’on ne pense , quoiqu’ils soient peu éclatans.Dieu se rendant propice aux âmes justes & aux prièresde l'Eglise, fait agir les Anges ses Ministres pour le biendes fidèles. Il y aura auffi toujours des superstitionsinspirées & autorisées par le Tentateur , mais au mi-lieu de ces superstitions interdites aux hommes, parefe-que í’ennemi de l’Eglise en est fauteur , Dieu fait pa-roitre quelquefois son pouvoir spécial d’une manièresensible. ,

C’étoit sans doute une superstition abominable quede prétendre faire parler les morts pour apprendre l’ave-nir. Dieu avoit dit distinctement que c’étoit consulterle Démon , & que ce crime méritoit la mort. Cepen-dant Saiil après avoir renouvellé la défense & la peine*osa consulter une Pythortisse , & lui demanda de ressus-citer & faire paroitre Samuel. Quoique ìe Démonn’eût aucun pouvoir fur ce Prophète , & qu’il pûtseulement contrefaire sa figure & sa voix, Dieu(/) per-mit néanmoins que Samuel même vînt parler â Saul,lui reprochât ses crimes , & lui annonçat fa perte. ]tfais que l’on dispute si ce qui apparut alors étoit som-bre de Samuel ou le Prophète lui-même s je fais austì

que

{b) Monaíh Anglic. pag. 37. 8c in secundâ part. saec. 4. Bened.

pjg i y 1,

(c) Per dies qúoqúe impletur apiid nos Spiritu sancto pueroruminnocens œtas , quse iri extafi videt oculis , 8c audit, 8c loquiíùrea quibus nos Dominus monere 8c instruére dignatur. Lib. III. E-

fist. 14. , .

(d) Sancto Spiritu íûggerente. 8c Domino per visiones multás

' «uroie n . ' , V , *““** -pieu- 8c manifestas admonente , quia nostis nobis imminere pronuncia-

Une protect- ete P ums de mort comme coupables, fans mr & ostenditur. Epifi. ad Cornél. e p. r.

ct ‘On /-LA >-(ê) Misistí iiunfios ad corisulehdum Beelsebub Deuiri Accarori,

... st quafi non effet Deus in Israël à quo postés interrogare sèrmonero.

WNum. Catr Á.Reg.Cap.I.v.iÔ.

' • v -v. r 3 . 8c seq. (f) i. Reg. XXVIII.

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je répons en second lieu que parmi tous ^ effetssurnaturels que nous avons exposez, st V en P ,tant beaucoup qui étoient de vrais miracles. 1 eìsles faits que nous avons tirez des Auteurs des hx premiers siécles , où nous avons vu des Saints entrer dansUn feu , ou y jetter des habits qui ne se bnstoientPoint, pour convaincre des Hérétiques. Il fe faisoitauffi des miracles dans ces épreuves de l’eau bouillante

au’on appelloit vulgaires ou populai-/ ^ ‘ ‘_» '

res^ U ^ 6r c í iauc l

* La r si l es Démons , esprits d’ilïusion & de men-j Oioient épargner quelquefois des coupables, &P nir ^ es innocens, par le pouvoir que Dieu leur laissefois a k "âde, ou s’ils préservoient quelque-P°ur p f 6 - 1 ^ es Innocens , auffi bien que les coupablesces n C ■ re l es hommes & les empêcher de condamneraussj j 3tlc l ues ' l es l* ons Anges protégoient fans douteVes, 3 y S '. nnoc cns , qui étant forcez de subir ces épreu-ìmp _ roi ent été punis de mort comme coupables rHon miraculeuse. C’est à un miracle

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